Guinée: « Les voyants au rouge… », alerte Amnesty International

Violation des Droits de l'homme
Des responsables d'Amnesty International
Des responsables d'Amnesty International

CONAKRY-L’ONG internationale de défense des Droits Humains, Amnesty International a présenté ce mercredi 13 novembre 2019, à Conakry un rapport accablant sur la situation des droits humains en Guinée.

Intitulé « Guinée. Les voyants au rouge pour les droits humains à l’approche de l’élection présidentielle », le rapport documente des cas graves d’atteinte aux droits de l’homme depuis quatre ans. Il mentionne notamment qu’au moins 70 manifestants et passants ont été tués depuis janvier 2015 en Guinée, tandis que 109 personnes sont mortes en détention.

Amnesty International interpelle les autorités guinéennes afin qu’elles prennent des dispositions urgentes pour  remédier aux violations des droits humains qui se multiplient. Notamment les homicides de manifestants, les interdictions de rassemblements pacifiques et la répression des voix dissidentes. Ces situations risquent de s’aggraver à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, écrit Amnesty International dans son nouveau rapport publié ce 13 novembre 2019.

« Les manifestations sont régulièrement réprimées à Conakry et à l’intérieur du pays. Les personnes qui expriment une dissidence sont régulièrement arrêtées ou assujetties à une forme de harcèlement judiciaire. C’est d’autant plus grave que les conditions carcérales sont mauvaises », a dénoncé François Patuel, chercheur pour l’Afrique de l’Ouest d’Amnesty International, au cours d’une conférence de presse animé aujourd’hui à Conakry.  

 Le document publié par Amnesty expose la situation des droits humains qui s’est dégradée entre janvier 2015 et octobre 2019. L’ONG dénonce l’homicide de 70 manifestants et passants et d’au moins trois membres des forces de sécurité. Il aborde aussi la question de l’impunité en Guinée.

« Les autorités reconnaissent difficilement voire pas leur responsabilité quand il y a des décès dans les manifestations. Il y a très peu de cas de décès dans des manifestations qui ont été portés devant la justice », regrette ce responsable d’Amnesty International.

La résurgence des violences à l’approche de la présidentielle  dans un contexte où les craintes sont vives que le président Alpha Condé ne modifie la Constitution pour briguer un troisième mandat, inquiète cette ONG défense des droits humains.  

« La situation reste extrêmement tendue par rapport aux droits civils et politiques à l’approche des élections présidentielles. Il faut impérativement qu'à l'approche de ces élections que les personnes puissent exprimer leur opinion et manifester de manière pacifique sans avoir à craindre des représailles. Mais notre constat aujourd’hui malheureusement, le droit à la liberté de manifestation, à la réunion pacifique sont violés en Guinée », décrit François Patuel qui cite l’exemple de l’arrestation suivie de la condamnation des leaders du FNDC et l’interdiction des manifestations par message radio du MATD en 2018.

Amnesty International publie son rapport avant l’Examen périodique universel (EPU) de l’ONU sur la Guinée en janvier 2020, prévue à Genève. Ce rapport évalue la situation des droits humains depuis l’EPU de janvier 2015. L’ONG note que  la Guinée a aboli la peine de mort, ce qui constitue une avancée notable. Cependant, dans bien d’autres domaines, les autorités n’ont pas été à la hauteur de leurs engagements, constate Amnesty International.

Merci de lire ci-dessous l’intégralité du rapport d’Amnesty International sur la Guinée ainsi que les recommandations formulées par l'ONG pour que la situation s'améliore.

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Mercredi 13 novembre 2019 à 13:26

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