Lamarana Bah tué par balle à Sonfonia: Témoignages "glaçants" de ses parents...

Violences à Conakry
Feu Lamarana Bah
Feu Lamarana Bah

CONAKRY- Les proches de Lamarana Bah sont sous le choc. Ce jeune garçon, âgé de 17 ans, a été tué par balle au quartier Sonfonia, lors de la première journée de manifestation contre le changement constitutionnel.

Sa mère, en larmes accuse les forces de l’ordre d’avoir fusillé mortellement son fils  qui  était sorti acheter son petit-déjeuner dans le quartier, à Sonfonia. Hawa Diariou Bah que nous avons rencontré, ce  mardi 15 octobre 2019 à son domicile  réclame justice. Elle et son mari compte porter une plainte devant les juridictions compétentes.   

Selon le  témoignage des voisins, Lamarana  Bah a été injustement tué  dans le quartier  par un gendarme qui a tiré sur sa poitrine  à l’aide d’une arme automatique. Assis sur une chaise en plastique, les yeux rougis par les larmes, la mère de Mamadou Lamarana Bah arrive à peine à raconter  la terreur qu’elle a vécue en voyant le corps de fils.

 « Mon fils m’a dit qu’il va chercher son petit-déjeuner dans le quartier. Quand il sortait d’ici, il  portait une culote noir et une chemise manche longue. Il m’a laissé ici je lavai  les habits. C’est après qu’on est venu m’informer sa mort.  C’est des agents qui étaient dans un pick-up qui ont tué mon fils », sanglote Hawa Diariou Bah qui se dit être  derrière  son mari pour réclamer justice.

Surpris  par la fusillade mortelle de son fils, Telly Oury Bah a soutenu que son garçon n’a pas l’habitude de sortir lors des manifestations. Il promet de porter plainte contre les forces de l’ordre qui ont investi leur quartier pour tuer son fils.

« Je n’ai vu que les gens  qui transportaient mon fils à la maison. J’ai demandé qu’est-ce qui se passe ? On m’a dit que c’est un adolescent qu’on a fusillé sur la poitrine.  C’était mon fils. Après ils m’ont rassuré qu’il n’est pas mort. J’ai dit non il est mort parce qu’il ne respirait pas.  Nous sommes allés à l’hôpital où on a confirmé sa mort.   On l’a tiré dans le quartier ici.  Les pick-up rentrent jusque dans le quartier.  Mon fils faisait la menuiserie et en même temps il étudiait. Il n’a pas l’habitude de sortir de ma cour  quand il y a des grèves », a soutenu ce  père de famille meurtri. Il se souvient  d’un  fils  sage. «  Il faisait tout ce que je le conseillais. Il allait étudier et pratiquait mon métier ». 

Aujourd’hui,  il promet de porter plainte dans les prochains jours. « Je sais que c’est des gendarmes  qui ont tiré  sur lui mais Dieu est là.   Je ne pardonnerai pas ceux  qui ont fait cela. Le pouvoir a soumis cela à nos fils. Il reste le jugement de Dieu. Mais on va porter plainte inchallah », a déclaré Monsieur Bah en indiquant  que le corps du défunt se trouve actuellement  à la morgue d’Ignace Deen.

Bah Aissatou

Pour Africaguinee.com

Tél : (00224) 655 31 11 14

Créé le Jeudi 17 octobre 2019 à 11:07