Guinée : Qu’exige l’ONU dix ans après le massacre de Conakry ?

Dix ans du massacre du 28 septembre 2009
Antonio Guterres, Secrétaire Général de l'ONU et Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme
Antonio Guterres, Secrétaire Général de l'ONU et Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme

GENEVE-Dix ans après le massacre du 28 septembre 2009, qui a coûté la vie à plus de 150 personnes, les auteurs-présumés ne sont toujours pas jugés. Une situation qui interpelle l’Organisation des Nations-Unies  (ONU) qui a vivement interpelé ce samedi  les autorités guinéennes.

Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme dans message fort, a appelé le gouvernement guinéen à "accélérer" l'organisation du procès des auteurs présumés de ces évènements douloureux.

"L'impunité règne depuis trop longtemps en Guinée et empêche les cicatrices des victimes de guérir. La paix et la réconciliation durables ne seront pas atteintes tant que justice et responsabilité ne seront pas maintenues", a averti Michelle Bachelet, rappelant qu’une Commission d'enquête internationale nommée par l'ONU a établi en décembre 2009 que l'attaque du 28 septembre a fait au moins 156 morts et disparus, dont un certain nombre de femmes décédées des suites de violentes agressions sexuelles.  

Au moins 109 filles et femmes ont été victimes de violences sexuelles et des cadavres ont été enterrés dans des fosses communes, décrit la responsable des Droits de l’Homme de l’ONU. Elle ajoute que la Commission a également conclu que ce massacre constitue un crime contre l'humanité, et  à la responsabilité pénale individuelle de plusieurs responsables guinéens, dont Moussa Dadis Camara, inculpé, mais vivant toujours en exil au Burkina Faso.

Peu de progrès tangibles

"Bien que la Commission d'enquête ait recommandé il y a près de dix ans aux autorités guinéennes de poursuivre les responsables et d'indemniser les victimes, peu de progrès tangibles ont été enregistrés jusqu'à présent", a déploré Michelle Bachelet.

Les efforts pour engager des poursuites et organiser une procédure judiciaire ont été extrêmement lents et n'ont pas abouti à un procès ni à des condamnations réelles des responsables, a-t-elle jouté. "Il est particulièrement préoccupant qu'un certain nombre de hauts fonctionnaires mis en accusation soient toujours en poste et ne soient pas encore traduits en justice", souligne la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme.

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Samedi 28 septembre 2019 à 18:40