Prison de Kindia : des détenus Sidéens et tuberculeux privés de soins...

Vie carcérale
L'intérieur de la prison de Kindia
L'intérieur de la prison de Kindia

KINDIA- Le danger de propagation est réel ! Plusieurs détenus dont certains malades du Sida et ou de la tuberculose, sont abandonnés sans  traitement à la maison centrale de Kindia. La situation reste préoccupante. Parmi ces détenus privés de soins, il y a certains qui ont des maladies chroniques. Un cas de décès a déjà été enregistré le 11 août dernier. Un décès lié à l’arrêt des soins, a appris Africaguinee.com auprès d’une source pénitentiaire

La rupture des soins à la maison centrale de Kindia inquiète tout le monde dans ce milieu carcéral où plusieurs centaines de personnes sont détenues. La situation qui prévaut préoccupe la garde pénitentiaire, les détenus ainsi que leurs parents.

« Des patients détenus sont dans une situation compliquée. Depuis un mois les malades privés de liberté ne bénéficient pas de soins. Et c’est très grave en cette saison des pluies. C’est l’ensemble des prisonniers qui sont privés mais parmi eux, des malades chroniques dont le traitement c’est à vie. Il y a 2 cas de coïnfections, 12 porteurs de maladies sexuellement transmissibles mais, c’est 2 qui étaient pris en charge avant l’arrêt de traitement, 6 tuberculeux dont l’un est décédé le 11 Aout 2019. Le défunt s’appelle Ousmane Soumah détenu. Un mois sans soins les risques sont énormes pour leur vie. C’est inquiétant que les autres détenus soient contaminés, il faut des mesures urgentes pour les sauver», s’inquiète un membre de la garde du centre de détention  de Kindia qui indique toute la hiérarchie est informée de la situation.

Aly Sylla parent d’un détenu à Kindia exprime sa crainte : «  Le problème est que les soins ne se feront qu’à l’interne ; nous espérons la reprise des soins pour tous les détenus bientôt. J’ai un parent parmi eux qui doit prendre les antirétroviraux sans interruption, nous avons peur que la rupture cause des préjudices pour lui. Nous sollicitions  l’aide des autorités à tous les niveaux pour ça », s’inquiète ce proche d’un détenu.

Au tribunal de première instance de Kindia, une source qui a préféré garder l’anonymat confirme l’information et dit prendre très au sérieux cette situation. « C’est une réalité, effectivement c’est vrai des détenus sont rupture de traitement depuis plus d’un mois mais j’ignore le nombre exact. Les raisons évoquées, c’est que maintenant la croix rouge s’est désengagée. Il y a désormais un protocole d’accord entre le ministère de la santé et celui de la justice où chacune des parties a des obligations. L’obligation du ministère de la santé, c’est de fournir en  médicaments aux personnes privées de libertés, c’est ça les obligations du ministère de la santé, peut-être à leur niveau il y a rupture. Côté justice, c’est en réalité gérer par l’administration pénitentiaire. C’est à eux de faire en sorte que les termes du protocole d’accord soient respectés. Mais la situation nous porte préjudice parce qu’il  y a eu même un cas décès qui serait lié à cette rupture de traitement », explique notre informateur.

Saisie de cette situation par nos soins, l’administration pénitentiaire rassure que toutes les mesures sont en train d’être prises pour juguler le problème au niveau de Kindia. Les autorités préfectorales de santé de Kindia sont saisies pour venir au secours, selon un responsable.

L’administration pénitentiaire évoque cependant, une difficulté dans l’application du protocole d’accord entre les ministères de la justice et de la santé pour les soins des détenus. Ce, depuis le départ de la croix rouge dans les prisons guinéennes.

A Suivre…

Alpha Ousmane Bah(AOB)

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45

Créé le Mardi 27 août 2019 à 10:59

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