3ème mandat pour Alpha Condé : qu’en pense Albert Bourgi ?

Interview exclusive d'Albert Bourgi
Albert Bourgi
Albert Bourgi

CONAKRY- Son nom revient souvent dans les affaires politiques africaines. Il est également l’ami de plusieurs chefs d’État africains. Albert Bourgi est accusé d’être l’un des soutiens au projet de 3èmemandat pour le Président Alpha Condé. Depuis Dakar où il est en séjour, cet avocat qui a également été cité comme les rédacteurs de la nouvelle Constitution guinéenne a accepté de parler. Avec Africaguinee.com, M. Albert Bourgi a accepté de briser le silence… Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Votre nom est sur la liste qui a été transmise à la Cour Pénale Internationale par les membres du Front National pour la Défense de la Constitution. Quelle est votre réaction ? 

ALBERT BOURGI :La CPI est une institution qui a ses règles, qui a ses fondements, franchement c’est une farce d’opposants. Est-ce qu’ils savent ce que c’est que la Cour Pénale Internationale ? Ils savent ce que c’est qu’une justice internationale ? Est-ce que Boucounta, Albert Bourgi ont été des acteurs liés (…) non mais c’est n’importe quoi ! 

Des amis d’Alpha Condé qui seraient coresponsables de ce qui se passe, non mais arrêtez ! Je sais ce que c’est que la Cour Pénale Internationale (…). Je défends souvent ceux qui y ont été amenés de manière totalement arbitraire, Laurent Gbagbo et compagnie. Franchement il y a autre chose que d’envoyer une liste de personnes à la CPI. Si vous êtes opposants, il faut se battre. Vous avez vos convictions, vous allez vous battre, vous les défendez. Qu’est-ce que vous allez demander à la Cour Pénale Internationale ? Est-ce que vous savez que c’est des crimes commis qu’on traduits devant la CPI ? C’est vraiment une galéjade. 

Les membres du Front National pour la Défense de la Constitution vous accusent notamment d’être un des soutiens au projet de troisième mandat pour le Président Alpha Condé. Que répondez-vous ? 

Je suis contre le troisième mandat. Basta ! C’est clair ? Je ne suis pas pour le troisième mandat. Référendum, référendum, je ne suis pas pour le troisième mandat. C’est évident. 

Je trouve que l’opposition, Cellou se discrédite en agissant de cette manière. On est opposant, on s’oppose, il y a d’autres modes de fonctionnement de la démocratie. 

On vous accuse également d’être un des rédacteurs de la nouvelle Constitution. Que répondez-vous ? 

Je ne suis pas pour le troisième mandat. Je n’ai écrit aucun article, ni d’une nouvelle ou de l’ancienne constitution. Je ne suis pas un interventionniste. J’ai des amitiés très fortes. Alpha Condé est un vieil ami. Je l’ai connu à l’époque où il était en prison, j’étais président de son comité de libération. J’ai des amitiés très fortes, mais les amitiés très fortes ne se conjuguent pas nécessairement avec des engagements politiques. 

M’envoyer devant la Cour Pénale Internationale ? (Rires !!!) C’est n’importe quoi. Vous leur direz que je suis bon à Dakar. Une opposition qui s’oppose c’est normal, c’est le sens d’une démocratie. Je ne suis pas quelqu’un qui rédige simplement, j’ai mes convictions qui sont très claires.  J’ai accompagné Alpha Condé, j’ai été le président du comité pour sa libération, mais dans la vie politique intérieure d’un pays, je ne suis pas partie prenante.  Moi je me suis toujours battu contre les ingérences de la France, l’ancienne puissance coloniale dans vos pays. C’est aux guinéens de décider. Ce n’est ni à Boucounta, ni à Albert. Ce n’est pas parce que nous avons des liens familiaux, personnels (…). Alpha est le parrain de ma fille qui est née il y a 35 ou 40 ans. Il n’était pas en politique à l’époque. 

Avez-vous une fois échangé avec le Président Alpha Condé sur la question de troisième mandat ?

Je ne me mêle pas. J’ai une politique très simple, pas d’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays. J’ai été avec lui (Alpha Condé, ndlr) quand il s’agissait de lutter contre une dictature des militaires. Ce n’est pas à moi de décider de ce que doivent faire les guinéens. C’est à eux. Je respire l’air du Sénégal où je suis né. 

Honnêtement c’est un gag de dire que l’opposition a fait appel à la Cour pénale internationale. Je trouve que ceux qui font ça se discréditent. L’opposition doit s’opposer en utilisant tous les moyens pacifiques qui régissent le fonctionnement d’une démocratie. 

 

Entretien réalisé par SOUARE Mamadou Hassimiou

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 11

Créé le Mercredi 19 juin 2019 à 15:31