Hawa Bah, porte-parole des femmes de Fria : « Personne ne peut nous manipuler… »

Remous sociaux à Fria
Hawa Bah, porte-parole des femmes de Fria
Hawa Bah, porte-parole des femmes de Fria

FRIA- Les femmes qui manifestent à Fria contre la préfète Gnialen Condé ont apporté un démenti face aux rumeurs faisant état de leur « manipulation » par des tiers, notamment le Directeur National des Impôts. Selon Mme Hawa Bah, la porte-parole des femmes de Fria, Aboubacar Makhissa Camara est plutôt venu pour tenter de calmer leurs ardeurs. Au micro de notre envoyé spécial dans la cité d’alumine de Fria, cette dame a lancé un appel à l’endroit du Président Alpha Condé. 

« Il y a beaucoup de jeunes qui sont diplômés sans emploi. Même lorsque le président est venu ici, il a promis que quand les activités de l’usine vont reprendre, ce sont les fils de Fria qui seront privilégiés dans le recrutement. Mais lorsque l’usine a repris, Gnialen Condé est partie à Conakry pour prendre des jeunes qu’elle a embauchés au détriment des fils de Fria. En plus de ça, malgré les engagements du Chef de l’Etat, les femmes de Fria n’ont jamais bénéficié de MUFA. Le frigo qu’on a envoyé pour  les femmes de Fria, elle l’a mis en location avec un particulier nommé Tall. Même quand un travailleur meurt aujourd’hui, le lendemain il n’a plus droit à son salaire. Est-ce que c’est juste ? C’est pour tout ça que nous revendiquons. Elle a divisé Fria, au moment où je vous parle, les différentes composantes ethniques sont déchirées. Auparavant, on n’avait jamais connu ça à Fria ici. C’est pourquoi nous demandons le départ immédiat de la préfète pour avoir la paix à Fria », a expliqué la porte-parole des femmes de Fria. 

Ce jeudi, le directeur national des impôts, Aboubacar Makhissa Camara a débarqué dans cette ville en ébullition pour sensibiliser les grognons. Alors que ses détracteurs l’accusent de tirer les ficelles dans cette crise, madame Hawa a apporté un cinglant démenti. 

« Il y a eu une sensibilisation menée notamment par Aboubacar Makhissa Camara, le directeur national des impôts (…) Makhissa n’a rien à voir dans ce problème, c’est un bon fils de Fria. S’il vient nous sensibiliser, on va l’écouter. Si Makhissa a des problèmes avec Gnialen ce n’est pas notre affaire. Personne ne peut nous manipuler », a précisé madame Bah.

Des pourparlers ont été entamés ce vendredi 7 juin 2019 pour tenter de mettre fin à la crise. Mais les femmes qui manifestent depuis quelques jours restent fermes sur leur position ; elles exigent le départ de Mme Gnialen Condé. 

« Nous attendons la réalisation des promesses qui nous ont été faites. Nous avons appris que le dossier est dans les mains du président. Maintenant c’est à lui de choisir entre les populations de Fria et Gnialen Condé. En tout cas tant que Gnialen est là, il n’y aura pas la paix, il n’y aura pas de député ici. Hier il n’y pas eu de cours ici, tous les élèves, nos maris nous soutiennent parce que tout le monde est fatigué de Gnialen. Elle est méchante, même les fous dans la rue demandent son départ (…). Elle nous a dit que tant que Bouréma Condé est ministre de l’administration, elle ne va pas quitter Fria, mais on l’attend. On attend surtout la réaction du président. Ce n’est pas parce qu’on a peur des militaires puisqu’eux aussi ce sont des femmes qui les ont mis au monde. Nous vous demandons de dire au Président Alpha Condé d’enlever Gnialen à Fria », a-t-elle lancé. 

A suivre…

 

Oumar Bady Diallo

Envoyé spécial d’Africaguinee.com à Fria 

Créé le Vendredi 07 juin 2019 à 19:15

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