Déguerpissement/ Aliou Barry : "Ce que ma mère m’a dit avant de mourir…"

Déguerpissement à Dar Es Salam
Ibrahima Barry, fils de feue Adama Hawa
Ibrahima Barry, fils de feue Adama Hawa

CONAKRY-Le déguerpissement  en cours à Dar Es Salam a déjà endeuillé une famille. Adama Hawa Diallo, veuve âgée d’une trentaine d’années a succombé  d’une crise cardiaque suite à la démolition de sa maison par les engins du département de la ville et de l’aménagement du territoire.

Selon  le témoignage des proches, cette mère de deux enfants et veuve depuis  dix ans  a piqué une crise après la destruction de sa maison par les pelleteuses du département de la ville et de l’aménagement du territoire. Elle est décédée le vendredi 24 mai 2019, le jour même de la démolition de leur domicile.

Assis près d’un hangar dans les décombres de sa maison, le fils d’Adama Hawa se souvient encore des dernières heures de sa tendre mère.  

 « Le choc a rendu ma mère muette. Elle ne pouvait pas parler tellement qu’elle été affectée. Avant de mourir, ma mère m’avait dit de prendre soin de ma petite sœur,  d’être unis avec ma famille et d’apprendre le coran. Elle a dit aussi comme le gouvernement nous a fait cela  de se remettre à  Dieu. J’ai promis à ma maman que je le ferais si Dieu le veut », a témoigné Mamadou Aliou Barry.    

Ce désormais  orphelin de père et de mère âgé de 16 ans est aujourd’hui préoccupée par ses études. Il se demande comment assurer financement de ses études.

« J’étais à côté de ma mère quand elle est tombée  malade. Quand le gouvernement a dit qu’ils vont venir faire le déguerpissement le jeudi, sa maladie a recommencé  nous sommes allés à l’hôpital le jeudi,  après on a appris qu’ils ont détruit les maisons ici. Le vendredi à l’aube  ma mère est décédée d’une crise. Quand nous sommes retournés à la maison tout était cassé on n’avait même pas où enterrer ma mère. On l’a enterré à Hamdallaye. Aujourd’hui,  j’ai le souci de mes études et de ma famille. Actuellement on n’a pas où aller on va rester ici », s’est lamenté Mamadou Aliou, assis sur les décombres de leur ancienne habitation.

La mère d’Adama Hawa Diallo est  inconsolable. Elle aussi a vu sa maison réduite en poussière. Les deux habitations étaient contigües.

 « La destruction de nos maisons est la cause de la rechute de la maladie de ma fille. Sinon avant elle vaquait à ses affaires malgré que de temps en temps, elle souffrait du paludisme mais depuis ce problème-là elle a perdu l’élan.   Elle ne savait pas quoi faire parce qu’elle a grandi ici », a regretté Mariama Diallo.

N’ayant pas où aller, Amar Diallo grand frère de feu Adama Hawa interpelle les autorités guinéennes pour leur venir en aide.  

«  Le gouvernement devrait plutôt penser à délocaliser le dépotoir d’ordure au lieu de faire un déguerpissement. Aujourd’hui, nous sommes dans les décombres et nous n’avons nulle part où aller », s’alarme Amar Diallo. 

Bah Aissatou

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 28 mai 2019 à 15:38