Immigration clandestine: fin de rêve tragique pour Raguitatou Diallo…

Immigration clandestine
Feue Raguiatou Diallo
Feue Raguiatou Diallo

Une jeune guinéenne originaire de Dalaba a péri dans les eaux marocaines alors qu’elle voulait rejoindre les côtes européennes. La mauvaise nouvelle est parvenue à la famille de la victime dans la soirée du mercredi 22 Mai 2019.

Neene Raguiatou Diallo travaillait à l’état civil de la commune de Ratoma avant d’être tentée par l’aventure. Elle est morte dans les eaux marocaines, plongeant sa famille restée en Guinée dans une totale consternation. Effondré par la triste nouvelle, Elhadj Amadou Pathé Diallo le père de la victime explique.

 « C’est hier mercredi après la prière de 19 heures que nous avons reçu la mauvaise nouvelle. J’ai un garçon qui est en Europe c’est lui qui m’a informé. Il m’a d’abord demandé de rentrer dans ma chambre. Ensuite, il m’a annoncé les larmes aux yeux que le passeur de ma fille leur a dit qu’elle est morte dans les eaux au Maroc. C'est en ce moment  que j’ai compris le silence de ma fille ces derniers jours. Car depuis 3 jours , je n’arrive pas à parler avec elle, son téléphone ne marche pas sinon avant on parlait souvent. Selon les explications, ils sont allés jusqu’en haute mer il n’y avait rien à manger ou a boire alors que  les eaux envahissaient leur pirogue, ils ont appelé les secours mais il semble que la croix rouge espagnole n’est pas venue à leur secours. Dans l’embarquement de fortune il n’y avait que 3 trois filles dont la mienne Neene Ragui. La pirogue ne s’est pas renversée. Mais les filles ont paniqué, on m’a dit qu’elles ont fait des crises les 3 filles sont mortes. Les autres ont appelé vers le Maroc, la croix rouge marocaine est allée les chercher pour les ramener au Maroc. C’est seulement les filles qui sont décédées les autres sont arrivés au Maroc en vie. On m’a dit que les corps des 3 filles sont actuellement aussi au Maroc. Ils sont en train de voir s’ils peuvent ramener le corps ou s’il faut enterrer sur place. On ne sait pas quand est-ce elle est morte avec ses compagnons mais c’est hier aux environs de midi que mon fils a reçu l’information », a expliqué Elhadj Amadou Pathé Diallo résident au quartier Dar Es Salam.

Fuyant le chômage, la misère, des milliers de jeunes guinéens quittent leur pays dans le but de rejoindre l’Europe via la méditerranée dans l’espoir d’une vie meilleure. Mais certains d’entre eux n’ont pas la chance d’y arriver. Le gouvernement guinéen peine toujours à endiguer les départs massifs des jeunes vers l'Europe. 

Récemment, la Guinée a été classée deuxième pays de demandeurs d’asile pour les mineurs en France. Le gouvernement guinéen n’a pas encore réagi à ce classement révélateur d’un échec de la politique d’emploi dans le pays.

Agée de 25 ans, Raguiatou Diallo célibataire sans emploi avait fini ses études et se débrouillait à l’Etat civil de la commune de Ratoma, explique son père.   

« Ma  fille a quitté le pays pour le Maroc. Une fois qu’elle arrivée là-bas, elle  a dit qu’elle ne revient pas et qu’il faut absolument l’Europe. C’est comme ça qu’elle a emprunté les eaux. Nene Raguiatou avait fini ses études en Guinée elle se débrouillait au service de l’Etat civil à la commune de Ratoma. Ça fait quelques mois depuis qu’elle a quitté le pays, elle est allée au Sénégal, en Mauritanie ensuite le Maroc. Elle était célibataire sans enfants », a précisé M. Diallo.

 

Alpha Ousmane Bah(AOB)

Pour Africaguinee.com

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Créé le Jeudi 23 mai 2019 à 12:40