Nouvelle Constitution : Damaro donne de nouveaux indices… (exclusif)

Projet de modification de la Constitution
Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle
Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle

CONAKRY-Le chef de la majorité présidentielle vient de donner de nouveaux indices sur la nouvelle constitution. Amadou Damaro Camara, qui a été interrogé par un journaliste d’Africaguinee.com, a confié que la nouvelle Constitution prévoit un mandat renouvelable une seule fois. Le parlementaire ne donne pas de détails sur la durée. Toutefois, il note que d’autres aspects liés au panafricanisme, à l’environnement, au social, au genre, devraient figurer dans le nouveau texte en préparation. 

« C’est une Loi d’Etat qui va être proposée par le Président de la République pour référendum. C’est lui qui a le droit de consulter le peuple par voie référendaire sur des aspects sociopolitiques de la République », indique Amadou Damaro Camara qui ne manque pas de griefs contre l’actuelle constitution. Il soutient d’ailleurs que celle-ci a été rédigée dans un contexte d’exception où tout le monde était pressé d’en finir avec la situation qui prévalait. 

« Nous avons concocté quelque chose qui n’était pas la meilleure des rédactions mais qui a permis de revenir à la normalité constitutionnelle, qui a permis l’élection du président de la république deux fois, l’élection de l’assemblée nationale. Je ne vais pas cracher sur cette constitution, mais elle aura vécu. A cause de la façon dont elle a été rédigée, du contexte, de l’esprit dans lesquels elle a été rédigée, ne pouvait être qu’une constitution évolutive. Je dois avouer que le président aurait dû peut-être faire plutôt. Mais la même Constitution n’impose pas quand est-ce qu’il peut proposer une nouvelle Constitution au peuple de Guinée. Toutes les constitutions sont synthétiques, elles annoncent les autres institutions républicaines et des Lois organiques citent l’objet et le fonctionnement de ces institutions. Et maintenant qu’on a voulu créer les institutions républicaines, par des lois organiques, nous nous sommes heurtés à certaines dispositions déjà comprises dans la Constitution qu’on ne pouvait pas changer et qui n’étaient pas à leur bonne place », martèle le député. 

L’opposition et plusieurs organisations de la société civile marque leur opposition au changement de Constitution. Ils voient derrière ce projet, une manœuvre tacite visant à maintenir Alpha Condé au pouvoir en 2020, alors que l’actuelle constitution sur laquelle il a prêté deux fois, l’interdit. Le camp présidentiel veut s’appuyer sur les tares de l’actuel texte et les avancées voire même les innovations de la nouvelle constitution pour convaincre. Mais la tâche relève d’une gageure. Car beaucoup dans l’opinion sont pessimistes. 

Depuis l’indépendance de la Guinée, selon M. Damaro Camara, toutes les constitutions qui se sont succédées ont comme repère le panafricanisme, relevant que même notre hymne national dit que la Guinée est prête à renoncer à sa souveraineté pour la souveraineté africaine. « Il n’y a aucune référence à la souveraineté africaine et au panafricanisme dans l’actuelle constitution. Aussi, cette constitution ne consacre aucun aspect social (le genre, les handicapés, l’environnement) il n’y a aucune consécration de la vie sociale dans cette Constitution. Par ailleurs elle a été écrite par des magistrats du CNT qui étaient plutôt des magistrats militants. Ils ont introduit des choses parce qu’ils s’attendaient à être dans des positions d’après CNT. Voici un certain nombre de choses qui font que nous devons avoir une autre Constitution plus performante qui consacre des avancées », prône ce haut cadre de la majorité présidentielle. 

Interpelé sur le nombre de mandats, il a indiqué cet aspect n’a pas été touché. « C’est un mandat   renouvelable une seule fois », a-t-il révélé.

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 09 avril 2019 à 15:46