Déguerpissement à Conakry : une communauté est-elle visée ?

récupération des réserves foncières de l'Etat
Le président de la République, Pr Alpha Condé et le ministre de la Ville Ibrahima Kourouma
Le président de la République, Pr Alpha Condé et le ministre de la Ville Ibrahima Kourouma

CONAKRY-Le Gouvernement guinéen fait-il du « deux poids deux mesures » dans la campagne récupération des réserves foncières de l’Etat ? Si l’on en croit à certaines victimes du déguerpissement en cours, on pourrait répondre à cette interrogation par un « OUI ». Beaucoup d’entre elles ont le sentiment d’avoir été visé tout simplement parce qu’elles appartiennent à une communauté. Mais ce qui davantage exacerbe leur colère, c’est le mépris des autorités à leur égard.

 « Ils sont en train de nous chasser chez nous pour ensuite revendre les terrains à des étrangers. C’est quelle injustice ça ? On chasse des citoyens du pays pour vendre les domaines à des étrangers. Regardez Prima Center, ils ont vendu à un Libanais qui est épargné. Ce n’est pas ici seulement où il y a des zones réservées, il y en a partout à Conakry. Il y a des zones réservées à la SIG Madina, il y en a à Coronthie. Ils ont laissé tout ça. Nous sommes les seuls à être déguerpis. C’est purement ethnique. Nous ne pouvons rien, ils sont les détenteurs de la force. On s’en remet à Dieu », sanglote un père de famille déguerpi dans la zone non lotie de la cité Soloprimo.

Lire aussi-Kaporo-rails : Alpha Condé en déphasage avec son Ministre Ibrahima Kourouma ?

« Ce qui s’est passé à Kaporo-rails ici c’est la démonstration et l’accomplissement d’une haine contre la communauté locale. A Conakry il y a plus 30 réserves foncières de l’Etat dont Coronthie qui relève de la zone portuaire de la Capitale, le Lac de Sonfonia qui est agressé, le site du Radar à Dar-es Salam qui était prévu pour le Palais Présidentiel. C’est le même décret pris en 1989 par le Général Conté qui fait aussi du centre directionnel de Koloma d’une surface de 267 hectares une  réserve foncière de l’Etat. Pourquoi nous sommes les seuls à être visés ? », s’interroge cette autre victime déguerpie à Kaporo rails.

Ce sentiment d’injustice est partagé par de nombreuses victimes abandonnées par le Gouvernement. Si l’élan de solidarité commence à prendre forme il faut dire que le drame est toujours-là. Des familles entières continuent de dormir à  la belle étoile, sans aide, ni assistance de l’Etat, qui ne s’est pas gêné de voler au secours à des refugiés Sierra Léonais à Benty alors que des guinéens sont dans le besoin.

Aujourd’hui, plusieurs réserves foncières de l’Etat sont occupées de manière illégale. Parmi celles-ci, il y a par exemple les emprises des lignes de haute tension et conduites d’eau primaires, ainsi que les surfaces nécessaires à la mise en place d’ouvrage d’Art (échangeur, to-bogans, ponts, tunnel), selon le décret numéro 182/PRG/SGG89 du 16 octobre 1989.  

La garde de Dixinn s’étendant sur une surface de 10ha prévue pour des installations ferroviaires, le marché Kénien s’étendant sur une surface de 12 ha, 7, la décharge contrôlée de Dar Es Salam s’étendant sur une surface de 10 ha, le plateau de Simbaya OBK s’étendant sur une surface de 300 HA, la zone d’équipements collectifs  de Sonfonia (75ha), la gare de Sonfonia (28HA), la zone d’équipements collectifs d’Entag-Nord (28ha),  la réserve de la présidence de la république (ex palmier) face au camp de la garde républicaine (2ha), pour ne citer ceux-là entrent dans l’escarcelle des réserves foncières de l’Etat.

Dossier à suivre…

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Vendredi 08 mars 2019 à 10:10