La caution de R. Kelly fixée à un million de dollars

Etat-Unis

La caution du chanteur américain R. Kelly, accusé d'abus sexuels sur mineures, a été fixée samedi à un million de dollars. Le juge a fixé sa caution à 250'000 dollars par victime, soit un million de dollars en tout. Selon le système américain, il devra en pratique débourser 10% de cette somme, soit 100'000 dollars.

R. Kelly avait été placé en détention vendredi soir pour dix chefs d'accusation relatifs à des abus sexuels sur quatre personnes dont trois mineures, entre 1998 et 2010. Le juge John Fitzgerald Lyke Jr. lui a interdit tout contact avec des personnes de moins de 18 ans, ainsi qu'avec toute victime ou témoin liés à l'affaire.

Des détails

La procureure Kimberly Foxx a ensuite décrit une partie des abus présumés sur les victimes, seulement identifiées par leurs initiales: HW, RL, LC et JP.

En 1998, selon elle, le chanteur a repéré une fille fêtant ses 16 ans dans un restaurant, et l'a invitée à son studio. Il l'a «pénétrée de multiples fois vaginalement et oralement», et lui a fait donner une enveloppe d'argent à la fin. Cela s'est répété environ une fois par mois pendant un an.

Une autre victime avait été filmée dans des rapports sexuels alors qu'elle avait 14 ans, dans ce qui est, selon un témoin, la maison du chanteur. «Dans la vidéo, la victime répète plusieurs fois qu'elle a 14 ans», a indiqué Kimberly Foxx.

En 2003, il est accusé de s'être masturbé et d'avoir éjaculé sur une coiffeuse de 24 ans, qui devait s'occuper de ses cheveux. La victime a donné son chemisier à la police, qui a testé le sperme et confirmé qu'il s'agissait de l'ADN de R. Kelly.

La quatrième victime, JP, avait assisté au procès de R. Kelly en 2008, obtenant son autographe à l'époque. Il l'avait ensuite invitée chez lui, et les deux ont eu des relations sexuelles plusieurs fois en 2009 et 2010. Elle aussi a conservé un vêtement ayant des traces de sperme, qu'elle a confié à la police.

«Elles mentent»

Robert Sylvester Kelly s'est présenté à la police de sa ville vendredi soir après qu'un mandat d'arrêt à son encontre a été émis. Il a passé la nuit en détention. Le chanteur de 52 ans a nié les accusations par la voix de son avocat.

«Oui, je pense que toutes ces femmes mentent», a déclaré le conseil Steve Greenberg. «Tout le monde essaie d'exploiter R. Kelly (...). Malheureusement, le parquet a succombé à la pression publique.» «M. Kelly est fort, il a beaucoup de soutiens et il sera innocenté de toutes ces accusations, une par une», a-t-il dit.

La «pression publique» que l'avocat évoque a été accentuée avec la diffusion sur la chaîne Lifetime d'une série documentaire en six parties début janvier. La série multiplie les témoignages sur «les abus sexuels, mentaux et physiques» perpétrés par le chanteur.

L'interprète de «I Believe I Can Fly», l'une des plus grandes célébrités américaines des années 1990, avait jusqu'ici maintenu sa popularité, malgré des décennies d'accusations d'abus sexuels et de pédophilie. Il avait été inculpé en 2002 pour avoir filmé des relations sexuelles avec une fille de 14 ans et acquitté en 2008.

AFP

Créé le Dimanche 24 Février 2019 à 6:16