Electricité : Après le "fiasco" de Kaléta, à qui profitera Souapiti ?

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Le barrage de Souapiti en construction
Le barrage de Souapiti en construction

CONAKRY- C’est un euphémisme de dire que le manque de courant électrique est un obstacle pour le développement socioéconomique de la Guinée arrosée par une multitude de cours d’eaux !

Malgré ‘’l’ambitieux’’ programme du président guinéen de faire de la Guinée, dans les 5 prochaines années le pays le plus électrifié de la sous-région Ouest-Africaine, avec la réalisation des quelques barrages hydroélectriques dont kaleta et ceux en projet comme Souapiti et Amaria, cette fourniture laisse à désirer.

Depuis le début de cette année 2019, les populations de la capitale Conakry et environs constatent avec ‘’impuissance’’ la pénurie dans ce secteur normalement porteur de croissance. Le bruissement de groupes électrogènes pour palier au manque de courant a repris de plus belle dans les ménages de Conakry.

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Certes, les projets de construction des barrages hydroélectriques  sont des opportunités évidentes pour aider au développement d’un pays,  mais en Guinée cette définition n’est pas bien cernée. Pour comprendre ce qui ne va pas dans cette desserte ‘’bancale’’ de courant dans nos foyers, un reporter de votre quotidien Africaguinee.com s’est approché des couloirs d’EDG (Electricité de Guinée) où l’amertume est palpable. Un travailleur de la compagnie a indiqué qu’il est évident que les guinéens ont besoin de courant, mais il faut que les gens comprennent que nous sommes en période d’étiage.

‘’ Le barrage de Kaleta actuellement donne moins de courant. Alors, on est obligé de nous débrouiller au Mazout, et donc cela nous revient beaucoup plus cher. C’est pour cela que nous desservons moins que d’habitude lorsque c’est la période de crue. Donner le courant trois heures ou 24 heures, c’est n’est pas la même quantité de Mazout qu’on utilise’’ nous a confié un cadre d’EDG qui a requis l’anonymat.

La construction du barrage de Kaléta et celui en cours de Souapiti a suscité de nombreuses critiques de la part de l’opposition. Le chef de file de l’opposition, avait fustigé la manière dont ces gigantesques projets ont été ficelés par le Gouvernement. Cellou Dalein Diallo, a dénoncé le manque de transparence dans ce « deal ». Il en est de même pour la réalisation en cours du barrage de Souapiti. « Aucun accord de prêt ou de don n’est passé à l’Assemblée Nationale », a fustigé Cellou Dalein Diallo. Mais l’inquiétude de l’ancien premier ministre va plus loin. Il dénonce certes un contrat léonin, mais selon lui le véritable problème réside dans le coût de revente du courant produit aux consommateurs.

Plus de 2 milliards US investis, mais pour quel résultat? 

Avec une dose d’ironie, Sidya Touré s’est marré d’Alpha Condé s’interrogeant pour sa part à quoi ont servi les plus de deux milliards de dollars investis dans le secteur énergétique depuis huit ans.

Les projets de construction des barrages hydroélectriques sont des opportunités évidentes pour booster le développement, mais celle-ci doit se faire avec beaucoup plus de parcimonie et de vertu. Sinon le coût de cette énergie risque d’être inaccessible aux consommateurs. Et Dieu seul qu’aujourd’hui, la demande est forte en Guinée. L’industrie minière qui a connu un boom dans la région nord-ouest de la Guinée où se retrouvent plusieurs sociétés minières en exploitation et en projet (Zone spéciale de Boké et Kindia) est fortement demandeuse de cette denrée.

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La réalisation du barrage de Souapiti lancée en avril 2016 pour un délai d’exécution de 58 mois suscite encore de l’espoir après le « fiasco » de  Kaleta. Mais beaucoup s’interroge sur le coût qui sera imposé aux consommateurs. Car aujourd’hui, un flou existe sur son financement et comment les fonds devraient être remboursés. Pour cerner cette problématique, nous avons vainement tenté d’interroger les responsables chargés de la construction du barrage de Souapiti.

Affaire à suivre…

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 655 31 11 13

Créé le Jeudi 31 janvier 2019 à 14:31