Alpha Condé cogne ses opposants : "quand des gens alimentaires s’agitent…"

Gouvernance en Guinée
Alpha Condé, Président de la République de Guinée
Alpha Condé, Président de la République de Guinée

CONAKRY-Le Président Alpha Condé n’a pas été tendre ce mercredi 23 janvier avec ses opposants qui critiquent souvent sa gestion. Le chef de l’Etat qui a présidé aujourd’hui le lancement d’une nouvelle réforme sur la fiscalité, a répondu à ses détracteurs qu’ils qualifient de cadres alimentaires qui ont pillé le pays lorsqu’ils étaient aux affaires. Devant des diplomates et plusieurs membres de son Gouvernement, le dirigeant guinéen s’est aussi attaqué aux fonctionnaires indélicats. Extraits…

« Si aujourd’hui nous faisons le recensement des belles villas à Nongo etc, on sera très surpris. Ceux qui crient le plus à la corruption, on verra qu’ils ont quatre, cinq ou six immeubles. C’est eux qui crient à la corruption. Alors monsieur les diplomates, je peux vous lancer un défi. Nous allons faire le recensement des très belles villas, les immeubles au bord de la mer, les gens qui violent la loi en faisant des remblais alors que c’est interdit, vous serez surpris de voir qui sont les propriétaires. Beaucoup de gens qui crient aujourd’hui vont fuir de honte parce qu’on sait comment ils ont géré ce pays, comment ils l’ont pillé. Quand vous regardez la Guinée à partir d’un hélicoptère vous vous demandez si vous êtes en Guinée. Sincèrement. Vous voyez des immeubles partout. Dernièrement, lors que le chef de l’opposition Burkinabé était là, on a été voir les femmes au boulevard Diallo Tely.  Je lui ai dit que je ne comprends pas où les guinéens prennent de l’argent, il y a des immeubles de 10 étages, 8 étages partout. Il m’a dit président, c’est la main invisible du libéralisme. Quand les gens n’ont pas confiance, ils cachent l’argent, quand ils ont confiance l’argent sort. Alors ne soyez pas surpris qu’il y ait des immeubles partout (…) », a déclaré Alpha Condé qui encourage ses ministres à prendre des décisions aussi impopulaires soient-elles.  

Les ministres doivent avoir le courage…

« Personne ne pourra arrêter la réforme. Vous pouvez mobilisez tout votre village, si quelqu’un ne gère pas bien il doit partir. On ne doit pas le protéger(…). Les ministres doivent avoir le courage de prendre des décisions. Quand on gouverne, on est impopulaire. On ne peut pas gouverner et être populaire. Vous prenez des décisions qui vont mécontenter les gens, mais c’est  ça qui va changer les conditions de vie des guinéens. Parce que ceux qui détournent sont à peine 5%, l’écrasante majorité de la population en souffre. Donc plus on améliore la gestion, plus on améliore les conditions de vie des populations. Je préfère avertir les ministres. Aujourd’hui, à partir de la présidence je suis capable de suivre tous les paiements d’impôt.  J’ai un tableau qui me permet tous les matins de regarder qui a payé qui n’a pas payé. Il n’y a plus de possibilité de se cacher (…) Il faut qu’on gère mieux nos ressources intérieures afin qu’on puisse avoir accès à des crédits non concessionnels qui vont nous permettre de nous développer. Je dis à mes amis de la douane, du port, des impôts, le temps des feux est révolu », a-t-il averti.

En Guinée qu’est-ce qui fait que la corruption est forte ?

« Avant les gens passent de bureau en bureau, les fonctionnaires volent ils distribuent un peu. C’est pourquoi ils disent que je suis pingre je ne donne pas l’argent. Mais l’argent de l’Etat doit servir à l’investissement. Mais si on vole ? Souvent dans l’esprit des guinéens, le bon ministre, c’est celui qui distribue. Ils ne se demandent pas où il prend l’argent qu’il va distribuer (…) Plus on a des ressources, mieux vous serez payés. Mieux, plus vous êtes performants, plus vous avez des primes. Donc au lieu de voler, travaillez bien pour avoir des primes qui remplaceront ce que vous volez avant. J’espère que nos fonctionnaires vont aller dans cette voie.  Je rassure la population. Le train de la Guinée a démarré, ou tu montes, ou tu restes sur le quai. Mais personne ne peut l’arrêter. Ils n’ont qu’à s’agiter.

Ce n’est pas les réseaux sociaux qui font la Guinée, ce ne sont pas les journaux non plus. L’essentielle de la population sont dans les campagnes. Ces gens  savent quel est leur situation de vie. Alors, que des gens alimentaires s’agitent qui pensent que la politique c’est seulement venir au Gouvernement pour piller, voler. Pourquoi ils sont tous aujourd’hui mécontents ? C’est parce que c’est des gens qui ont pillé ce pays, ils ne veulent pas que le pays soit géré autrement, mais ils perdent leur temps. Ils n’ont qu’à aller dans les radios, les télévisions à  l’extérieur ça ne changera  rien. La Guinée va avancer. Je vous demande de me faire confiance », a lancé le Chef de l’Etat.

A suivre…

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Mercredi 23 janvier 2019 à 17:32