Expulsion de guinéens en Belgique: ce que Conakry demande à Bruxelles...

Immigration irrégulière

CONAKRY-Quelles sont les conditions posées par les autorités guinéennes dans le cadre du rapatriement de ses ressortissants menacés d’expulsion en Belgique ? Alors que les autorités belges annoncent l’expulsion prochaine de nombreux sans-papiers sur son territoire, Conakry veut que cette opération se fasse dans le respect des accords liant les deux pays en matière d’immigration clandestine. 

L’année dernière 1 125 ressortissants guinéens vivant en Belgique ont eu des avis défavorables sur leur demande d’asile. Désormais considérés comme des résidents illégaux sur le territoire Belge, ces guinéens vont être rapatriés. Contacté par rédaction, un haut responsable du ministère guinéen des affaires étrangères a affirmé qu’il n’y a pas d’inconvénients, mais a rappelé tout de même qu’il y a des accords entre la Belgique et la Guinée qu’il va falloir respectés avant la déportation de ses ressortissants.

 « Ce que nous pouvons dire aux autorités Belges, c’est de respecter les accords qu’on a signés par rapport à tout ça. Il y a un nombre qui est défini et toute la procédure qui est liée à ça doit être respectée. C’est l’Etat Belge qui doit apprécier qui doit rester dans son territoire ou pas (…). Nous sommes des pays amis et il y a des accords dans ce cadre entre nous. Ce sont ces accords-là qu’il faut respecter. Si les guinéens sont rapatriés, il y a des structures en place, que ça soit au niveau des affaires étrangères ou ministères de la décentralisation et de l’action sociale, il y a des mesures qui sont prises par rapport à la facilitation de leur accueil. Et je crois que nous avons reçu des fonds aussi de l’Union Européenne qui essaye d’aider à la réinsertion des jeunes rapatriés », a expliqué Hady Barry, secrétaire général du ministère des affaires étrangères. 

Lire aussi-Belgique : de nombreux guinéens menacés d'expulsion...

La Guinée est classée dans le Top5 des pays pourvoyeurs de migrants en Belgique. Une situation qui agace les autorités Belges qui se battent depuis plusieurs années pour limiter le fléau. Désormais tous ceux qui ont eu des avis négatifs dans leur demande d’asile seront rapatriés, a avertit le responsable de l’office Belge des Etrangers. 

« Les expulsions ne vont pas s’arrêter, ça va continuer. Dès que les gens sont identifiés, avec un avion spécial ou sans ils seront expulsés », a déclaré  le directeur général  de l’Office Belge des Etrangers,  Freddy Roosemont. 

Une procédure longue…

En matière de rapatriement des migrants illégaux, les accords entre la Guinée et la Belgique prévoient que le nombre par convoi ne dépasse pas 10 personnes. Les autorités Belges sont tenus obligées d’écrire à l’Ambassade de Guinée à Bruxelles qui transmet la lettre au ministère des affaires étrangères. Lequel informe les ministères de la sécurité, de l’intérieur, de la décentralisation, le ministère de l’action sociale éventuellement le ministère de la jeunesse pour qu’ils prennent des dispositions pour faciliter leur accueil. Une fois que cette procédure est achevée au niveau interne, le ministère des affaires étrangères écrit à la représentation diplomatique de la Guinée dans le pays demandant le rapatriement de délivrer des laissez-passer tout en s’assurant que les personnes à déporter sont effectivement des guinéens.

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 666 134 023

Créé le Mardi 15 janvier 2019 à 17:33

TAGS