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Immigration: Donald Trump veut mettre fin au droit du sol

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Le président américain Donald Trump-Africaguinee.com
Le président américain Donald Trump-Africaguinee.com

Le président des Etats-Unis Donald Trump souhaite mettre fin, par décret, au droit du sol. Ce principe constitutionnel stipule que tout enfant né sur le territoire américain a la nationalité américaine.

Cette proposition, formulée dans la dernière semaine d'une campagne électorale dans laquelle Donald Trump tente de placer l'immigration au coeur des débats, pourrait cependant se heurter à de sérieux obstacles. Dans un entretien à Axios le président affirme qu'il envisage de signer un décret pour que les enfants nés sur le sol américain de parents en situation irrégulière ne bénéficient plus de ce droit.

«Nous sommes le seul pays au monde où, si une personne arrive et a un bébé, le bébé est citoyen des Etats-Unis... avec tous les avantages», affirme-t-il dans cet entretien télévisé. «C'est ridicule, c'est ridicule, il faut que cela cesse». L'affirmation est inexacte: plusieurs autres pays, dont le Canada, pays frontalier des Etats-Unis, accordent également la nationalité à une personne née sur son sol, même si ses parents sont en situation irrégulière.

Une aberration?

«On m'avait toujours dit que vous aviez besoin d'un amendement constitutionnel. Vous savez quoi? Ce n'est pas le cas», avance le président américain au cours de l'entretien. «C'est en cours. Cela va se faire, avec un décret», ajoute-t-il, sans cependant donner la moindre indication de calendrier, ni de précisions sur l'état d'avancement de ce projet.

Pour Laurence Tribe, professeur de droit constitutionnel à l'université de Harvard, ce projet de décret est tout simplement une aberration. «Si le droit du sol garanti par le 14ème amendement pouvait être effacé d'un trait de plume par Trump, alors la Constitution dans son ensemble pourrait être effacée de la même manière», a-t-il tweeté.

Serpent de mer

A plusieurs reprises, des élus républicains ont tenté, sans succès, de remettre en cause ce principe, et le débat refait régulièrement surface sur l'aile droite du «Grand Old Party». Le sénateur républicain Lindsey Graham a salué mardi avec force l'annonce de Donald Trump. Soulignant que les Etats-Unis étaient «l'un des deux pays développés au monde» à accorder la nationalité sur la base du lieu de naissance, il a annoncé qu'il envisageait de présenter un projet de loi allant dans le même sens que le décret évoqué par le président.

Donald Trump, qui multiplie actuellement les déclarations sur le thème de l'immigration, a affirmé lundi soir sur Fox News vouloir construire «des villes de tentes» à la frontière avec le Mexique. Les migrants «devront attendre, et s'ils n'obtiennent pas l'asile, ils s'en vont», a-t-il lancé.

L'ACLU, puissante organisation de défense des libertés civiques, a par ailleurs dénoncé l'envoi de troupes à la frontière, dénonçant la volonté de M. Trump de «forcer l'armée à promouvoir son programme anti-immigration et de division».

AFP

Créé le Mercredi 31 octobre 2018 à 7:03