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L’étau se resserre autour des guinéens d’Angola : Alpha Condé interpellé…

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Diaspora guinéenne
Des immigrés clandestins en Angola
Des immigrés clandestins en Angola

ANGOLA-Les autorités angolaises qui ont déclenché une chasse à l’homme contre les étrangers sans papiers vivant sur leur territoire viennent d’accentuer la pression. Désormais, ce n’est pas seulement la police qui mène ces opérations visant à « cueillir » les étrangers. Les autorités ont lancé un appel aux citoyens angolais d’aider à dénoncer les étrangers sans papier. Si au début de l’opération, les rafles se limitaient uniquement dans les zones diamantifères, les autorités angolaises viennent de prendre une autre mesure cette fois qui consiste à mettre aux arrêts toute personne sans papiers dans tout le pays. Cette mesure va entrer en vigueur le 1er novembre 2018, a appris Africaguinee.com.

Selon nos informations, la déclaration lue à la télé ce mercredi invite les citoyens angolais à s’impliquer dans la dénonciation des étrangers dans les quartiers et d’appeler la police. Cette nouvelle mesure inquiète les guinéens vivant en Angola. En effet, des milliers de guinéens vivant « illégalement » dans ce pays risquent de perdre des investissements énormes, car une fois que quelqu’un est arrêté, c’est l’expulsion qui s’en suit. Inquiets, ces guinéens sollicitent l’implication des autorités guinéennes pour trouver une solution diplomatique sur leur sort.

 « Nous avons peur, nous avons peur maintenant de notre sort, hier c’était les gens dans les zones diamantifères. Maintenant c’est tout le monde et partout, nous nous sommes à Luanda. Nous faisons le commerce. Les autorités angolaises ont fait une déclaration mercredi soir à la télé invitant tous les citoyens qui logent des étrangers d’aller les déclarer à la police et au service de l’immigration. A partir du 1er Novembre prochain les policiers sont chargés de mettre aux arrêts les étrangers en situation irrégulière. L’inquiétude est grande sachant que 97% des étrangers qui sont en Angola n’ont pas de papier parce qu’ils ne donnent pas document presque (…) C’est inquiétant quand les citoyens angolais sont impliqués dans la dénonciation. Dès qu’ils  arrivent chez toi ils visent tes biens dès que la police va t’embarquer pour la prison, c’est l’expulsion qui va suivre », s’inquiète Mamadou Yaya Wann.

Madame Diallo A.L.B se lamente. Cette dame en état de famille interpelle le président Alpha Condé à user de ses relations avec l’Angola pour sauver les guinéens du chaos.  «  Aujourd’hui, s’il y a un appui de la part de l’Etat guinéen à travers son ministère des affaires étrangères c’est notre souhait le plus ardent ne serait-ce que pour le rapatriement des biens. Que notre pays prenne cette responsabilité pour nous au moins. Le reste c’est un droit pour le pays hôte de faire ce qu’il veut de sa souveraineté. Imaginez chacun était venu seul ici, ensuite s’est marié et a fait venir sa femme ici, ils ont des enfants maintenant, voyez-vous la menace à l’endroit de toutes ces familles au bord du chaos. (…). Je suis arrivée dans ce pays il y a juste 8 mois après mon mariage en Guinée. Je suis en état de famille avancé, nous ne savons plus quoi faire. Je  demande au président Alpha Condé d’user de ses relations avec l’Angola pour nous sauver », a appelé cette compatriote.

Ce n’est pas le retour au pays qui dérange, observe Aly Sidibé que précise que c’est la perte des biens matériels et les investissements. « Notre problème ce n’est pas le fait d’être menacé de retour au pays, nous faisons le commerce ici. Notre inquiétude, une fois que tu es arrêté, tu perds en même temps tes biens constitués de marchandises et d’argents. Si tu es arrêté et mis en prison, automatiquement tu n’as plus rien derrière, parce qu’on ne te donne même pas le temps de confier ta boutique à quelqu’un après. C’est ça le véritable problème. C’est l’investissement énorme que nous perdons derrière. Rentrer chez nous ne pose pas de problème, si on nous permettait de bouger avec nos biens, ça allait être salutaire. Mais une fois que tu es arrêté tu reviens à zéro, ça rend même fou. Mais on se remet à Dieu », affirme cet autre ressortissant guinéen vivant en Angola.

Nous y reviendrons.

Alpha Ousmane Bah

Pour africaguinée.com

Tel : (00224) 664 93 45 45

Créé le Samedi 27 octobre 2018 à 12:17

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