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L’enfer du transport routier guinéen

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Libre Opinion

De tous les temps, se déplacer constitue un véritable calvaire en Guinée. Aussi bien à Conakry que dans les régions de l’intérieur, ce qui est un plaisir ailleurs est un véritable enfer dans ce pays.

Ce sont des taxis brousses ou minibus d’un autre âge, bourrés de personnes comme des animaux qui assurent le déplacement tant dans la capitale que dans le pays profond. Un taxi brousse, censé prendre 7 personnes, peut prendre 12 dont certains sont perchés sur le porte bagage pour le transport interurbain. Voilà le spectacle que les transporteurs guinéens offrent le long de nos routes.

Un spectacle inadmissible en Guinée Bissau ou en Gambie. Dans le premier pays ce sont le plus souvent des Mercedes qui font le taxi. Ces taxis ne prennent jamais plus de 4 passagers. Situation identique dans un petit pays comme la Gambie.

Quant au Sénégal, le nom de taxi est inconnu. Du moins ceux qui font le transport interurbain. On les appelle « sept places ». Parce qu’ils prennent sept personnes et jamais plus. En outre, le passager ayant de bagage devra embarquer son bagage dans un camion.

Pourquoi la Guinée se distingue négativement ? Premier au départ en 1958, dernier à l’arrivée 60 ans plus tard. La réponse incombe à la fois aux gouvernants et aux gouvernés. Les premiers sont coupables de la non application de la loi. Les seconds, quant à eux, sont à  la fois auteurs et victimes de ces faits et méfaits. Ce sont eux par exemple qui acceptent de se percher sur le porte-bagage ou de se plier à quatre dans le coffre d’un taxi.

Pour justifier la surcharge de taxis à Conakry par exemple, les usagers pointent un doigt sur le manque de moyens de transport urbain. Dans le pays profond, ce cas ne se pose pas. Dans certaines localités, un taxi peut attendre une semaine avant de faire le plein de passagers. Paradoxalement, au lieu de permettre aux autres d’avoir des passagers il prend toujours le double de sa capacité.

Les transporteurs justifient la surcharge par les frais de route élevés. Des frais liés uniquement au racket dont ils sont victimes de la part des hommes en uniforme le long de nos routes.

Dans tout cela le ridicule c’est quand un gendarme ou un policier vous verbalise parce que vous avez pris six personnes dont un bébé dans une voiture dont le nombre d’assurés est 5. Pendant que vous priez l’agent, un taxi ou un minibus arrive avec plusieurs personnes sur le porte-bagage. D’autres sont dans le coffre. Et comme s’il y avait deux Guinée et deux Guinéens, les uns sont soumis à la loi et les autres peuvent se comporter comme dans une jungle.  

Aux uns les agents réclament la carte grise, le permis de conduire, la vignette, l’assurance et désormais les triangles de signalisation ou encore la boite pharmaceutique. Et quand vous avez tout, l’agent peut aussi contrôler si vous portez des chaussures fermées. Bref, tous les prétextes sont bons pour racketter ceux qui ne veulent pas se faire humilier. Quant aux cousins de plaisanterie des agents, que sont les transporteurs, tout leur est permis pourvu qu’ils donnent le prix de la kola.

Pour revenir à nos voisins, ces derniers se marrent bien de nous. Ils disent que les taxis guinéens sont reconnaissables non pas par leur couleur mais par le nombre de personnes qu’ils transportent. Si bien que pour certains pays, ces taxis ne sont autorisés que jusqu’à la première localité. Pour d’autres, ils peuvent entrer mais en transportant uniquement des passagers guinéens. Ce sont leurs taxis qui transportent leurs citoyens, disent les autorités des pays concernés.

Voilà des faits et méfaits qui interpellent tous les Guinéens. Lesquels devraient se battre de toute leur force pour ne pas continuer à être la risée du monde. En tout cas dans le domaine du transport aussi le changement promis se fait toujours attendre.

 

Habib Yembering Diallo

                                                                                                             664 27 27 47

Créé le Lundi 01 octobre 2018 à 18:04