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Guinée : Le CICR œuvre pour l’amélioration de la santé des détenus…

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Justice
Le CICR vulgarise le protocole d’accord entre les ministères de la santé et de la justice sur la santé en milieu carcéral, à Nzérékoré et à Kankan
Le CICR vulgarise le protocole d’accord entre les ministères de la santé et de la justice sur la santé en milieu carcéral, à Nzérékoré et à Kankan

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) poursuit son combat pour l’amélioration de la santé des détenus dans les milieux carcéraux de Guinée. C’est dans ce cadre que cette organisation humanitaire a procédé  à la vulgarisation du protocole d’accord entre les ministères de la santé et de la justice sur la santé en milieu carcéral, à Nzérékoré et à Kankan.

L’objectif visé par ce protocole est la création d’une stratégie de santé pénitentiaire nationale faisant partie du système national de santé publique. A Nzérékoré, c’est la salle de conférence du CREDEZ qui a servi de cadre à la cérémonie de vulgarisation tenue le mercredi 04 juillet dernier.  Elle a regroupé les cadres des départements de la justice et ceux de la santé venus des différentes préfectures de la région.

A cette occasion, Aboubacar Keita de la direction nationale de l’administration pénitentiaire a invité tous les acteurs concernés à s’impliquer activement dans la mise en œuvre correcte de ce protocole. Car pour lui, la mise en œuvre de ce protocole d’accord aura un  impact positif sur la vie des personnes privées de liberté.

‘’L’accès aux soins de santé est un droit reconnu pour les détenus. C’est pourquoi l’élaboration et l’adoption de ce protocole n’ont fait que réjouir la DNAP (direction nationale de l’administration pénitentiaire), parce que c’était véritablement une épine dans la chaussure pour nous les procureurs, les juges de paix et les régisseurs de prison. Il n’y avait pas un répondant à qui on pouvait faire face pour la prise en charge des détenus malades nécessitant une hospitalisation vers les CHU. C’est pourquoi le Ministère de la justice à travers la DNAP accorde un intérêt tout particulier à l’applicabilité de ce présent document. A cet effet, j’invite tous les acteurs concernés à s’impliquer activement dans la mise en œuvre correcte de ce protocole’’, a lancé M. Keita.  

Docteur Kourouma, représentant le ministre de la santé a abordé le sujet dans le même sens, affirmant qu’une mauvaise prise en charge des personnes détenues malades peut avoir un impact négatif sur la population.

‘’Bien qu’elles soient privées de liberté, les personnes détenues conservent des droits fondamentaux dont le droit à la santé. Les décideurs publics à tous les niveaux doivent se mobiliser pour garantir ce droit fondamental. Une mauvaise prise en charge des personnes détenues malades peut avoir un impact négatif non seulement pour la population carcérale saine, mais aussi pour les personnes pénitentiaires et la population en générale’’, a indiqué ce cadre du département de la santé.

Le représentant du Gouverneur de Nzérékoré, Jean Smith Sandy, directeur de Cabinet du gouvernorat a  remercié le CICR  pour tous les efforts déployés en faveur de la population carcérale.

Le procureur Mamadou Djan Bora Diallo a promis que le tribunal de première instance de Nzérékoré ne ménagera aucun effort pour l’application stricte du protocole d’accord. « Ce protocole d’accord comporte des obligations respectives de la part et du ministère de la justice ainsi que du ministère de la santé. C’est l’occasion pour moi de féliciter d’abord tous ceux et toutes celles qui ont eu à fournir des efforts remarquables pour arriver à ce protocole. En  ce qui nous concerne au niveau du tribunal de première instance de Nzérékoré et des justices de paix, nous ne ménagerons aucun effort pour que l’application strict de ce protocole soit efficace », a-t-il promis.

36978808_2115007655410769_445955448005197824_n.jpgA Kankan,  la cérémonie de vulgarisation a réuni le vendredi 6 juillet dernier les autorités administratives régionales, des cadres des départements de la santé et de la justice, ainsi que certains responsables du CICR.

Dr  Popol  Lobo Biduaya, Médecin détention au compte du comité international de la croix-rouge a expliqué que cette initiative résulte d’une recommandation de l’OMS (organisation mondiale de la santé).  « L’idée est partie d’une  recommandation de l’OMS (…)  qui dit qu’il faudrait absolument que la santé des détenus soit prise en charge par le ministère de tutelle en l’occurrence le ministère de la santé. Alors qu’auparavant, c’est le ministère de la justice qui prenait en charge à la fois la restauration et la santé des détenus, avec l’assistance du comité international  de la croix rouge », a-t- il expliqué, indiquant qu’une série de changements a été observée notamment dans l’affectation des agents de la santé qui seront pris en charge par la fonction publique, l’octroi  des médicaments ainsi que des consommables  pour leur permettre d’offrir des soins de qualité aux détenus  et le  renforcement de capacité des ces agents de la santé.

Pour sa part, Dr Mariame Barry coordinatrice du programme santé mentale, membre du comité de suivi de ce protocole a promis de suivre strictement le projet et surtout de faire appliquer so contenu en sensibilisant les cadres des ministères  de la santé et de la justice pour rendre efficace la mise en œuvre effective des articles qui seront définis.

36988174_2115007275410807_2669974919298678784_n.jpgLe Procureur de la République près du tribunal de première instance de Kankan, Ibrahima Kabelé Bangoura, a soutenu que tous les citoyens ont droit à la santé y compris les détenus.  « L’Etat a le droit de s’occuper de la santé des détenus tout comme il a le droit de participation à la santé et au bien-être de tous les citoyens », a observé le procureur de la République  près le TPI de Kankan.

Saluant cette initiative du CICR, le Gouverneur de la région de Kankan, le Général  Mohamed GHARE  a lancé un appel a l’endroit du ministère de la justice afin d’assurer la rénovation et l’extension des infrastructures pénitentiaires du pays.  « Il serait  bon et souhaitable que dans chacune de nos régions naturelles, que les bâtiments qui reçoivent la population carcérale soit rénovée et qu’il y ait une extension, parce qu’il ne s’agit pas seulement de soigner les prisonniers mais il faut voir les conditions dans lesquelles ils se trouvent. Ces conditions doivent être améliorées », a formulé le Gouverneur de la région de Kankan.

A noter qu’un comité de suivi composé de huit (8) membres dont quatre par départements a été mis en place pour veiller à l’exécution correcte du contenu de l’accord.

 

Une synthèse du réseau des correspondants d’Africaguinee.com

Dans les régions de Kankan et Nzérékoré

(Amadou Oury Souare, Paul Formo Sakouvogui)

Créé le Mardi 10 juillet 2018 à 14:26

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