Alpha Ibrahima Keira avertit : « l’opposition n’a qu’à manifester… » (interview)

Sécurité et protection civile
Alpha Ibrahima Keira, ministre de la Sécurité et de la protection civile
Alpha Ibrahima Keira, ministre de la Sécurité et de la protection civile

CONAKRY- Face au tollé qu’a suscité la décision du Ministre de la Sécurité d’interdire la circulation des Motos dans le centre administratif et des Affaires de Conakry, Alpha Ibrahima Keira, a donné quelques explications.

Le tout nouveau chef de  département de la sécurité et de la protection civile dans une interview à bâton-rompu qu’il a accordé à notre rédaction est aussi revenu sur la cause des accidents de circulation qui sont devenus récurrents dans le pays ainsi que les mesures envisagées pour freiner ce fléau.Il s’est aussi penché sur la prochaine marche projetée par l’opposition guinéenne. Lisez plutôt !!!

AFRICAGUINEE.COM : Monsieur le  Ministre, vous venez de prendre une décision interdisant la circulation des engins à deux roues dans la commune de Kaloum. Mais cette décision ne semble pas faire l’unanimité au sein de l’opinion. Quelles sont vos motivations ?

ALPHA IBRAHIMA KEIRA : C’est une décision qui ne demande pas à  faire l’unanimité puisque ce n’est pas un referendum. Pour appliquer une loi de la République est-ce qu’il faut  que l’unanimité se fasse ? Si les gens ne sont pas contents puisqu’on n’est dans une République il y a des voies règlementaires auxquelles ils peuvent faire recours. Pour  le moment nous sommes obligés et  sommes tenus de respecter les lois du pays  puisque ce n’est pas une décision unilatérale.

Mais Monsieur le ministre les Moto-Taxis font partie de l’environnement des transports en commun dans la capitale guinéenne et ils aident à la fluidité des déplacements quand-même...

C’est vrai que par endroit ces taxis  rendent d’énormes services aux populations, chacun a quand-même un intérêt là-dedans (…), mais si le Ministère des Transports règlemente le cadre d’exploitation de cela nous serons obligés  en tant que citoyens et républicains légalistes de respecter  cette décision. Pourtant tout le monde sait d’ailleurs ce que font les taxi-motos dans la circulation, ce n’est un secret pour personne. Ceux qui s’y opposent d’ailleurs peuvent être victimes du mauvais comportement de ces conducteurs de mototaxis.

Cette décision s’applique-t-elle à toutes les motos qui seront dans la presqu’ile du Kaloum ?

Nous n’avons pas interdit à toutes les motos d’accéder dans la presqu’ile de Kaloum mais plutôt les Moto-Taxis. L’on ne peut pas interdire à un travailleur qui possède une moto de ne pas  conduire son engin  pour son rendre à son lieu de travail (…), nous n’avons jamais interdit cela. Si tout le monde dit qu’il va  manifester parce qu’on a appliqué la loi, c’est vraiment peine perdue. 

Est-ce que cette décision s’inscrit-elle dans la durée ?

C’est une réglementation, il est dit dans l’arrêté qui autorise les Moto-Taxis en Guinée qu’on peut exploiter ces engins partout en Guinée sauf dans la commune de Kaloum. Donc l’arrêté qui crée et qui réglemente cette activité décide cela et c’est en connaissance de cause que l’utilisateur se hasarde dans cette activité. Voulez-vous que l’on fasse fi de cette interdiction ? C’est cette proscription formelle qui existe dans  la réglementation en la matière que nous nous sommes fait le devoir de rappeler.

Donc ce qui veut dire que cet acte entre en vigueur comme prévu la semaine prochaine ?

Nous venons d’être informé hier nuit par un communiqué du ministère de l’Education que les examens vont commencer Lundi. Alors pour permettre un bon déroulement des examens nous allons surseoir  par un communiqué à la rentrée en vigueur de cette disposition jusqu’à la fin des examens et de donner le temps pour faire une sensibilisation  à l’endroit des citoyens. Nous allons par la suite montrer aux uns et aux autres la nécessité de respecter cette restriction.

L’opposition guinéenne aussi souhaite battre le pavé dans les prochains jours. Vous aviez dit il y a quelques semaines que la récréation était terminée. Est-ce qu’on peut s’attendre à un niet catégorique de votre part pour empêcher toute marche ?

Cette opposition a toujours manifesté en Guinée, ce n’est pas un fait nouveau. Ils n’ont qu’à le faire puisque c’est un droit constitutionnel. Mais quand il y a des lois, il faut bien qu’il y ait quelqu’un pour les faire appliquer cela est indéniable.

Les accidents de circulation font rage dans le pays. En tant que nouveau ministre de la sécurité et de la protection civile, quelles mesures envisagez-vous pour limiter ce fléau qui emporte de plus en plus de citoyens ?

Toutes les instances décisionnelles  en commun accord doivent fournir assez d’efforts  pédagogiques pour que les citoyens comprennent qu’il faut respecter le code de la route. Il ne faut pas être désinvolte sur la chaussée. Si l’on respecte cela nous aurons moins d’accidents. La visite technique certes est importante mais moi ce qui est essentiel  à mes yeux c’est  de respecter les règles de la conduite dans beaucoup de cas nous pourrons éviter les accidents.

La visite technique dans ce cas pourrait-elle être une solution pour freiner ce phénomène ?

Vous pouvez faire la visite technique et qu’on vous dise que votre véhicule est en bon état mais si vous filer et ne respecter pas le code de route forcement vous allez commettre l’irréparable.

Votre dernier mot ?

J’en appelle au sens du civisme et de patriotisme de tout un chacun. Quand il y a des lois, il faut bien que les gens les respectent, c’est cela un Etat de droit où tout le monde y trouve son compte. En retour en tant que républicain nous sommes dans le devoir de les faire appliquer  dans toutes leurs rigueurs et  cela est indéniable.

 

Interview réalisée par BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 113

Créé le Samedi 23 juin 2018 à 17:56