Scandale au projet Coton de Kankan: l'avenir de la filière cotonnière en danger...

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Projet coton
Transformation du coton -image d'archive-
Transformation du coton -image d'archive-

KANKAN-Que se passe-t-il au Projet Coton de Kankan ? Les travailleurs de l’usine de coton de Kankan appelé désormais ‘’projet coton’’ tirent le diable par la queue. Ils sont privés  de salaires depuis un certains temps. Les paysans aussi constitués en fédération n’entrent plus en  possession de leurs revenus. Les responsables de l’usine gardent le silence face à cette situation.

Aujourd’hui, bon nombre des travailleurs craignent le gel de leurs salaires. En effet, depuis le passage d’une mission d’audit venue du ministère de l’agriculture qui aurait décelé des malversations et suffisamment de manquements dans la gestion du projet coton, les travailleurs retiennent leur souffle. L’usine ne fonctionne plus en plein temps. Une réalité très difficile pour les nombreux travailleurs. Aujourd’hui, cette unité industrielle ouverte en 1981 est dans la tourmente. Les travailleurs sont sevrés de salaires depuis le mois de Mai. Une première selon eux.

  «  Au début du mois de Mai, une mission d’audit est venue du ministère de l’agriculture. La mission a décelé beaucoup de manquement : des malversations par-ci et par- là. Il  y avait des trous partout. Ça fait partie de ce qui a précipité le départ de Jacqueline Sultan à l’agriculture. Le même problème se répercute. À l’heure qu’il fait nous sommes en transition, le directeur de l’usine va endosser les conséquences, je pense qu’un autre va venir. Mais c’est nous les travailleurs qui avons récolté les conséquences parce que nos salaires ont été gelés. Nous avons  une prime d’égrenage, qui reste impayée. Il y a une autre prime exceptionnelle qu’on appelle prime graine coton après-vente. Celle-ci aussi est non payée à date. L’augmentation de salaires à 40% accordés à tous les fonctionnaires de l’Etat, pour le moment nous n’avons perçu que 20% fins mars », a confié BS employé de l’usine.

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Il explique que l’incendie enregistré récemment à l’usine est un acte criminel visant à brouiller les pistes au comité d’audit.

 «  L’incendie qui avait eu lieu ici, les sources sont toujours inconnues (…). Nous avons sur place ici une  section appelée sécurité incendie qui veille strictement aux balles de coton déjà confectionnées et classées. Ce sont ces balles qui ont pris feu. C’est une situation inexplicable. Les responsables ont soupçonné quelques choses avant l’arrivée de la mission d’audit. L’incendie a été enregistré, un mois après la mission est venue. En tout cas nous estimons que cet incendie a été bien organisé pour justifier certains manques au niveau de l’usine. Mais comme je ne suis  pas de la comptabilité, je ne peux vous dire l’étendue des manques à gagner. Je sais qu’au retour de la mission d’audit à Conakry nos salaires ont été gelés  et nous y sommes pour rien», explique ce travailleur.

A la direction des ressources humaines du projet coton, l’on estime que les salaires des travailleurs sont importants, mais la pérennité de l’usine reste fondamentale.

 « Nous ne sommes pas encore payés depuis le mois passé. Depuis toujours nous sommes payés entre le 25 et 30 du mois. Mais après le passage de la mission d’audit, la direction était mise à côté. C’est vrai nos salaires nous intéressent mais ce qui est beaucoup plus préoccupant c’est le cas des paysans qui n’ont pas perçus leurs revenus. Ça ne les motive pas  de reconduire la culture cotonnière. S’ils ne sont pas payés pour la production de l’année dernière, ils ne peuvent pas continuer pour cette année. Donc c’est difficile pour les paysans et toute la fédération. L’avenir est incertaine pour pérenniser la filière coton en Guinée. Maintenant que les salaires sont bloqués on dit que ça va aller mais les cotonniers en souffrent. Certains cotonniers sont payés en partie mais d’autres endroits comme Sinko ce n’est pas le cas,  ce n’est pas rose. Ils ne veulent pas reconduire dans ces conditions. On est  inquiet parce que nous sommes là il y a 30 ans (…). Les travailleurs permanent sont au nombre de 203, les journaliers sont au moins 150 pendant la production »  a expliqué Ahmadou Kaba, directeur des ressources humaines.

 Les stocks de l’usine sont menacés par les intempéries « Actuellement le coton commence à être endommagé par les intempéries. Cela joue sur la qualité du coton. La moisissure commence à atteindre le coton profondément »,  alerte le directeur des ressources humaines de l’usine de coton de Kankan.

Le directeur général adjoint de l’usine, Bakary Kaba que nous avons joint au téléphone n’a pas daigné répondre à nos questions. Il en est de même pour la ministre de l’agriculture Mme Mariam Soguipah qui n’a pas donné suite à notre appel malgré notre insistance sur la question.

A suivre…

Alpha Ousmane Bah

Pour africaguinée.com

Tel. (00224) 664 93 45 45

Créé le Lundi 11 juin 2018 à 12:31

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