Le coup de fil «terrible» de Macron à Trump

Facebook icon Twitter icon
Trump

La conversation entre les présidents français et américain à propos des taxes sur l'acier et l'aluminium a été musclée, selon «CNN».

Jeudi soir, le président français a appelé Donald Trump pour lui dire que sa décision d'imposer à l'Europe des taxes sur l'acier et l'aluminium était «illégale», «une erreur» et que l'UE riposterait. La Maison-Blanche et l'Élysée avaient rendu publique sans commentaires cette conversation entre les deux hommes qui affichent une solide amitié. Mais une source a confié à CNN que l'échange avait été «terrible» car «Macron pensait qu'il pourrait exprimer le fond de sa pensée, vu leurs relations» mais que «Trump n'a pas supporté d'être critiqué de la sorte».

Taxe sur l'acier: l'UE promet de riposter

Ce que le président français s'est catégoriquement refusé à confirmer. «Je n'ai jamais raconté les coulisses», a répliqué le chef de l'État, interrogé lors d'une conférence de presse mardi à Paris avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. «Parce que comme l'a dit Bismarck, si on expliquait aux gens la recette des saucisses, il n'est pas sûr qu'ils continueraient à en manger!» «Je suis attaché à ce que les gens voient le plat servi mais je ne suis pas persuadé que le commentaire de la cuisine aide au bon service du plat ou à sa bonne consommation. Des gens parlaient du coup de fil, ils ne viennent pas de chez moi!», a-t-il tranché.

Dialogue «franc»

«Nous à Paris, on n'a pas l'habitude de faire du commentaire de comment ça s'est passé, si c'est chaud, si c'est froid, si c'est chaleureux, si c'est terrible... On fait et on avance». Il a juste reconnu que le dialogue avait été «franc». «J'aurai à nouveau lors du G7 une discussion utile et franche avec le président Trump, comme j'en ai depuis le premier jour», a-t-il dit, à la veille de son départ pour le Canada pour un sommet du G7 vendredi et samedi.

Le Premier ministre israélien connaissait visiblement les saucisses bismarckiennes. «Je suis d'accord, il n'est pas toujours positif de raconter le contenu de discussions. Bismarck a dit: on ne montre pas en bonne compagnie comment on fabrique les saucisses et comment on fait de la politique», a-t-il souri. Et, en citant à son tour, d'ajouter : «Woodrow Wilson, après la Première guerre mondiale, a dit qu'il croyait aux politiques ouvertes auxquelles on parvient ouvertement. Moi je crois à des politiques ouvertes auxquelles on parvient secrètement, car cela profite aux négociations si elles restent confidentielles».

AFP

 

Créé le Mercredi 06 juin 2018 à 23:04

Facebook icon
Twitter icon
Google icon