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L’enfer des migrants au Maghreb : plusieurs guinéens tués en Algérie…

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Immigration clandestine
Image d'illustration
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KANKAN- L’enfer continue pour les migrants subsahariens dans certains pays d’Afrique du nord. Plusieurs jeunes  guinéens voulant rallier l’Europe ont été tués dans des conditions affreuses en Algérie, a appris Africaguinee.com de plusieurs témoins, rentrés du Maghreb.

Plus de 400 migrants guinéens en provenance de l'Algérie et la Libye sont arrivés à Kankan où ils ont été accueillis  par la base locale de l'OIM (organisation internationale pour les migrations).

Ces migrants pour la plus part des jeunes ont raconté à Africaguinee.com les faits tragiques qu’ils ont vécus. Traitements inhumain, esclavage, brigandage…assassinat étaient leur quotidien. Ils se sont confiés à notre correspondant basé en haute Guinée.

Sékou Condé originaire de N'Zérékoré raconte avoir perdu un de ses amis venant de la préfecture de Beyla. " En Algérie quand tu travailles, on ne te paye pas. On nous frappe des fois même on poignarde certains. J'ai un ami qui a été tué à Brigadem, un quartier d'Alger, il est originaire de Beyla. Il s'appelle Moussa Camara’’, a raconté le jeune homme.

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Pour sa part Youssouf Camara, jeune élève et footballeur a quitté Conakry dans le but de tenter une aventure en football en Europe. Mais arrivé en Algérie son rêve a été brisé. Il raconte que pendant deux ans il n'est jamais rentré dans une maison. Il passait jour et nuit dans des chantiers avec ses amis où l'un d'entre eux sera tué lors d’une opération de rapatriement.

" Il n’y a pas des maisons pour les migrants en Algérie on passait le jour et la nuit dans les chantiers. Lors des rafles pour le rapatriement, lorsque les gendarmes sont venus, ils nous ont arrêté. Certains la journée à 14 heures et d'autres la nuit à 20 heures. Dans cette vaste opération de chasse à l’homme, un de nos amis est tombé de l'étage. Les gendarmes l'on suivi armés de couteaux, il a fui et dans la fuite il est tombé du troisième étage. Il est guinéen, j'ai oublié son nom mais c'est un soussou  père de trois enfants’’, explique Youssouf.

Alpha Bacar Camara diplômé en Administration publique a dû quitter la Guinée à la fin de ses études parce qu'il n'avait pas trouvé de stage à plus forte raison un emploi. Sa mésaventure a commencé à Bamako, quand des guinéens l'on vendu à un jeune vivant au nord du Mali du nom de Moussa 11. Ce dernier l’a mis à la disposition des rebelles et finalement il va se retrouver en Algérie. Arrivé là-bas il était contraint de travailler dans les chantiers en tant qu’ouvrier au compte d'une société turque du nom de  Dek-IN-SAN.

« Ils nous ont exploités des années sans nous payer et plusieurs subsahariens ont été poignardés, d'autres tués là-bas moi c'est Dieu qui m'a sauvé. Il y a un ivoirien qui était parti à la superette où il s’est fait arrêter par cinq Algériens qui sont venus armés de couteaux. Ils l'ont poignardé à plusieurs endroits du corps. Il a porté plainte, mais sa plainte n’a pas été acceptée. En Algérie, ce n'est pas une affaire de migrants mais de noirs. A Borss Benmouctar entre l'Algérie et le Mali à la frontière, des noirs ont été persécutés là-bas, trois ont rendu l'âme mais je ne connais pas leur identités ", témoigne cet autre candidat malheureux à l’immigration clandestine.

A noter que ces migrants sont arrivés à bord de véhicules. Ils débarquent par vague depuis la semaine dernière. Plus de 400 migrants en provenance de la Lybie et d’Algérie ont été reçus dans la savane guinéenne. D’autres arrivées sont encore attendues.

A suivre…

De Kankan, Amadou Oury Souaré

Pour Africaguinee.com

Tel: (+224) 656 44 26 28 

 

Créé le Samedi 26 mai 2018 à 9:40

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