Série de Kidnappings à Conakry : Général Boubacar Kassé de la police précise…

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Interview
Général Boubacar Kasse, Porte-Parole de la police nationale
Général Boubacar Kasse, Porte-Parole de la police nationale

CONAKRY- Quels sont les derniers éléments d’informations dont dispose les services de sécurité au sujet des derniers cas de kidnapping à Conakry ? Comment Mohamed Mattar, ce commerçant libanais qui avait été enlevé le samedi 19 mai dernier a été libéré des mains de ses ravisseurs ? Notre rédaction a interrogé le Général Boubacar Kassé, le porte-parole de la police nationale. Dans cet entretien exclusif accordé à notre rédaction, cet officier de la police nationale lance un appel à l’endroit des populations. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Le vendredi 18 mai dernier un nouveau cas de kidnapping a été signalé à Conakry. Peut-on savoir dans quelles circonstances cet enlèvement a-t-il eu lieu ? 

GENERAL BOUBACAR KASSE : Je vous parlerai de deux cas d’enlèvements que nous avons enregistrés le vendredi et le samedi à Conakry. Celui du vendredi s’est passé aux environs de 23heures. Des individus seraient venus à bord d’une voiture Nissan Almera de couleur grise immatriculée 53 29 U au niveau de la Tannerie dans la commune de Matoto. Ils se sont attaqués à une autre voiture Pick-up de couleur blanche dans laquelle se trouvait un individu. Ils ont abandonné la Nissan Almera pour s’engouffrer à bord du Pick-up pour disparaître dans la nature en compagnie de l’occupant. 

Tout de suite les services de sécurité ont été informés. La BAC (brigade anti criminalité) numéro 1 s’est rendue sur les lieux. Ils ont trouvé au bord de la voiture Nissan Almera une carte grise d’une autre voiture d’un certain Ousmane Sako. Il s’agit d’une Mercédès RC 38 79 C. Au niveau de la Direction de la police judicaire en rapport avec les BAC, les services de sécurité, des enquêtes sont ouvertes pour essayer de rechercher cet individu. 

Le deuxième cas de kidnapping est intervenu dans la journée du samedi 19 mai. Aux environs de 12h 15’, le Directeur National de la Police Judiciaire a été informé d’un cas de kidnapping par un sujet libanais du nom de Aly qui l’a informé de l’enlèvement de son frère du nom de Mohamed Mattar, commerçant qui se trouverait détenu dans un bâtiment à étage du côté de Dixinn. Tout de suite, des instructions expresses ont été données dans la promptitude la plus absolue. Une mission s’est rendue sur les lieux où elle a effectivement trouvé Mohamed Mattar ligoté. 

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Qu’est-ce qui s’est passé ? Des individus (des marocains et un guinéen) l’ont appelé au téléphone l’invitant à se rendre à ce lieu. A l’issue de leur entretien, ils ont décidé de le garder. Il a été ligoté et on lui a demandé la somme de 100.000 dollars. On l’a laissé là. Mais le neveu du propriétaire des lieux qui venait rendre visite à son oncle a croisé les deux sujets qui descendaient. Il a constaté l’absence de son oncle et au même moment il a constaté qu’il y avait du bruit là-haut. Il s’est dit qu’il se pourrait que ce soit son oncle qui effectuait des travaux. Il est monté. Etant sur les lieux, c’est le bruit d’un individu qui tapait la porte pour dire au secours, sauvez-moi, je suis enlevé, informez la police qu’il a entendu (…). La police est venue. C’est ainsi que nous avons pu le retrouver sain et sauf. Mais sa voiture a été enlevée. Tout de suite des enquêtes ont été ouvertes. Son véhicule a été retrouvé abandonné à la Minière. 

Pour le moment, on ne peut pas vous en dire plus. Nous sommes sur les enquêtes pour pouvoir mettre main sur le ou les présumés auteurs de ce kidnapping. 

Revenant sur le premier cas qui est survenu à 23heures à Matoto, est-ce que vous avez pu avoir des renseignements sur l’identité de la personne qui a été enlevée ? 

Jusqu’au moment où nous parlons, je n’ai pas encore une information. Dès que nous aurons des informations sur l’identité de la personne enlevée ou sur le lieu même de sa détention, nous vous tiendrons informé. 

Est-ce que vous avez reçu une alerte de disparition ? 

Non personne ne s’est manifesté pour le moment, à ma connaissance. Nous travaillons inlassablement avec la direction nationale de la police judiciaire, le commissariat central de Matoto où l’enlèvement a eu lieu et le coordinateur des BAC. Dès lors que nous aurons des informations que nous pouvons mettre à votre disposition, on le fera. 

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Nous invitons les membres de la famille de la personne à bord de ce véhicule à se mettre en relation avec nous s’ils constatent l’absence de leur proche. Nous sommes entièrement à leur disposition au cas où ils auraient des informations plausibles et exploitables. Ils peuvent nous joindre aux numéros suivants : 655 60 63 44627 88 36 65, 628 70 85 86. Pour que nous puissions recevoir des indices qui peuvent nous mettre sur le chemin des enquêtes.

Le libanais qui a été kidnappé le samedi avait-il payé les 100.000 dollars ? 

Non il n’a pas payé. Dès que les autres ont quitté, tout de suite la police est intervenue. Nous sommes sur les enquêtes. 

Comment expliquez-vous cette nouvelle forme d’insécurité à Conakry ? 

Le monde est devenu un village planétaire. Ce qui se passe chez les autres, on est au courant à la seconde près. Les modus-operandis de ce genre d’enlèvement dans d’autres cieux, les gens en ont connaissance, ils peuvent mettre ça en exécution dans notre pays. Nous lançons une invite aux citoyens dans les quartiers, s’ils constatent des comportements douteux de certains individus, il est de leur devoir d’informer les responsables des quartiers, les services de sécurité. Nous stratégie, c’est de mettre les citoyens au sein du dispositif de sécurité pour leur propre sécurité. En nous donnant des informations plausibles, qu’on peut exploiter à temps. Mais si nous n’avons pas ces renseignements à temps, il va sans dire que c’est après la commission des actes qu’on interviendra. 

Nous invitons l’ensemble des citoyens à nous faire confiance, à collaborer sincèrement avec les services de sécurité. Vous avez vu le cas de Mattar Mohamed, dès lors que le directeur national de la police judiciaire a été informé, il a dépêché une équipe tout de suite. Les enquêtes continuent, nous pensons que dans les jours à venir, nous allons pouvoir clôturer cette enquête. 

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112

Créé le Mardi 22 mai 2018 à 16:32

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