Alpha Condé : « le paradoxe de la Guinée… »

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Gouvernance en Guinée
Alpha Condé, le Président de la République de Guinée
Alpha Condé, le Président de la République de Guinée

NZEREKORE-Alors qu'il tend vers la fin de son dernier mandat présidentiel, le dirigeant guinéen Alpha Condé ne cesse de faire de nouvelles promesses à ses compatriotes. En déplacement dans la région forestière, le Chef de l'État n’a pas dérogé à ses habitudes. Décryptage.

"Pourquoi nous importons du riz? C'est ça le paradoxe de la Guinée. On doit mettre fin à ce paradoxe en produisant non seulement du riz pour nous, mais pour nos voisins du désert. Mais ce qu’on n’avait pas prévu à l'époque, c'est des cultures de rentes. Car les cultures vivrières permettent au paysan de nourrir sa famille, mais ne lui permet pas d'avoir de ressources suffisantes pour construire sa maison, envoyer ses enfants à l’école », observe le Chef de l’Etat promettant qu’il prendra des mesures pour la mécanisation de l’agriculture.

Construction de quatre usines…

« L'essentiel de nos paysans travaille à la main. La mécanisation c'est non seulement des tracteurs pour cultiver, mais aussi des machines batteuses, d'où les rizeries. Nous sommes en train de construire 4 usines actuellement. Une à Beyla, une à Madiana, une à siguiri et une à Kouroussa. Chaque rizerie peut transformer par heure 5 tonnes de riz paddy en riz net. En dehors de cela, nous avons fait venir 300 décortiqueuses de la Chine et du Brésil. Chacune d’elle peut transformer 4 tonnes de riz paddy  par jour. On va distribuer dans les villages pour qu’aucun riz paddy ne reste dans les mains des braves femmes. Evidemment quand le paysan produit, il faut qu'il puisse emmagasiner. D'où les magasins. Ensuite il faut qu'il amène au marché, d'où les pistes rurales. Le grand problème du paysan aussi c'est des intermédiaires. Nous voulons diminuer les intermédiaires en créant des groupements d'intérêt économique. Ce sont des groupements de paysans qui auront le financement de la banque leur permettant de commercialiser leurs produits eux-mêmes’’ a déroulé Alpha Condé.

Programme d’irrigation…

Le président de la République annonce qu’il a programme d’irrigation dans les préfectures de Gueckedou, Kissidougou et Macenta. Pour le faire, il compte sur le barrage de Foumi dont les travaux de construction n’ont pas encore démarré.  

« Le premier avantage de Foumi, c'est qu'il va élever le niveau du fleuve Niger, et on peut aller de Kankan à Bamako par bateau. Mais l'avantage le plus important c'est l'irrigation. Le barrage de Foumi peut permettre d'irriguer au moins 50 à 100.000 hectares en Guinée. La même chose au Mali, Niger, Nigeria, et au Tchad. Voilà l'importance du barrage de Foumi sur le plan de l'agriculture. C'est pourquoi il est extrêmement important de faire ce barrage. Ensuite la transformation. On produit beaucoup de pomme de terre surtout au Foutah. Nous devons transformer tous nos produits localement en produit industriel. Pour ne plus avoir à vendre du produit brut », note-t-il.

Création de cinq plateformes de transformation…

Alpha Condé informe qu’il va faire cinq (5) plateformes de transformation en Guinée dont une en Basse Guinée qui sera basée sur le riz, le palmier à huile, l'anacarde et les fruits. Une au Foutah sur la culture du fonio, les agrumes etc. Une en Haute Guinée qui sera basée sur le riz, l'anacarde et le coton. Une en Forêt basée sur le riz le café, le cacao, le palmier à huile etc. La cinquième plateforme de transformation sera axée sur la canne à sucre à Bagna (Faranah).

« La canne à sucre avec la biomasse donne le courant. Donc à partir de là on peut faire une cinquième plateforme qui produira à Dinguiraye, Dabola, Kouroussa et Faranah pour produire l'arachide, le maïs et le manioc. (…) Donc si nous devons maintenant parler de nos agricultures, on doit plus parler de l'agriculture simple mais de l'agro-industrie. C'est-à-dire produit transformés et commercialisés. Parce que nous ne serons plus producteurs de matière première agricole mais de produit fini. Nous allons installer une usine à Timbi Madina, une à Mamou et une à Kouroussa et à Conakry pour transformer les pommes de terre en fruite. On aura des usines d'anacarde à Conakry, transformer les noix d'acajou en produit supérieur ", a encore promis  le Chef de l’Etat.

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d'africaguinée.com

A Nzérékoré

Tél: (00224) 628 80 17 43

 

Créé le Mardi 15 mai 2018 à 12:16

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