Au moins 52 Palestiniens tués à Gaza le jour de l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem

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Jérusalem

À quelques dizaines de kilomètres de Jérusalem où a été inaugurée ce lundi après-midi la nouvelle ambassade américaine, des affrontements ont éclaté dans la bande de Gaza aux abords de la frontière israélienne entre manifestants palestiniens et soldats israéliens.

Au moins 52 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, selon le dernier bilan donné par le ministère de la Santé local. Parmi eux, "huit enfants de moins de 16 ans", précise un ambassadeur palestinien à l'ONU. Il y a 2200 blessés, dont la moitié par des tirs de balles réelles.

Ces décès font de cette journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 dans l'enclave. Mahmoud Abbas dénonce un "massacre" israélien et refuse toute médiation de paix américaine. "Les États-Unis ne sont plus un médiateur au Moyen-Orient", a-t-il aussi déclaré à Ramallah, devant la direction palestinienne, qualifiant l'ambassade américaine de "nouveau poste avancé de la colonisation".

Il a annoncé trois jours de deuil dans les Territoires palestiniens et une grève générale ce mardi, jour où les Palestiniens marquent la "Nakba", la catastrophe que représente pour eux la création en 1948 de l'État d'Israël.

Des milliers de Palestiniens sont rassemblés à quelque distance de la frontière. Certains groupes se sont détachés pour lancer des projectiles de fortune en direction des soldats et tenter de forcer, au péril de leur vie, la barrière frontalière lourdement gardée par les tireurs israéliens.

L'armée israélienne avait largué auparavant des tracts mettant en garde les Gazaouis: "Vous prenez part à des rassemblements violents au risque de votre vie (...) Ne laissez pas le Hamas, de la manière la plus cynique, se servir de vous comme ses jouets".

Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu que l'armée emploierait "tous les moyens" pour défendre la frontière, les soldats et les civils israéliens riverains de l'enclave.

Bilal Fasayfes, 31 ans, a pris avec son épouse et ses deux enfants un des bus affrétés à Khan Younès (sud de Gaza) pour emmener les Gazaouis à la frontière. "On se fiche que la moitié des gens se fassent tuer, on continuera à y aller (à la frontière) pour que l'autre moitié vive dignement", dit-il.

La colère des Palestiniens gronde

Outre l'opposition au transfert de l'ambassade, les Palestiniens protestent aussi contre le blocus de Gaza et l'occupation. L'armée israélienne a dénié le caractère pacifiste de la mobilisation la qualifiant "d'opération terroriste" conduite par le Hamas, qui gouverne l'enclave palestinienne et auquel il a livré trois guerres.

L'armée israélienne redoute un enfoncement de la barrière frontalière. Elle a déclaré la périphérie de Gaza zone militaire close. Elle a pratiquement doublé ses effectifs combattants autour de l'enclave et en Cisjordanie occupée, où sont annoncés des rassemblements.

De son côté, la Turquie estime que les États-Unis partageaient la responsabilité du massacre : "L'administration américaine est autant responsable qu'Israël de ce massacre", a déclaré le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag, sur Twitter.

Un grand jour pour Israël

Au moment où le bilan s'alourdissait d'heure en heure, le président américain Donald Trump saluait le transfert à Jérusalem de l'ambassade des États-Unis comme "un grand jour pour Israël", et soulignait sur Twitter que la chaîne de télévision Fox, qu'il regarde assidûment tous les matins, retransmettrait la cérémonie en direct.

AFP

Créé le Lundi 14 mai 2018 à 20:22

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