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Exploitation domestique des enfants : une préoccupante réalité en Guinée…

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Reportage

CONAKRY- L’exploitation domestique des enfants est devenue un phénomène inquiétant en Guinée. En majorité des filles, ces mineures sont victimes de violences et menaces par leur tuteur. La plupart de ces domestiques sont privés d’école et n’apprennent pas un métier. constaté africaguinee.com.

C’est le cas de cette fille âgée de 13 ans, résidente au quartier Entag. Visage crispé, elle nous a raconté les menaces et blessures qu’elle a subies chez sa tante qui refuse de l’envoyer à l’école. 

« Ma tante était partie me prendre chez ma mère au village en disant qu’elle veut m’envoyer à Conakry pour que je fasse la couture. Mais arrivée ici, tous les matins, elle me dit de laver la maison, faire la cuisine. Et le soir elle dit d’aller vendre l’eau glacée au bord de la route en me disant que les bénéfices je vais acheter des habits et chaussures.  Tous ses enfants vont à l’école, moi je suis à la maison. Un jour, j’ai refusé de faire les travaux en lui disant de me ramener chez mes parents. Elle m’a frappé et blessé au niveau du doigt. Elle me dit de ne plus refaire ça et j’ai peur», s’est lamentée A.C qui se méfie de se livrer à la presse pour la simple raison que sa tutrice l’a interdit de parler à autrui.  

Du côté de la Direction Nationale de l’Enfance au ministère de l’Action Social, de Promotion Féminine et de l’Enfance, on soutient que des mesures d’alerte ont é té prises pour lutter contre ce genre de pratique.

« Nous avons des mécanismes d’alerte à base communautaire. Lorsqu’il y a un fait qui se déclare nous allons interroger à travers les enquêtes sociales. Quand cela atteint une proportion grave, nous déclenchons le mécanisme de justice. Et nous nous battons pour que l’enfant se retourne chez ses parents ou essayer de le réinsérer à l’école ou dans un métier. Je ne dis pas que c’est satisfaisant sinon des enfants ne seraient pas encore dans la rue. Mais, il faut s’interroger sur la responsabilité des parents », a indiqué Akoyé Hector Guilavogui, Responsable de la Division Protection de l’Enfant à la Direction Nationale de l’Enfance. 

Aucune statistique n’est disponible en Guinée sur l’exploitation des enfants. Selon la direction nationale de l’enfance ce phénomène est conjoncturel est saisonnier.

« C’est vrai que nous aurions fait des études pour connaitre la tendance. Mais nous avons réinsérer plusieurs enfants de rue dans les activités sportives et des métiers », a ajouté Monsieur Guilavogui.

Pour Monsieur Muyimona Kabouya, professeur de Droit, il y a des textes de loi qui existent pour protéger ces enfants qui sont en danger. Il déplore le manque d’application du code de protection des enfants par l’Etat guinéen.

« Il y a un manque d’application de la loi, parce que ceux qui sont censés protéger les enfants ne le font pas. Aujourd’hui, des viols et violences sur enfants ont pris de l’ampleur dans notre pays, c’est   parce qu’il n’y a pas de prévention. L’Etat doit faire la prévention », a conseillé M. Kabouya.

Selon le code de l’enfant guinéen en son article 386 : « Est puni d’un emprisonnement de 3 à 10 ans  et d’une amende de 1.000.000 à 3.500.000 francs guinéens,  tout auteur ou complice convaincu de traite d’enfants ».

 

BAH Aissatou

Pour africaguinee.com

Tél : (00224) 655 31 11 14

Créé le Mardi 08 mai 2018 à 11:30

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