Macenta : pourquoi les chrétiens ont été chassés à Lokpo?

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Société
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MACENTA-Pour les chrétiens ont été chassés du village de Lokpo, une bourgade de la sous-préfecture de Koyamah à la frontière guinéo-libérienne ? Depuis le 25 Février 2018, une mésentente existe entre les chrétiens qui ont été chassés de Lokpo et d’autres citoyens du même village, de confession animiste. 

Le président des ressortissants de Lokpo à Conakry et à l’extérieur du pays, qui a joint notre rédaction, a expliqué les dessous de cette mésentente dans ce village où la majorité des habitants est très ancrée dans l’animisme. 

 « Au village les gens sont un peu réticents quant à l’installation des chrétiens. Parce que pour eux, on ne partage pas les mêmes points de vue sur le plan religieux. La tradition dit qu’il y a la forêt sacrée et que tout le monde sans exception doit faire un tour surtout les garçons. Il y a une demeure au village où ils font leur réunion, les coutumes et tradition. La maison étant en lambeau, ils ont décidé de la renouveler. Pour la circonstance, ils ont demandé à tous les ressortissants de faire une contribution (...) le village avait été mobilisé. Le jour choisi pour la reconstruction malheureusement était un dimanche. Les chrétiens avaient leur prière. Mais les chrétiens de Lokpo savaient qu’il y’avait ces travaux-là en cours. Malgré tout, ils ont fait venir les chrétiens de deux villages voisins à savoir Malawou et Zéwoulomè. Il n’y a pas d’Eglise dans le village. Ils se réunissent dans une maison où ils font la prière. Ce jour, ils se sont réunis dans la maison, ils ont commencé à prier, à chanter et à taper le tam-tam. Les villageois ont envoyé un messager pour leur dire que la journée était consacrée à un travail d’intérêt villageois et que tout le monde devait être là sans exception. Les chrétiens ont dit qu’ils ne pouvaient pas parce que eux aussi c’était leur dimanche il faut qu’ils prient. Ce qui a irrité les villageois qui ont menacé d’aller casser leur maison (…) les gens ont gâté la porte où les chrétiens étaient et les ont pris. Ils ne les ont pas frappés mais ils ont attachés certains», a relaté Soropogui Siba Emile, président des ressortissants de Lokpo à Conakry et à l’extérieur du pays. 

Le bras de fer est entier. Pour le moment toutes les tentatives de négociations se sont soldées par un échec. Le chef de village de Lokpo qui a été joint ce jeudi 26 Avril 2018 a de son côté démenti toutes les accusations portées à leur encontre par les chrétiens. Il dit être prêts à accepter les chrétiens aujourd’hui dans le village. 

‘’Tout ce que les chrétiens ont porté contre nous est faux. Nous n’avons pas dit qu’on leur fera du mal. Nous n’avons pas menacé de détruire une église. Nous avons juste demandé que chaque chrétien reste dans son village pour leur affaire de prière. Nous sommes prêt à les accepter aujourd’hui, ils n’ont qu’à venir. Seulement nous n’acceptons pas certaines doctrines qui font totem à nos coutumes’’, a répondu Mr Soropogui Niankoye, chef de village de Lokpo. 

Interpellé sur la situation, Ifono Felix Fassa le chargé de l’organisation des collectivités de Macenta affirme qu’il y a un obstacle de taille à la réconciliation. Puisque chaque camp campe sur sa position. « La communauté de Lopko est restée sur sa décision, ils n’ont pas accepté que les chrétiens de Lokpo continuent à pratiquer leur religion. C’est tout il n’y a pas de fondement particulier. C’est que d’un côté les chrétiens veulent pratiquer leur religion, de l’autre côté le traditionalisme s’impose. Si non le vieux patriarche a accepté la démarche menée, il nous a promis que tout était entré en norme et que ses enfants qui sont devenus chrétiens pouvaient regagner le village », confie Monsieur Ifono.

A suivre !

 

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d’Africaguinée.com

A Nzérékoré

Tél. (00224) 628 80 17 43  

Créé le Dimanche 29 avril 2018 à 11:20

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