Contreperformance économique de la Guinée : Chérif Bah met le pied dans le plat d’Alpha Condé…

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Economie
Ibrahima Chérif Bah, vice-président de l'UFDG
Ibrahima Chérif Bah, vice-président de l'UFDG

CONAKRY- Qu’est-ce qui pourrait expliquer les contreperformances de la Guinée en matière économique ? Quelles mesures le Gouvernement devrait-il prendre pour redresser l’Economie guinéenne ? Ibrahima Chérif Bah, ancien gouverneur de la banque Centrale donne quelques explications. Dans cet entretien, le vice-président de l’UFDG donne quelques pistes de solutions au Gouvernement. A savoir: Bien gérer les impôts, la douane et tous les secteurs de l’économie, arrêter la corruption. En un mot stopper la mal gouvernance. 

 

AFRICAGUINEE.COM : M. IBRAHIMA CHERIF BAH, comment expliquez-vous les contreperformances économiques qui ont été relevées par le FMI qui vient de boucler une mission d’évaluation en Guinée ?

 

 IBRAHIMA CHERIF BAH : Nous n’avons encore vu le rapport du FMI, mais nous avons entendu les commentaires tant du côté du Gouvernement que des cadres du FMI. Effectivement l’économique guinéenne est en difficulté, on peut même dire qu’elle est sinistrée. Parce que si on regarde les mesures que le FMI propose, on peut savoir que le pays est en difficulté. Le manque de recettes et les dépenses additionnelles importantes sur autorisation de paiement (AP) qui sont extrabudgétaires et qui ont tout à fait bouleversé le budget de l’Etat en 2017. Le FMI dit qu’il faut trouver des recettes en cessant de subventionner EDG par exemple, en cessant les exonérations, en encaissant des recettes additionnelles. Voilà des rubriques qui indiquent que l’économie est en difficulté.

La subvention du côté EDG ; ce qui se passe, c’est que secteur de l’énergie a eu beaucoup d’investissements qui n’ont pas abouti à produire le nombre de mégawatts qu’il faut pour  servir les clients. Le Pr Alpha Condé a dit qu’il a dépensé près d’un milliard de dollars dans l’énergie depuis qu’il est là. Où est cet argent en dehors du barrage de Kaléta dont on sait qu’il est même surfacturé. Ce qui fait que les gaspillages de fonds (…), les marchés de gré à gré, quand on calcule le prix du kilowattheure produit, il est très élevé. Le Gouvernement n’ose pas facturer ça au consommateur. Donc, il paie EDG par le budget pour subventionner. Quand il subventionne, c’est le peuple qui perd indirectement. C’est-à-dire que nous payons pour la corruption, la mauvaise gestion qui a été faite en amont.

Côté exonération, ça veut dire que des personnes physiques ou morales passent la douane sans payer ce qu’il faut à l’Etat guinéen. Les exonérations coutent très cher au budget de l’Etat. L’un dans l’autre, plus le manque à gagner fiscal, font que  les recettes sont très faibles face à des dépenses qui sont en train d’augmenter. Voilà la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Le FMI propose des mesures qui seront douloureuses et que la population va rejeter ici. Parce que les gens ne sont pas prêts à payer pour la corruption. Nous ne sommes pas prêts à payer des montants additionnels pour compenser des montants qui ont été sortis frauduleusement. Donc, si jamais ils n’arrivent pas à trouver des fonds suffisants par la voie normale, il y aura certainement une crise financière qui va arriver.

Déjà on sent la pression sur la monnaie qui est un thermomètre. Elle reflète la réalité. Ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fera baisser la température. Donc, l’inflation commence  déjà. Le taux de change commence à monter par rapport aux monnaies principales à savoir l’Euro et le dollar. Ce sont les conséquences de la mal gouvernance financière et économique à la base.

Selon vous quelles mesures le Gouvernement pourrait-il adopter pour redresser la pente ?

Déjà les mesures que le FMI a recommandées sont difficiles à mettre en œuvre par le Gouvernement. Ce qu’il y a lieu de faire, c’est de bien gérer l’énergie, les impôts, la douane et tous les secteurs de l’économie. C’est-à-dire arrêter la corruption, la mal gouvernance. Tant que ce n’est pas le cas, n’espérez pas un léger mieux dans l’économie où on est presque sinistré actuellement.

A suivre…

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

 

Créé le Vendredi 20 avril 2018 à 21:40

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