"Vente" de l’immeuble Printania à Kaloum : des cadres de la Présidence mis à l'index...

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Habitat
L'Immeuble Printania à Kaloum
L'Immeuble Printania à Kaloum

CONAKRY- C’est un conflit autour duquel les autorités devraient aborder avec beaucoup de précaution. Le patrimoine bâti public vient de donner une sommation de déguerpissement aux occupants d’un immeuble qui date de la période coloniale et qui fait partie du contentieux franco-guinéen. Il s’agit de l’immeuble Printania situé au quartier Almamya au cœur de Kaloum. Certains locataires pointent du doigt des cadres tapis à la Présidence. L’affaire fait des grincements de dents à Kaloum.

Stressés, mais déterminés, les occupants de ce bâtiment, l’un des rares vestiges coloniaux qui restent encore dans la capitale, jurent qu’ils ne quitteront pas les lieux. Car les agents du patrimoine bâti n’auraient pas selon eux, respecté la procédure qui sied en la matière.  

Une trentaine de familles occupe cet immeuble. Certaines y habitent depuis 1972 au temps de Sékou Touré. Mais aujourd’hui, ils sont sommés de déguerpir les lieux dans une semaine. Le préavis leur a été déposé par un huissier de justice. Des occupants nous ont confié qu’ils ont des contrats illimités avec le patrimoine bâti public. Ce sont des fonctionnaires à la retraite, d’autres encore  fonction qui logent dans ce bâtiment, objet de conflit.

« Nous avons des enfants à l’école dont certains qui doivent passer des examens, on est à veille des grandes pluies. Comment peut-on nous demander de déguerpir dans une semaine ? Ce n’est pas possible. On ne se laissera pas faire. On est prêt à faire des sit-in, marcher s’il faut jusqu’à la présidence, mais on ne quittera pas  l’immeuble dans ces conditions », a averti une femme qui occupe ce bâtiment depuis une décennie.

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Selon certaines indiscrétions l’immeuble en question a été vendu à un opérateur économique de la place qui a promis de faire de cet endroit le fleuron architectural de la capitale en y érigeant 20 étages. Mais la démarche fait des mécontents chez les occupants qui dénoncent une injustice. Et ils  n’entendent pas baisser les bras.

« Nous avons le soutien du quartier. Les gens sont prêts à nous accompagner. C’est comme ça ils sont en train de brader tout, mais nous ne quitterons pas. S’ils veulent qu’on trouble la quiétude dans la cité, alors qu’on vient à peine de  sortir d’une autre crise sociale, on le fera », prévient cet occupant.  Même  son de cloche chez une de ses voisines que nous avons interrogé ce mercredi 11 avril 2018.

« Nous ne les supplions pas. Nous voulons être rétablis dans nos droits. Nous avons des droits comme tout guinéen. Ce pays-là nous appartient. Et puis ce n’est pas un héritage familial pour qu’on nous dise sortez comme ça. On dit patrimoine bâti public (…) Nous ne quitterons qu’à coups de baïonnettes, de chars et de mitraillettes. Nous n’allons pas partir comme ça », a averti cette fonctionnaire encore en fonction.

L’ordre serait venu de la Présidence, accuse un autre occupant. « Si le Président ne le sait pas, qu’il ne sache parce que c’est de la présidence que l’ordre est parti. Il y a des bandits à col blanc à la présidence qui sont dans ça. (…) C’est eux qui se refilent les bâtiments de l’Etat. Où on va avec ça ? Dans dix ans on ne reconnaitrait plus Kaloum. Parce que tu n’aurais pas de repères. On gomme comme ça notre histoire, on change tout au nom de quoi ? De l’argent blanchi. Le blanchiment d’argent fait légion », martèle cette mère de famille en colère.

Au patrimoine bâti public où nous nous sommes rendus ce mercredi 11 avril 2018, c’est le black-out pour le moment. Les occupants quant à eux, ont décidé de saisir la justice où l’affaire est toujours pendante.

Dossier à suivre…

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

 

Créé le Jeudi 12 avril 2018 à 15:54

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