Manéah (Coyah) : des citoyens exposés à de graves risques sanitaires…

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Reportage

COYAH- Plusieurs citoyens de Maneh, zone industrielle située dans la préfecture de Coyah, sont aujourd’hui exposés à de graves risques sanitaires. La cause serait due à la pollution de l’environnement - par une usine qui déverse des déchets toxiques dans la nature. 

Les déchets dégagés par l’usine Khazal qui vient d’être fermée par les autorités du pays, occasionnent des maladies respiratoires chez certains citoyens. Très en colère, un jeune résident à quelques mètres de cette unité industrielle nous a confié que certains de ces proches souffrent de maladies respiratoires. 

« L’usine déverse l’eau souillée derrière notre concession pendant la nuit et cela entrave à notre santé. La population a tout fait pour qu’on mette fin à ça. Quand ça commence à sentir personne ne peut dormir ici. Il y a eu des organisations de la jeunesse qui sont allées les voir mais aucune solution n’a été trouvée. C’est la nuit vers 1 heure du matin on débouche là-bas ça descend. Les moustiques et les odeurs nauséabondes nous poussent à quitter les maisons. Il y avait un enfant qui est tombé subitement malade. On ne savait pas que ce sont les eaux sales déversées par l’usine qui étaient à l’origine de la sa maladie. Le médecin qui était là nous a dit que votre santé est en péril ici.  Ma sœur aussi était malade à cause de ça, elle souffrait d’un problème pulmonaire. Il a fallu beaucoup d’argent pour la soigner. Notre santé est en danger », s’est plaint Charles Guilavogui.

Même cri de cœur chez cette mère de famille. Elle est très inquiète de la reprise des activités de cette unité industrielle sans qu’une solution ne soit trouvée au problème des eaux sales.  « C’est la troisième fois qu’on ferme cette usine, le président Dadis avait fermé cette usine. Mais ils ont payé l’argent pour reprendre leurs activités sans respecter les normes environnementales. On souffre ici depuis plusieurs années », dénonce-t-elle sous anonymat en invitant l’Etat à prendre des dispositions après la fermeture de l’usine.  

Un autre habitant accuse cette entreprise de corruption et de n’avoir pas respecté sa promesse d’emploi des jeunes. « Les jeunes du quartier se sont soulevés ici un jour pour cette eau. Mais la direction a remis de l’argent aux responsables locaux pour faire taire cette affaire. Ils n’ont pas respecté la promesse de construction des forages pour la population et ils n’ont pas employé les jeunes du quartier. Ceux qui travaillent sont des journaliers sans contrat », s’insurge Monsieur Diallo.  

Le Chef secteur de cette zone n’a pas fait de commentaire sur les accusations portées contre lui. Selon les indiscrétions, cette usine qui est à sa troisième fermeture va reprendre bientôt sans qu’aucune solution ne soit trouvée face aux problèmes soulevés par les populations. Un employé que nous avons interrogé a décrit des conditions de travail misérables. Il confie que le salaire journalier est fixé à 25.000 francs guinéens. 

L’usine Khalsal   a été fermée depuis trois jours pour non-respect de normes. Des vigiles postés à l’entrée nous ont dit qu’aucun responsable n’est sur place pour pouvoir répondre à nos questions. 

 

BAH Aissatou

Pour africaguinee.com

Tél : (+224) 655 31 11 14        

Créé le Vendredi 06 avril 2018 à 15:29

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