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Gohou Michel à Africaguinee.com : « Je rêvais d’être journaliste… » (Interview)

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Interview
Gohou Michel
Gohou Michel

LABE- Son talent est connu au delà des frontières ivoiriennes. Gohou Michel, cet comédien qui doit prendre part au festival des arts et du rire de Labé s’est confié à notre rédaction. De son enfance difficile à ses années de gloire dans sa carrière de comédien, Gohou Michel a levé un coin du voile sur sa personne. Bonne lecture…

 

AFRICAGUINEE.COM : Gohou Michel, qu’est-ce qui motive votre présence à Labé ? 

GOHOU MICHEL : L’objectif de ma visite à Labé c’est d’apporter, la joie, le rire, un peu d’humour dans le cœur de la population de Labé qui je sais, aime les bonnes choses. L’homme qui rit c’est quelqu’un qui se soigne deux fois avec les bobos qu’on a avec les durs labeurs. Quand on descend, il faut un brin d’humour pour pouvoir passer le fardeau de la journée. Donc ce que j’ai amené c’est le rire, alors je suis très content  d’être en Moyenne-Guinée,  Labé précisément que je connaissais déjà à travers la carte. J’ai aussi pleins d’amis guinéens qui sont de Labé, ce qui veut dire que je connaissais déjà la ville sans la connaitre. Ça me va droit au cœur de partager un moment avec eux en communion.

Votre nom a traversé les frontières ivoiriennes. Parlez-nous un peu de vos premiers pas dans la comédie ?

(Éclats de rire), mais c’est très long, si je vous parle de mon début, je vous assure on y passera la  nuit parce qu’il faut passer  par les soubresauts jusqu’à maintenant, c’est long mon frère. Je suis quelqu’un qui est parti de nulle part, de rien.  Il faut savoir que je ne suis pas allé loin à l’école parce que quelqu’un qui est allé à l’école connait les objectifs qu’on se fixe. Je ne suis pas allé loin à l’école. Je dois tout ce que je connais aujourd’hui au théâtre. J’ai connu le théâtre à l’étape pure. J’ai pratiqué le théâtre et appris tout auprès des grands maîtres, j’ai gagné beaucoup avec ce métier de Gagnoa en passant par Abidjan, c’est beaucoup de choses. Donc il est impossible pour moi de revenir sur toute ma carrière.

Parlez-nous de vos années de gloire dans la comédie…

Ça fait ma vie ! Avec ce métier, j’ai eu des choses plus que ce que je ne prétendais avoir. La comédie m’a ouvert des portes. J’ai pu voyager dans les quatre coins du monde, grâce à ce métier j’ai eu des relations fortes à travers le monde. Ce qui fait que partout où je vais, c’est comme ça. C’est comme si je vivais là auparavant, je suis connu partout, je ne trouve pas mieux que ce métier, un métier noble si c’était à refaire je choisirais la même chose. La comédie est un métier complet de communication. Quand j’étais petit, je rêvais embrasser le métier de journaliste, mais c’était impossible pour moi parce qu’il fallait avoir beaucoup de moyens pour aller loin à l’école

C’est faute de moyen que vous avez arrêté l’école très tôt ?

La première raison, c’était par manque de moyen parce que je suis issu d’une famille pauvre, une famille paysanne. L’autre aspect, quand la maladie m’a cloué au sol, je suis parti de la famille de Gagnoa, ma terre natale, pour aller chercher des soins. Pendant trois ans, je cherchais à retrouver l’usage de mes membres parce que j’étais paralysé, quand j’ai retrouvé l’usage de mes membres je suis revenu. Mais l’école c’était perdu pour moi parce qu’il fallait payer pour continuer. Mes parents n’avaient pas les moyens donc je me suis jeté à l’eau.

Gohou dans la politique, vous imaginez un jour ?

Jamais, jamais, jamais, ce n’est le pire des métiers. 

Un  dernier mot ? 

Je préfère parler de l’immigration. Vous savez l’immigration clandestine n’a pas commencé aujourd’hui, c’est une vieille plaie. Mais les gens n’en parlaient pas beaucoup. C’est normal qu’on en parle aujourd’hui. A partir du moment où en parle ça veut dire que le remède n’est pas loin. Depuis plusieurs années nos jeunes frères africains meurent dans l’eau, dans l’espoir de gagner l’eldorado pensant que l’Eldorado c’est ailleurs mais tout est en Afrique ici sans qu’ils ne sachent. C’est quand-même assez déplorable. Moi je dis que, si en Afrique ici nous avons eu la chance de lever toutes les frontières, lever le visa entre tous les pays africains, travailler en synergie entre nous, qu’on soit fédéré nous aurons tout pour faire avancer l’Afrique et nos enfants n’iront pas chercher ailleurs. 

Si les jeunes se livrent à cette pratique, c’est parce qu’il n’y a plus d’espoirs dans leurs pays, ils regardent de gauche à droite, il n’y a pas ce pilier où ils peuvent s’accrocher, ils partent chercher ce pilier ailleurs. Nos pays regorgent de richesse mal redistribuée, mal rétribuée cette richesse est cambriolée par l’occident. Donc, si l’occident nous laisse la main libre pour que nos gouvernants travaillent comme il se doit, les richesses partagées équitablement, nos enfants resteront là pour construire cette Afrique.

Tout ça c’est parce que nos dirigeants, nos présidents ne s’entendent pas, ils ne parlent pas le même langage, les uns sont souvent lâchés par les autres qui sont leurs collègues, mais si de façon commune tous les présidents parlent le même langage, se mettent autour d’une même ceinture, je crois que l’Afrique va avancer, il faut fédérer les pays africains. Les pays peuvent être des régions, par exemple des Etats-Unis d’Afrique, je suis des Etats-Unis d’Afrique mais de la région de Guinée, en ce moment personne ne dira, toi tu es guinéen, tu es malien. Le principal problème de l’Afrique est la division. Les blancs profitent de cela pour venir pomper nos richesses, c’est ça le problème, donc les jeunes pensent que le salut c’est ailleurs alors que tout est là.

 

Propos recueillis par Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 664 93 45 45

Créé le Vendredi 06 avril 2018 à 22:50