Conakry : La mosquée turque de Koloma agressée par la fumée et les ordures…

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Insalubrité à Conakry
La mosquée des Turcs à Conakry
La mosquée des Turcs à Conakry

KOLOMA- Son architecture orientale, ses dômes argentés et ses imposants minarets forcent l’admiration et attirent le regard des plus curieux. Mais cette belle architecture est écornée par une montagne d’ordures et un nuage de fumée noire. 

La mosquée turque construite dans le quartier Koloma, commune de Ratoma grâce à la coopération guinéo-Turque est aujourd’hui surplombée par des ordures de tout genre tandis qu’une épaisse fumée noire s’y dégage à tout moment embêtant les fidèles musulmans pendant les heures de prière. 

Derrière la cour de ce lieu de culte, se trouve un immense dépotoir d’ordures qui intoxique les fidèles. Si ce n’est pas la fumée, c’est une odeur nauséabonde qui envahit les habitués de la mosquée. La situation dépasse l’entendement des musulmans qui viennent s’acquitter de leur devoir religieux dans lieu de culte flambant neuf.

Sur les lieux, à tout moment des citoyens viennent déposer des ordures. Que ça soit des voisins de la mosquée ou des femmes qui vendent au marché Koloma situé tout près de la mosquée, c’est une véritable course à la montre. Des altercations éclatent souvent entre des citoyens de bon sens et ceux qui veulent coûte que coûte déverser leurs ordures, nous a confié Maitre Saliou Barry, menuisier qui a son atelier non loin de la mosquée turque. 

 «  Ici, chaque jour je dis aux gens de ne pas déverser des ordures ici non pas à cause de nous mais à cause de la mosquée. Nous leur demandons de trouver un autre endroit où déposer les ordures loin de la mosquée. Ils ne comprennent pas. Ils sont prêts même à se battre contre nous pour déverser les ordures. Maintenant c’est la mosquée qui paye les frais. C’est même difficile d’aller prier parce que la fumée se dégage ici. Les gens du quartier viennent déposer leurs ordures ménagères, les femmes du marché aussi font ce qu’elles veulent avec toutes les ordures qui sortent du marché. Si nous les conseillons ils nous insultent père et mère. C’est regrettable quand personne ne veut comprendre et garder en bon état ce qui est de l’utilité public », dénonce ce menuisier.

Cherif Abdallah, un ressortissant turc que nous avons rencontré a fait remarquer que la cohabitation entre les ordures et cette mosquée, une des plus belles de Guinée est pénible. Ce fidèle rappelle les recommandations de Dieu au prophète Abraham, bâtisseur de la Kaaba à la Mecque.

« Dans la sourate Bakharat (la vache), Dieu a recommandé à Abraham et à son fils Ismaël, il dit je vous recommande non seulement de bâtir la mosquée mais aussi de la purifier, de la rendre propre pour ceux qui viendraient se prosterner, invoquer et rester des jours », a-t-il rappelé pour faire comprendre que les odeurs que répandent ces ordures, et la fumée qui pollue la mosquée est contraire aux principes de l’Islam. 

Face à cette insalubrité, le grand imam de la mosquée turque, Ibrahim Ousmane Bah, évoque un danger pour la santé publique.  « Nous imams, nous passons la plus grande partie de notre temps dans cette mosquée et les autres fidèles fréquentent la mosquée cinq fois dans les 24 heures. Cette odeur nauséabonde et ses corollaires de mouches constituent vraiment un danger pour la santé publique de ceux qui fréquent cette belle mosquée »s’est plaint l’imam qui précise avoir voulu adresser une correspondance à la mairie de Ratoma afin que des mesures soient prises. Mais il dit avoir décidé d’attendre que les maires élus soient installés.

 

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinée.com

Tél. : (00224) 664 93 45 45

Créé le Jeudi 05 avril 2018 à 13:46

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