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Alhousseine Makanera : « Nous n’avons pas été driblés par Alpha Condé… »

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Interview
Alhousseine Makanera
Alhousseine Makanera

CONAKRY- L’actuel porte-parole de l’opposition, Alhousseine Makanéra Kaké affiche désormais un optimisme quant à une issue concertée de la crise postélectorale. L’ancien ministre de la communication qui s’est confié à notre rédaction déclare que toutes les préoccupations de l’opposition ont été prises en compte. L’opposant lance également un appel à ses compatriotes. Exclusif !!!

AFRICAGUINEE.COM : Quel regard portez-vous sur la rencontre entre le Président de la République et le Chef de file de l’opposition guinéenne ? 

ALHOUSSEINE MAKANERA KAKE :Je crois que toutes nos revendications ont été prises en compte, les conditions pour les réaliser ont été mises en œuvre. Aujourd’hui c’est la volonté politique qui reste. Et nous espérons que les lignes vont bouger entre temps. Le président de la République après la grève des enseignants et nos manifestations, il parvient à comprendre que derrière une élection il y a le pouvoir mais derrière le pouvoir il y a la légitimité autour des valeurs partagées. Voilà ce qui a suscité cette rencontre et c’est ce qui va permettre la mise en œuvre des engagements pris. 

Par contre je voudrais lancer un appel à tous les guinéens et particulièrement à la presse pour aider à l’exécution correcte et rapide des engagements pris, parce que même la façon de poser une question et de la traiter peut orienter l’opinion pour accompagner l’exécution de l’accord ou de s’opposer. Lorsqu’on dira que celui qui refuse de respecter ses engagements est un grand politicien, personne donc ne fera aucun effort pour respecter ses engagements. Donc il faudra que nous évoluions dans la communication pour faire comprendre que dans un pays qui se respecte, lorsque les acteurs politiques prennent leurs engagements il faut qu’ils les respectent. C’est en respectant ses engagements qu’on peut instaurer un climat de confiance, et sans ce climat,  il n’y a pas ce de développement dans un pays. 

Vous parlez de confiance, il se trouve que justement plusieurs autres accords signés n’ont pas été respectés. Qu’est-ce qui vous garantie que celui ci sera respecté ?

Je pense qu’il y a eu des éléments nouveaux qui font croire que c’est la bonne. C’est d’abord la situation socio-politique (…), si hier les gens avaient cru quand ils sont au pouvoir qu’ils ne doivent pas tenir compte des autres,  avec le déroulement de la grève des enseignants cela nous prouve que chaque guinéen peut compter. C’est donc dans ce climat qu’il y a eu les élections locales (…), depuis la tenue de ce scrutin au mois de février, ils sont incapables d’installer l’exécutif de ces communes. Toutes ces raisons vont pousser le président Alpha Condé à respecter ses engagements parce qu’il se rend compte que lui  seul il ne pourra pas faire la Guinée et il faut qu’il tienne compte des autres. 

Si l’on s’en tient au document qui est sorti de cette rencontre, il est dit que le différend électoral sera réglé par la commission de suivi. Est-ce que cela suscite en vous une lueur d’espoir ?

Je n’ai pas lu comme ça, mais plutôt il est dit  que le comité  de suivi est chargé de trouver la solution, donc ce n’est pas à lui de régler mais de trouver la solution. Comme je suis membre de ce comité de suivi je pense que la première question à se poser concerne les PV (procès-verbaux) qui ont été falsifiés, si cela est arrivé ce qu’il y a eu des violations manifestes et grossières de la loi, quelles solutions trouver pour respecter la légalité ? Là on se retrouve dans la notion de ce qu’on appelle en Droit Administratif la notion de l’inexistence. Dans ce cas c’est le juge administratif qui peut considérer que l’acte qui est sans recours peut être considéré par le juge administratif comme s’il n’a jamais connu  un début d’existence.

Vous êtes confiant qu’on pourrait revenir sur les résultats ?

(…) Lorsque le droit des gens a été violé, le législateur a prévu des cas de figure (…), donc le problème a trouvé sa solution  et le juge va considérer que les arrêts rendus par les magistrats ont été faussés, l’on revient à la case de départ et on tient en compte les PV qui ont été falsifiés, annulés ou écartés (…), si l’on prend en compte tout ceci je pense que le problème est réglé.

Est-ce que vous n’avez pas peur d’être encore roulé dans la farine d’autant plus que, dès après le chef de file, le président Alpha Condé a invité sa mouvance politique pour une rencontre au palais Sékhoutouréyah ?

Ce qui est regrettable c’est cela (…), il n’ y a pas une institution équivalente de chef de file de l’opposition au sein de la majorité , s’il invite la majorité présidentielle il devait inviter l’opposition parce l’opposition n’est pas le chef de file par contre  le chef de file est une institution à part (…), pour preuve , il y a des gens qui sont dans l’opposition qui ne reconnaissent pas le chef de file de l’opposition  donc pour moi cette façon de faire c’est pour biaiser la réalité. Mais qu’à cela ne tienne, de notre côté,  nous voulons le prendre au mot et aussi demander à la presse de jouer son rôle celui d’obliger les acteurs politiques de respecter leurs engagements et dire à celui qui n’a pas respecté ses engagements est un mauvais politicien. C’est celui qui n’a pas respecté son engagement qui ne veut pas de la justice donc de la paix et du bonheur de ce pays. 

Et si vous vous faites doubler encore une fois allez-vous revenir à votre sport favori, c’est-à-dire les manifestations ?

Nous n’avons pas été dribblés mais peut-être c’est celui qui estime nous avoir doublé qui s’est doublé lui-même. N’oubliez pas qu’assez de personnes ont intervenu dans cette affaire au niveau national et international pour demander à Elhadj Cellou Dalein de rencontrer  le président Alpha Condé. Nous leur avons dit qu’on  a rencontré plusieurs fois le chef de l’Etat mais ça n’a pas prospéré (…), c’est pourquoi encore une fois je dis que la peur doit changer de camp. C’est celui qui se fait roulé qui doit être est heureux  et celui qui roule qui doit se reprocher de quelques choses. Le concept être roulé dans la farine signifie être malhonnête, c’est de ne pas respecter ses engagements, c’est d’escroquer et d’insulter l’esprit des gens. Moi je ne crois que personne ne peut être  fier d’être celui qui roule l’autre mais plutôt l’on doit être fier d’être celui qui respecte ses engagements. 

 

Entretien réalisé par Bah Boubacar Loudah 

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 113

Créé le Mercredi 04 avril 2018 à 10:51

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