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Sekou Souapé : « Ce que Grenade m’a dit à propos de Cellou et sa femme… » (Interview)

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Interview

CONAKRY- Ce sont des accusations très graves que vient de porter Sékou Souapé Kourouma contre Cellou Dalein Diallo et sa femme. Ce haut cadre du parti au pouvoir a révélé des confidences que le jeune Boubacar Diallo dit « Grenade » lui a faites. Dans cette seconde partie de l’interview qu’il a bien voulu nous accorder, M. Kourouma s’est aussi prononcé sur la crise post électorale qui secoue la Guinée. 

 

AFRICAGUINEE.COM : L’arrestation du jeune Boubacar Diallo dit Grenade soupçonné d’être l’un des auteurs de plusieurs assassinats lors des manifestations de l’opposition suscite assez de controverses. Quel regard portez-vous cette actualité ? 

SEKOU SOUAPE KOUROUMA :L’interpellation de Grenade selon moi n’est pas liée aux manifestations. ‘’Grenade’’ est venu me voir personnellement il y a six mois. Je l’ai écouté. Il m’a expliqué ses récriminations contre Cellou et sa femme. Il m’a dit ceci : un jour lors d’une manifestation,  un gendarme a  tiré sur un de ses proches après la manifestation. Ils se sont dispersés, après  ils sont venus récupérer le corps replier avec. Deux jours après, ce même gendarme est venu au domicile de Cellou Dalein accompagné du porte-parole de la gendarmerie deux jours après l’acte  vers une heure du matin. Il les a vus,  ils sont venus dans une voiture banalisée. Ils sont rentrés, et puis Cellou est sorti les raccompagner quelques temps après. Le petit me dit qu’il a interpellé Cellou Dalein le lendemain en lui disant celui-là que vous avez reçu hier, c’est ce même type qui a tiré sur un de nos amis et vous acceptez de le voir ? Cellou lui a dit que la politique est profonde, toi tu ne comprends pas tous les contours. Il m’a dit ça il y a très longtemps.  Donc pour ce cas je suis l’enquête comme les autres. 

Qu’est-cela sous-entend ? 

Il y a une connivence entre un certain nombre d’officiers au sein des forces de sécurité avec  Cellou Diallo qui participent aux assassinats de certains de ses militants.

Dans quel but ?

Dans le but de discréditer le pouvoir. Ça c’est grenade qui me l’a dit  et devant des témoins. Même devant les plus grands walious du Foutah je peux mettre ma main sur le coran et jurer, je n’ai aucun intérêt à mentir. 

Pourtant il y a des gens qui disent que Grenade  a été approché par les services secrets pour discréditer l’image de l’UFDG…

Ce n’est pas vrai. Ce que je vous dis,  ça s’est fait. Il y a sept mois que le petit m’a rencontré et de son gré. Je suis politique  et je n’ai aucune raison  de mentir. Six après, je ne sais pas comment il s’est retrouvé de l’autre côté. Puisqu’après notre rencontre je n’ai plus suivi le dossier. Il m’a dit que sa sœur a un problème de scolarité et je lui ai donné 3 millions  pour cela.   Pourquoi on va discréditer quelqu’un ou un parti politique ? Ce sont des pratiques de basse classe. On ne ferait pas ça. Il y a une réalité. Que Grenade ait perdu sa tête, ça c’est autre chose. Je ne suis pas psychologue pour le savoir. Ce qui est clair, Grenade a donné des preuves, il a parlé. Après même notre rencontre, il était libre ici. Un matin il m’a appelé pour me dire que  l’UFDG aurait monté des personnes pour le liquider physiquement (…). N’eut été l’intervention de la BAC il aurait péri.  D’ailleurs il a même voulu être sous ma protection mais je n’ai pas voulu aller loin avec lui. 

L’aviez-vous senti sincère dans ce qu’il disait ?

Franchement je pense qu’il disait la vérité parce que sérieusement  il m’a dit comme il était devenu de trop, quand il a été blessé Cellou et son épouse l’ont envoyé au Sénégal, après ils n’ont plus voulu qu’il rentre. On l’a abandonné à son sort. Il ne recevait plus de moyens de subsistances de la part du couple.  Il m’a même montré des cicatrices. Et personne ne nie que ce jeune ait vécu sur le toit de Cellou. Pourquoi donc je ne vais pas le croire. 

Comment appréhendez-vous cette crise post-électorale qui prévaut en ce moment dans le pays ?

Les gens exagèrent (…), vous avez des élections locales auxquelles on a donné une dimension nationale et cela pose des problèmes de  perception de la situation politique. Mais ce qui est regrettable, nos leaders de l’opposition se sont tellement emportés dans ce genre de pratiques qu’ils laissent paraitre  des messages regrettables et malheureuses. J’ai écouté Monsieur Cellou Dalein dire que Alpha Condé n’aime pas l’ordre  et donc par ailleurs il va l’aider à créer le désordre, très franchement pour quelqu’un de son rang qui a toute sa tête  et qui compte gouverner  ce pays devrait plutôt aider à maintenir l’ordre au cas où il y a désordre c’est ce qu’il devrait faire. Si Dieu fait que vous veniez au pouvoir dans cette atmosphère vous allez faire comment ? C’est une déclaration totalement irresponsable. 

En second lieu, ce même Cellou Dalein dit que ce n’est pas la loi qui  le préoccupe mais plutôt son droit  (…) mais il n’a pas un droit divin c’est plutôt la loi qui établit et qui encadre ses droits dont il parle. Dans un pays ou le civisme n’existe pas, même si vous mettez l’ancien président OBAMA comme président de la République, ça ne marchera pas car le travail du président ne complète que celui déjà fait par le peuple. Selon d’ailleurs le feu président Ivoirien Houphouët Boigny, il faut préférer l’injustice au désordre, parce que pour l’injustice lorsqu’on s’en rend compte, on peut la réparer par contre quand il y a désordre l’on ne peut rien entreprendre. Je pense qu’il faut que les gens cessent  de mettre le désordre parce que cela ne leur servira à rien, ni pour ni pour le pouvoir auquel ils pensent faire du mal.  

Les chefs de l’Etat qui se sont succédés à la tête de la Guinée ont tous laissé des traces, si Cellou Dalein arrivait aux affaires s’ils laissent des traces ce ne sera pas profitable à ceux de son village seulement. Si l’on fait des réalisations c’est pour le pays si quelqu’un s’oppose à cela je considère ceux-ci comme des apatrides et qui n’ont aucun sens de responsabilité. 

Quelles leçons avez-vous tiré après les élections locales du 04 février ?

(…) Les gens racontent des histoires quand ils disent qu’on a volé les élections. Comment voulez-vous qu’on ait les moyens de voler et se mettre en position de discuter avec les gens pour avoir la mairie ? Si nous avions les moyens de voler, franchement on ne se serait pas mis dans une situation inconfortable pour colmater de gauche à droite pour avoir la mairie. Si nous avions les moyens de voler on l’aurait fait sans avoir recours à d’autres conseillers pour avoir la mairie. Chacun de nous a reçu des coups mais l’opposition ne veut pas le reconnaitre. Je ne dirais pas que les élections ont été parfaites, même dans les pays les plus avancées on rencontre des problèmes (…). Mais en tant que responsables politiques il faut éviter de se mettre dans une position de contestations systématique. Ensuite s’il n’y a pas de mairies il y aura des délégations spéciales cela n’arrange personne. Les lois dont il est question et les accords ont été acceptés par tout le monde. Il faut accepter les conséquences. 

Nous sommes à la veille de 2020 ou on doit aller aux élections présidentielles mais jusque-là nous ne voyons personne émerger au sein du RPG pour succéder au président Alpha Condé…

Mais est-ce que la question est d’actualité. Le parti est un parti organisé, Alpha Condé est un militant et il est président de la République. Il y a aussi de grands cadres au sein du parti  et qui sont de très grands hommes politiques.  Donc ne vous inquiétez  pas, au moment venu vous le saurez (…), on ne peut pas faire une guerre qui n’existe. 

Et si toute fois le chef de l’Etat guinéen se présentait allez-vous le soutenir ?

Avec si, tout est possible. 

Vous avez reçu ces derniers jours par le président malien Ibrahim Boubacar Keita, dites-nous ce qui a découlé de cette rencontre ?

Nous étions en compagnie de quelques personnalités guinéennes dont le ministre Bantama Sow, pour présenter nos condoléances à madame l’ambassadrice  de la Guinée au Mali qui avait perdu son mari. Ensuite le président IBK avec lequel nous avions partagé ces moments- là nous a accordé une audience où nous avions échangé pendant une heure. Nous avons passé trois jours dans la capitale malienne où on a parlé de tout et de rien en évoquant les problèmes qui assaillent la sous-région. 

Un dernier mot ?

Nos frères de l’opposition doivent se comporter en opposants responsables. Personne ne créera des problèmes, requérir des dividendes et venir s’asseoir tranquillement ici. Cela est exclu. Ce qu’il faut pour le pays c’est de faire la paix. Chacun peut mobiliser (…) Il ne faut qu’ils pensent que c’est eux seuls qui maitrisent la rue. Personne ne créera des problèmes ici et s’en sortir indemne. Je suis ferme et très clair là-dessus. On connait tout le monde. Nous avons été des militants avant eux, Alpha Conde lui-même malgré son charisme a fait la prison, le doyen Bah Mamadou a été arrêté aussi et même Sidya Touré a été interpellé (…), moi-même j’ai été en prison dans les années 90. Il ne faut pas que les gens se trompent. On ne va pas permettre à quelqu’un de penser que par la violence il va prendre le pouvoir ici.  C’est mieux en tant que frères que chacun revienne à de meilleurs sentiments, de s’asseoir autour d’une table pour discuter.

 

Interview réalisée par Boubacar 1 Diallo

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 12

Créé le Lundi 02 avril 2018 à 15:00