.

Panival, agression rebelle, Sidya, Alpha, Dr Diané : Sékou Souapé fait le grand déballage… (Interview)

Facebook icon Twitter icon
Interview
Sékou Souapé Kourouma
Sékou Souapé Kourouma

CONAKRY-Qui a assassiné le lieutenant-Colonel Sama Panival Bangoura? Le Président Alpha Condé a-t-il joué un rôle dans l'agression rebelle subi par la Guinée en 2000 ? Sékou Souapé Kourouma brise le silence après les accusations de Moussa 3 Camara au siège de l’UFDG.

Ce proche du Président Alpha Condé qui a accordé une interview à un pool de journalistes dont Africaguinee.com, revient sur cette page sombre de l’histoire guinéenne. Sékou Souapé Kourouma rejette en bloc les accusations selon lesquelles il aurait assassiné Panival. Dans cet entretien, il évoque également la crise ivoirienne des années 2000 et du rôle qu’il a joué. Lisez !!!

Votre nom est souvent cité dans l’agression rebelle qu’a subie la Guinée en 2000 mais aussi dans l’assassinat lieutenant-Colonel Sama Panival Bangoura. A la veille de la présidentielle vous auriez même accordé une interview à un media où vous vous êtes confessé pour demander pardon. Expliquez-nous ?

 

SEKOU SOUAPE KOUROUMA : Personne de ce site ne m’a jamais rencontré ni en privé ni en public. Nulle part sur cette terre je ne me suis rencontré avec un élément de ce media. Ce sont des manipulations. On a créé cette interview parce que c’était la veille du second tour de l’élection présidentielle, ils ont voulu utiliser ça pour empêcher l’élection du Président de la République (…) Je ne sais pas ce qui se cache derrière parce que j’ai démenti à l’époque où j’avais même des incompréhensions avec le Président de la République, Pr Alpha Condé. Parce que cette accusation atteignait mon honneur. Teliano est là, il  peut témoigner que j’ai organisé à son siège pour démentir ça.

 

Mais puisque nous sommes dans un pays où le mal prime sur le bien, les gens sont très prompts à faire du mal à quelqu’un, ils peuvent dépenser des fortunes pour juste nuire. Je suis là, j’ai démenti et je défie quiconque peut dire le contraire de ce j’ai dit. Parce que je ne suis quelqu’un de caché, mes itinéraires sont connus, partout où je suis, j’ai toujours eu des gens autour de moi. Donc, si je dis quelque chose de faux, celui qui participé ou celui qui était avec moi à ce moment précis, peut infirmer mes dires. Ce sont des histoires.

Jamais je n’ai donné à quelqu’un une interview et je défie quiconque qui dirait le contraire. Je défie même l’auteur de venir dire publiquement que je lui ai accordé cet entretien. Je peux jurer la main sur le coran pour ceux sont des musulmans, la main sur la bible pour les chrétiens que là où l’officier a trouvé la mort…

Parlez-vous de Panival ?

Oui de Panival là où il a trouvé la mort, jamais je n’ai été dans ce village, je ne connais pas la zone. Si j’ai été là-bas, que Dieu me punisse, punisse ma carrière et même ma descendance. Je n’ai jamais été dans cette zone.  Si j’ai été là-bas, tout ce que je cherche, que Dieu ne me donne jamais dans la vie.

Récemment au siège de l’UFDG monsieur Moussa 3 Camara ancien militant de première heure du RPG a déclaré, je cite : « En 1995 Alpha a récupéré Souapé pour aller le former au camp Po au Burkina Fasso à ses frais, ensuite aux Etats Unis. En 2000 on l’a fait débarquer en Guinée pour prendre le pouvoir avec force, il est venu avec 300 rebelles pour attaquer la Guinée». Qu’est-ce que vous en dites ?

Rires ! Il y’ a tellement de contradiction dans ce que ce monsieur dit. Il dit d’abord qu’il a quitté le parti en 1993. Il parle des activités du parti deux ans après. Ces activités dont il est question, si elles avaient existées, ce n’est certainement pas Moussa 3 qui pourra avoir ces informations pour expliquer. Parce que si vous organiser des activités discrètement, même ceux qui sont en activité au sein du parti, ce n’est pas donné à tout le monde de connaitre ces activités. Mais il n’a qu’à dire quelle est l’école qui m’a reçu aux Etats-Unis. Est-ce Buffalo, West-point ? Je n’ai jamais été aux Etats-Unis. J’ai voyagé partout, mais jamais depuis que je suis Sékou, depuis que j’existe, je n’ai mis pied aux Etats-Unis.

Il affirme que vous avez été formés d’abord au Camp de Pô au Burkina Faso…

Je n’ai pas été au camp, mais j’ai traversé souvent. J’ai vécu au Burkna Faso, je vivais à Ouaga 2000 où j’ai une maison. J’ai souvent pris la route pour aller à Accra. Sur la route d’Accra, après la ville de Pô, il y a le camp à droite. C’est de passage. Je n’ai jamais franchi le seuil du camp. Je ne suis jamais descendu au camp à plus forte raison franchir le seuil du camp. Je ne suis jamais allé là-bas. Je crois que c’est un illuminé…

Cellou j’ai beaucoup de respect pour lui, mais je pense que c’est irresponsable de sa part de donner de crédits à ce genre de personnage et lui  donner une place à l’assemblée générale d’un parti aussi respectable que l’UFDG.

Est-ce que vous avez connu monsieur Moussa 3 Camara ?

Je le connais bien sûr ! A la veille de l’arrivé du Président Alpha Condé en 1990, ce sont des gens qui rejoint le parti. Le 17 mai 1991, c’est essentiellement les jeunes qui ont organisé, moi j’étais le président de la commission d’accueil. J’ai été le président de la commission d’organisation du premier meeting avorté à Coléah. Quand la police est venue nous disperser, j’avais acheté un mégaphone qui devait servir de moyen de sonorisation pour le meeting.  

Lui il a pris le mégaphone, dans sa fuite il l’a jeté. Quand on s’est retrouvé je l’ai attaqué en lui demandant pourquoi il l’a jeté. C’était une boutade. C’est pour vous dire que je l’ai connu. Mais depuis nos chemins ont différé. Moi je suis allé en prison en 1993 où je suis resté pendant deux ans. Pendant la campagne j’ai été arrêté à Lola, ensuite condamné à deux ans. A ma sortie il n’était plus dans le parti. Depuis il n’y a pas eu de contact sérieux entre nous.

Pourquoi il imaginerait une telle histoire pour vous la coller ?

Je pense que lui-même il ne doit pas être très équilibré. Franchement je me pose des questions quant à sa santé mentale.

Quand Sama Panival a été assassiné où étiez-vous ?

J’étais au Burkina Faso. Je logeais à l’hôtel Palm Bus ou Kwamé NKourouma. J’ai rencontré à l’époque le Général Diendéré qui était un ami, le conseiller spécial du président Blaise Compaoré qui a réglé les notes de mon séjour. C’est du Burkina même que j’ai appris ces évènements. Si les gens veulent vérifier, qu’ils se rendent à Ouagadougou, ils verront. Si les archives sont préservées, je pense qu’ils pourront trouver la trace de mon passage et à cette date précise.

Avez-vous connu Panival ?

Je ne l’ai jamais rencontré de ma vie…

On a vu des photos de vous où vous habillés en tenues militaires, derrière vous il y a des hommes armées. A quelle occasion ont-elles été prises ?

Quand j’étais Secrétaire Général de la jeunesse du parti, j’avais des rapports avec assez de jeunes ouest-africains. Même l’ADEMA de Alpha Oumar Konaré, (ancien président malien), le premier secrétaire Général c’était Doumbia qui était un ami. Les jeunes ivoiriens, comme Guillaume Soro, Sidiki Konaté, sont des amis personnels même si on s’est retrouvé après en exil au Burkina Faso. C’est à cette occasion que j’ai eu à connaitre la jeunesse ivoirienne. Je vais vous dire que même lors de la crise postélectorale, j’ai envoyé quelqu’un voir Charles Blégoudé, on a parlé au téléphone. J’ai voulu lui dire de comprendre la gravité de la situation.

Nous vivions au Burkina ensemble. Quand il y a eu le 19 septembre 2002 la crise en Côte d’Ivoire, c’est tout naturellement que j’ai été là pour donner mon appui parce que j’ai estimé que cette partie de la Côte d’Ivoire, cette partie de la population ivoirienne subissait de l’injustice. Soro Guillaume on a combattu ensemble. Je ne me cache pas, j’ai toujours dit ça. Les gens que vous avez vus derrière sur les photos, sont de la LICORNE (la force d’interposition française). Ce n’est ni en Guinée, ni au Libéria, ni en Sierra Léone. C’est en Côte d’Ivoire.

J’ai des amis officiers de l’armée française, j’ai été celui qui a facilité l’évacuation des étrangers dans la zone de Man, Danané etc après qu’il y ait eu affrontement entre les forces rebelles et l’armée française de 22heures jusqu’à 14heures de l’après-midi. J’ai discuté avec le colonel Fourdine qui était de la légion étrangère. Je ne cache pas ça. J’assume. Soul-to-soul est un ami personnel. Quand j’irai en Côte d’Ivoire je lui rendrai visite en prison. Soro aussi est un ami personnel, Diakaridia Koné, Wattao, Chérif Ousmane, Hervé Touré sont des amis personnels avec qui j’ai partagé assez de choses. A l’époque j’ai considéré que c’était un devoir de solidarité démocratique que d’être avec eux et les aider à rétablir la justice dans ce pays.

Moussa 3 Camara dit qu’il a participé aux négociations pour votre libération quand vous étiez détenus à Kassa. Qu’en est-il ?

Depuis que je suis rentré de l’extérieur, je ne me souviens pas d’avoir rencontré Moussa 3. Je ne sais même pas où il loge. Vous savez les circonstances dans lesquelles j’ai été libéré ? D’abord je suis tombé malade. Le commandant a informé la hiérarchie qui a aussi remonté l’information au Président de la République. Je n’ai pas été libéré directement. Du camp de Kassa, je suis venu à l’infirmerie du camp Samory où j’ai fait deux semaines. C’est Dr Younoussa qui m’a pris en charge. Il est là, il peut témoigner. Quand on m’a libéré du camp Samory, j’ai été placé en résidence surveillée pendant un moment. Les militaires étaient chez moi. Le commandant du camp est là encore. C’est le colonel Keita, posez-lui la question si quelqu’un est venu négocier ma libération. Alors, je ne sais pas avec qui il a négocié ma libération. Peut-être qu’il a discuté avec les anges que je n’ai jamais rencontré.

Il y a beaucoup de choses qui se disent sur vous en ce qui concerne l’agression rebelle subi par la Guinée en 2000. Vous étiez où à l’époque ?

Je ne vous cache pas. A un moment donné, j’ai résidé au Libéria. Je vous dis la vérité. Mais quand les gens tentent de raccourcir l’histoire, ça pose souvent des difficultés. Quand le Président Samuel Kdo en avril 1980 a pris le pouvoir, il y a eu des exécutions sommaires des afro-américains qui commandaient à l’époque. C’est ce qui provoquera la guerre civile plus tard. La position de la Guinée était qu’il fallait empêcher. La CEDEAO a envoyé un contingent. Le commandant était un Ghanéen, son adjoint était un guinéen.

Les rebelles ont toujours eu des difficultés avec le Pouvoir en Guinée. Il y a eu même la formation d’une des fractions rebelles sur le territoire guinéen en l’occurrence l’ULUMO. Même avant l’agression, les gens traversaient la frontière pour venir s’attaquer en représailles.

Quand le Président Taylor a été élu en juillet 1997, les agressions n’ont pas cessé. C’est tout naturellement que le Président s’est organisé à l’époque pour rendre la monnaie de ce qu’il a considéré comme une agression (…) Après l’ULUMO, le Groupe de Sékou Damaté a été formé en Guinée ici. Pensez-vous que si la Guinée sait qu’on est en train d’entrainer les gens en Sierra Léone ou en Guinée Bissau, va-t-on rester les bras croisés sans faire des représailles ? Moi j’avais quel moyen pour diriger une guerre ? Franchement est-ce qu’on peut imaginer ce que coûte une guerre. J’avais quel moyen pour financer concrètement une opération de cette envergure.

On dit que vous aviez le soutien du Président Alpha qui était à l’époque opposant au régime de Lansana Conté…

Les attaques dont ont fait allusion ont trouvé Alpha en prison. Il a été arrêté en décembre 1998, les attaques ont eu lieu un an plus tard. Dans son état de prisonnier avait-il les moyens de soutenir financièrement, matériellement une telle opération ? Comment va-t-il organiser cela étant lui-même coincé  en prison ?

Je vais vous faire une confidence. Quand Alpha était en prison, il avait d’énormes difficultés financières. Posez la question à Sidya s’il n’a pas aidé en ce moment-là financièrement même les Docteurs Diané pour faire des déclarations, organiser des voyages. Posez la question à Sidya. Quelqu’un qui n’a pu payer le voyage de ses militants, c’est lui qui va financer une guerre ? Sidya est là, posez-lui la question de savoir s’il n’a pas aidé le RPG discrètement à l’époque.

Voulez-vous dire que vous n’avez jamais joué un rôle ?

Ce sont des histoires. Ce sont des inventions.  

A suivre…

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224)  655 311 112

 

Créé le Vendredi 30 mars 2018 à 18:23