Immigration : Amnesty International épingle la France

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Immigration

Dans son rapport annuel publié ce jeudi, l'organisation estime que la France n'est « pas à la hauteur de ses responsabilités » au sujet de l'accueil des étrangers.

Amnesty International n'est pas tendre avec la France sur l'immigration. Dans son rapport annuel publié ce jeudi 22 février, au lendemain de la présentation du projet de loi « asile-immigration », l'ONG dénonce de nombreux manquements. « Avant l'élection d'Emmanuel Macron, la France n'était pas à la hauteur de ses responsabilités. Elle ne l'est toujours pas », écrit Amnesty International dans un communiqué. L'organisation dénonce par exemple le renvoi en Italie de près 27 000 réfugiés et migrants entre janvier et juillet, « y compris les mineurs non accompagnés », sans respecter leur droit de demander l'asile en France. Quelque 1 600 Afghans ont par ailleurs été placés en centre de rétention entre janvier et août, dont 300 renvoyés dans d'autres pays de l'Union européenne et « au moins dix » expulsés en Afghanistan, les exposant à des persécutions, selon Amnesty.

« L'opposition entre migrants d'un côté et réfugiés de l'autre contribue à déshumaniser les personnes exilées, à faire un tri entre les bons et les mauvais », a déclaré à la presse Catherine Gaudard, directrice du pôle action d'Amnesty International France. La réduction des délais d'instruction de demandes d'asile, mesure-pivot du projet de loi Collomb, s'apparente à « une volonté de dissuader », a déclaré à l'Agence France-Presse Jean-François Dubost, responsable du pôle protection des populations à Amnesty. « Des demandeurs d'asile vont se retrouver sur le carreau et notre préoccupation c'est de nous retrouver dans quelques mois avec des personnes qui vont rentrer dans leur pays, en étant parfois forcées de le faire, alors qu'elles ont des craintes », a-t-il ajouté.

Des « intimidations inacceptables de la part des autorités » à Calais
Amnesty a également constaté le renforcement à Calais « des opérations d'interpellation et de fouilles » depuis le démantèlement de la « jungle » en novembre 2016. Les associations y ont fait l'objet d'« intimidations inacceptables de la part des autorités », a dénoncé Catherine Gaudard, notamment pour « la distribution de vivres ». En juillet, le Conseil d'État avait validé des mesures d'aide aux migrants exposés à des « traitements inhumains et dégradants » à Calais, contre le souhait du ministère de l'Intérieur.

L'organisation s'insurge également contre les poursuites pour « délit de solidarité », rappelant le cas de Cédric Herrou, condamné en août à quatre mois avec sursis pour avoir aidé des migrants à passer la frontière franco-italienne. « On est encore loin de la France exemplaire qui place le respect des droits de tous au cœur de sa politique », conclut Catherine Gaudard.

 

AFP

Créé le Dimanche 25 Février 2018 à 10:09

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