Plus de 3000 sans-abri recensés dans Paris

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France

Dans la nuit du 15 au 16 février, 1700 bénévoles ont réalisé un recensement des sans-abri, à l'occasion de la première «Nuit de la Solidarité», organisée par la mairie de Paris.

Le bilan était attendu. Une semaine après le comptage des sans-abri dans la capitale, réalisé par 1700 bénévoles, répartis en 350 équipes, Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris, a annoncé que «près de 3000 sans-abri» avaient été comptabilisés. Aux 2025 personnes rencontrées dans la rue s'ajoutent les 200 SDF recensés par la SNCF dans les gares parisiennes, les 49 dans les services d'urgence des hôpitaux de l'Assistance publique et les 377 dans les stations de métro et RER. Il faut aussi compter les 112 personnes qui dormaient dans les parkings gérés par Vinci, qui s'est associé à l'initiative de la mairie de Paris. Dans le bois de Vincennes, les professionnels de l'Unité d'assistance aux sans-abri (UASA) ont évalué à 129 le nombre de personnes, à 20 dans le bois de Boulogne et à 40 dans le parc de la Colline dans le 18e arrondissement.

Ce sont donc 2952 personnes sans-abri qui ont été recensées par les bénévoles et les professionnels associés à cette «Nuit de la Solidarité». Dominique Versini, adjointe en charge des solidarités et de la lutte contre l'exclusion à la mairie de Paris et à l'initiative de ce dispositif, a rappelé qu'au-delà de ces 2952 sans-abri, 672 personnes ont récemment été hébergées à Paris dans le cadre du plan Grand Froid. Ce qui porterait le nombre de SDF à 3624 personnes.

À l'annonce du bilan, Bruno Julliard a tenu à souligner que ces chiffres n'étaient pas exhaustifs. «Tous les parkings n'ont pas été pris en compte, l'ensemble des cages d'escalier d'immeubles, notamment des bailleurs sociaux, n'ont pas été pris en compte, nous n'avons pas réveillé les sans domicile fixe et nous n'avons pas ouvert les tentes dans lesquelles il pouvait y avoir plusieurs personnes», a prévenu l'adjoint. «Si on rajoute les personnes qui sont abritées pour les mois d'hiver, on est plutôt à 5000», note quant à lui Éric Pliez, président du Samu Social.

Le nord et l'est de Paris sont les zones les plus touchées

Ce chiffre de 3624 personnes sans-abri est donc considéré comme un minimum. Le nord et l'est de Paris sont les zones les plus touchées. Dans le Xe arrondissement, qui compte deux gares, ont été recensées 266 personnes. Dans le XVIIIe et le XIXe, on en dénombre respectivement 250 et 212. La mairie de Paris a également fait savoir qu'une cinquantaine d'interventions d'urgences avaient été réalisées dans la nuit, afin de mettre à l'abri des personnes jugées vulnérables, comme les femmes enceintes ou les mineurs.

Ce recensement, inédit, était organisé par la mairie de Paris dans le but d'obtenir la «photographie la plus précise possible du phénomène». En France, il n'existe pas de recensement officiel des SDF et la dernière enquête en la matière, réalisée par l'Insee, date de 2012. Elle établissait le nombre de personnes SDF à 143.000 sur l'ensemble du territoire, dont 28.000 dans toute l'agglomération parisienne. Pour Dominique Versini, obtenir des chiffres précis concernant ce phénomène devrait désormais permettre à la mairie de Paris de mieux calibrer l'offre d'hébergement. C'est pour cette raison que dans la nuit du 15 au 16 février, les bénévoles étaient munis de questionnaires réalisés par un comité scientifique de la mairie, de manière à mieux connaître le profil des SDF rencontrés.

Un comptage qui avait suscité la polémique

Cette première édition de la «Nuit de la Solidarité» parisienne avait dans un premier temps laissé l'opposition dubitative. Au sein de La République en marche, des élus s'étaient interrogés sur les motivations réelles d'Anne Hidalgo, la maire de Paris. «Il ne faudrait pas que cette initiative soit politiquement instrumentalisée», avait mis en garde la députée de Paris Anne-Christine Lang. De leur côté, les députés LR avaient demandé son report, jugeant que l'événement avait été organisé dans la «précipitation».

En effet, certains élus craignaient que cette «Nuit de la Solidarité» ne soit qu'un effet de communication après la polémique qui a récemment fait des remous au sein du gouvernement. Le 30 janvier, le secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, avait affirmé que seuls «une cinquantaine d'hommes isolés en Ile-de-France» avaient dormi dans la rue la nuit précédente. Il a par la suite rejeté toute volonté de minimiser ces chiffres en affirmant se référer au nombre de personnes appelant le Samu Social en fin de journée et à qui aucune solution d'hébergement ne peut être proposée. À l'issue de ce bilan, la mairie de Paris a annoncé que cette opération serait reconduite chaque année. D'autres villes, comme Metz, ont également manifesté un intérêt pour ce type de comptage.

 

Figaro.fr

Créé le Mercredi 21 Février 2018 à 16:21

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