Révélations de Salam Sow : "comment le Président Conté m’a octroyé ma maison à Coléah…" (interview)

Affaire cité fonctionnaire de Coléah Domino

CONAKRY-Sommé de déguerpir de la Villa qu’il a acquise au plus fort de sa gloire en équipe nationale de Guinée, Abdoul Salam Sow lance un appel à l’endroit des  autorités guinéennes. L’ex sociétaire du Syli National, au micro d’un de nos reporters relate comment cette parcelle située à la cité fonctionnaire de Coléah lui a été rétrocédée par les autorités d’alors sous le régime du Général Lansana Conté. Lisez plutôt !!!

AFRICAGUINEE.COM: Le Gouvernement menace de vous déguerpir de votre maison située à la cité des fonctionnaires de Coléah Domino. Expliquez-nous de quoi s’agit-il réellement ?

ABDOUL SALAM SOW : Il y a quelques jours un huissier de justice est venu voir notre chef de quartier avec un courrier comme quoi nous devons quitter les lieux d’ici une semaine. Après c’est  Ibrahima Kourouma, Ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire qui a balancé sur les réseaux sociaux, sans notification personnelle  que nous devrions partir de la cité de Coléah d’ici trois mois.

Comment avez-vous obtenu cette parcelle dans un domaine appartenant à l’Etat guinéen ?

Le hic avec cette décision, c'est que ce bâtiment m’appartient (…), c’est le feu général Lansana Conté qui me l’avait octroyé depuis plus de vingt ans. Le président l’avait fait avant un match qu’on devait opérer face à la Guinée-Bissau. Nous avions perdu à l’aller sur le score de (2-3), suite à cette défaite, le chef de l’Etat d’alors nous a rencontrés pour nous dire de prendre nos responsabilités pour le match retour. A la suite de cette entrevue, le président Lansana Conté a demandé à me rencontrer  avec Titi Camara  pour cinq minutes.  Il nous a confié l’équipe tout en nous demandant en cas de victoire que voudrions-nous. Moi sans hésiter je lui ai demandé de m’aider à récupérer ce bâtiment de Coléah (…), pour Titi  qui voulait la bâtisse de Almamya, Lansana Conté a dit que ce n’était pas possible mais plutôt qu’il nous donnait une parcelle du côté de Sangoyah (Haute banlieue de Conakry, ndlr). Je lui ai dit que j’ai passé toute mon enfance à Coléah, je préfère garder cet endroit. Après notre victoire, nous sommes venus Titi et moi le rencontrer, il a automatiquement donné son accord pour qu’on nous les  rétrocède. Pour une question d’espace, outre le premier bâtiment j’ai construit ce  bâtiment dans lequel nous sommes.

Mais c’était une décision verbale de la part du président et non un acte administratif ?

Sur ordre de Lansana Conté, j’ai été au patrimoine-Bâti public où on m’avait demandé de payer un fonds qui prouve que j’ai acheté Coléah. Ce jour-là j’ai été à la banque centrale de Guinée où j’ai déposé ce qu’on m’avait demandé comme somme, pour acquérir ce terrain. Donc je considère ici comme le fruit d’un travail de longue haleine.

Vous aviez donc reçu des papiers de la direction du patrimoine-bâti comme quoi, après versement que le terrain vous revenait ?

Oui bien-Sûr ! Bien que je l’ai acheté en 1996, ce n’est qu’en 2001 que j’ai reçu le titre foncier. Ce titre foncier aussi, comme on dit souvent en tant que croyant, c’est l’actuel ministre d’Etat Kassory Fofana, à l’époque ministre sous le régime de Lansana Conté qui avait signé à main levée ce titre foncier de la maison de Coléah.   

Qu’est-ce vous demandez maintenant aux autorités ?

Dans l’affaire il n’y a pas que moi. Certes à une période j’ai été Footballeur  mais de nos jours j’habite avec des gens ici qui ont travaillé pour ce pays et qui y ont passé des décennies. L’Etat guinéen doit réfléchir un peu, il n’a qu’à penser à dédommager certaines familles. En ce qui me concerne d’ailleurs je rappelle ici que le Général Toto qui a été ministre sous la transition et même de Alpha Condé était passé me voir à l’époque pour me parler d’un projet de construction de logements sociaux dans le quartier Coléah. Avec un grand respect, il m’a expliqué et montré un plan, après reconstruction où doit se situer ma parcelle. Mais par rapport à ce qui se passe aujourd’hui, c’est  la manière qui laisse à désirer. Les autorités de maintenant ne sont jamais rentrées en contact avec les habitants des lieux (…), venir du jour au lendemain dire aux gens qu’ils doivent quitter les lieux  c’est horrible en  plus marrant.

Vous dites que vous n’avez vu personne  mais pourtant au début de votre propos vous avez fait cas d’un huissier de justice qui serait venu déposer un préavis de déguerpissement...

Je ne peux pas en vouloir à un  huissier mais à ceux qui l’on mandaté, puisqu’ils ont tout faux.  Ce qui est sûr et je le dis à qui veut l’entendre moi Salam Sow je ne vais pas me retrouver dans la rue demain.

Donc vous n’êtes pas prêt à quitter les lieux ?

 Ce n’est pas parce que je ne suis pas prêt  à quitter  (…), même si ce terrain m’avait été offert par Lansana Conté, tenter de  me le reprendre maintenant par la force, c’est de me le voler. L’Etat comme on dit est une continuité, donc si l’autre régime m’a rétrocédé ce terrain et  que sous Alpha Condé  ils veulent le reprendre par force, ce n’est qu’un vol. Pour ça,  je ne ferai pas la courbette devant quelqu’un. Je suis même prêt à rencontrer le Président de la République pour lui dire en détails ce qu’il y a. Aujourd’hui, j’ai quatre filles et un garçon, de l’autre côté, les mandants ont des enfants aussi, alors qu’ils se mettent à la place de tous ceux qui habitent cette cité, même pas par rapport à Salam Sow mais à ceux qui ont élu ce Président qui est aujourd’hui au pouvoir.

Même si tu dois partir d’ici il faut partir dans la dignité avec tout le respect qui sied. C’est ma façon de voir les choses, tout le monde sait que l’Etat est puissant mais l’Etat c’est nous qui avions élu tout ce beau monde, donc nous méritons au moins ce respect-là. Nous ne sommes pas sous-guinéens et je demande à l’Etat de bien réfléchir (…), en 1996, quand je jouais par exemple, tous ces jeunes ministres aujourd’hui étaient quoi ?  Je demande alors à ces cadres de bien réfléchir, puisqu’on est assis sur un volcan. Avec le chef de l’Etat, je parlerais surtout du collectif de ceux qui vivent en ces lieux  puisque je ne dois pas m’écarter de mes voisins car il est aussi temps qu’on se serre les coudes et qu’on avance ensemble.

Outre ce cri de cœur que vous venez de lancer, avez-vous un message à l’endroit des autorités du pays ?

De grâce on a vu Papa Camara ici, j’ai passé les quatre derniers mois de son existence avec lui. Pour tout ce que ce monsieur a représenté pour ce pays à travers son art qui est le football, le sacrifice lors de son décès s’est passé dans la rue. Comme on dit dans la vie, on devient ce qu’on veut devenir, alors moi je le dis ici plus haut qu’ailleurs que moi je ne vais pas être dans la rue et je me battrais pour cela. Certes ce quartier appartient comme d’ailleurs tout le pays appartient à L’Etat, mais il ne faut pas que ce dernier oublie que c’est le peuple qui l’a mis là où il est. C’est la raison pour laquelle je suis très frustré et quand j’en parle, je me sens un peu faible puisqu’il s’agit de l’Etat. Aurait été le ministre Kourouma qui était en face  de moi on allait se battre. C’est un homme comme moi mais le combattre aussi en tant que ministre c’est de se battre contre l’Etat (…), je lui dirais tout simplement de réfléchir parce que moi je ne veux pas être dans la rue.

Un denier mot ?

J’ai envie qu’on nous aime vivant parce que je vais le dire aujourd’hui, je n’ai pas besoin qu’à ma mort qu’on m’amène au palais des Sports pour des éloges à titre posthume lorsque de mon vivant je soufflais le chaud et le froid. Si c’est comme cela  je préfère qu’on m’enterre à Mamou  auprès de mon père. Il faut aimer les grands quand ils sont vivants et non après leur mort. C’est très important.

Ironie du sort, pendant  qu’on y est, l’Etat veut mettre mes enfants dans la rue et de l’autre côté, moi je suis en train de me battre pour aider des jeunes guinéens  à participer à un tournoi mondial des jeunes joueurs de 15 à 17 ans à New-York où participeront plus de 80 clubs à travers le monde et non des moindre, dont entre autres le Réal Madrid, FC Barcelone et j’en passe. Tout cela c’est de venir en aide aux enfants guinéens qui ont du talent et qui n’ont pas les moyens de l’exprimer, faute de soutien matériel et financier.

Merci Salam Sow !

C’est à moi de vous dire Merci !

 

Entretient réalisé par 

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 311 113

Créé le Mardi 20 Février 2018 à 18:38

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