Conakry : colère et indignation des parents d’Abdoulaye Bah, l’adolescent tué par balles à Bambeto...

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Violences à Conakry

CONAKRY-Né en 2001 à Bambeto, Abdoulaye Bah est originaire de Linsan Saran dans la préfecture de Lélouma. Elève en 10ème année, le jeune collégien  été mortellement fusillé dans la journée du lundi 12 février 2018 à Bambeto magasin, alors qu’il n’avait même déjeuné. L'adolescent laisse sa famille dans une désolation totale. 

Il a été atteint de 2 balles lorsqu’on courait

Amadou Dian Diallo frère de la victime très ému et dans un ton pathétique revient sur les circonstances de la mort de son frère. « Mon frère est allé à l'école le matin et comme il n'y a pas eu cours, il est revenu.  Il n'avait même pas déjeuné. Je l’ai commissionné pour me faire un transfert d’unités dans mon téléphone. Ensuite, nous sommes remontés ensemble vers chez nous à Bambeto l'ancien gare voiture pour préparer le thé derrière notre cours. Arrivé là-bas, c'est là qu'un pick-up de la BAC n°1 est arrivé. Nous avons cherché à courir. A mi-chemin, il a été atteint de 2 balles, une dans son bras et l'autre dans le ventre et il est tombé. Après il a crié vous allez me laisser ? Vous allez me laisser ici ? Ne me laissez pas ici. Et c'est de là que deux de mes frères se sont retournés parce que moi j'avais pris un autre chemin, ils m'ont appelé pour me dire qu'il a reçu 2 balles. Et je suis revenu on l’a pris pour l'envoyer à l'hôpital Sino-guinéen où il a rendu l'âme », a témoigné, attristé Amadou Diallo.

La balle a la dimension d’un doigt s’est logée aux côtes

Aboubacar Bah l'oncle du défunt Abdoulaye Bah ne retient pas ses larmes. Il revient lui aussi sur les derniers moments de l’adolescent. « Je suis avec Abdoulaye Bah depuis lorsqu'il avait 2 ans jusqu'hier lundi où il a été assassiné. Il m'aimait, me respectait tellement. Tout ce que je lui demande de faire ou de laisser c'est ce qu'il fait. C'est sa maman qui m'a appelé pour m'informer qu'il a été fusillé. Après je me suis rendu à l'hôpital Sino-guinéen pour demander si un enfant fusillé n'a pas été envoyé ici, ils m'ont dit oui effectivement l'enfant est là à l'urgence. Mais ils m'ont dit d'attendre qu'ils sont en train de faire leur entretien. Après ils ont fait le plâtre parce que son bras a été complètement brisé par la première balle qu'il a reçu. Après, lorsqu'ils ont fini de faire la radiographie, ils m'ont appelé pour me montrer les clichés, et ils ont dit que son bras est complètement brisé et l'autre balle a traversé son ventre pour aller se loger au niveau des côtes et que la balle a la dimension d'un doigt. Après j'ai compris immédiatement qu'il ne va pas s'en sortir. Quelques temps après ils nous ont appelé pour nous informer que l'enfant est finalement décédé mais de ne pas informer la foule qui était là », a raconté M. Bah en sanglotant.

Ils nous ont accusé et tué notre enfant dans la foutaise et l'injustice

Poursuivant, il a imploré Dieu pour arrêter la souffrance dont ils sont victimes. Mais il avertit qu’ils ne pardonneront pas ceux qui les ont arraché l’affection de leur fils. « Nous avons  pardonné Abdoulaye Bah tout ce qu'il a fait. Mais au contraire, ceux qui l'ont tué, on ne les pardonnera jamais, ce qu'ils nous ont fait on ne pardonnera pas. Mais comme on n’a pas leur force, on prie Dieu pour qu'il paye pour nous. Ils nous ont accusé et tué notre enfant dans la foutaise et l'injustice. On prie Dieu pour qu'Il nous rende justice. Parce que c'est lui Dieu qui peut le faire, on Lui demande de l'aide face à cette souffrance, cette haine et cette injustice dont nous faisons face en ce moment », a imploré M. Aboubacar Bah.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Mardi 13 Février 2018 à 18:19

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