Guinée : Le clavaire des "refugiés" libériens à Conakry…

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Société

CONAKRY-Plusieurs ressortissants libériens installés à l’ancienne ambassade de leur pays viennent d’être déguerpis par les autorités guinéennes. Ils avaient reçu un préavis de 72 heures avant le début de l’opération. Ces libériens passent la nuit à la belle étoile avec leurs bagages. Ils dénoncent le manque d’assistance de leur ambassade à Conakry.

Certains ayant fui la guerre civile au Libéria dans les années « 90 » se sont installés dans cette zone située au quartier Donka. D’autres sont arrivés il y a seulement dix ans.  En arrivant sur les lieux, on est frappé par le désordre. Des matelas usés, des habits, du matériel électroménager, sont éparpillés çà et là. Adolescents, vieux, jeunes, femmes observent impuissant la démolition du bâtiment qui leur servait d’abris jusque-là.

Un Caterpillar est stationné au milieu de la cour. Une équipe de gendarmes surveille l’opération. La prise d’image n’y est pas permise. Les interviews non plus.  Ces déguerpis se considèrent encore comme des refugiés. Mais cette qualification sonne mal à l’oreille des agents déployés sur le terrain.

« Est-ce qu’il la guerre au Libéria ? Il y a aucun refugié libérien sur le territoire guinéen. Ces gens-là ne sont plus reconnus par haut-commissariat aux réfugiés (HCR) comme étant des réfugiés. Ce sont des occupants illégaux », tranche un agent que nous avons abordé sur les lieux.  

Il nous a fait savoir que le Président de la République est venu en personne visiter ce lieu, un bel endroit  situé au bord de l’Atlantique. Une version confirmée par une vielle appelée Mama Africa, qui habite cet endroit depuis 27 ans. Si ces libériens se plaignent de leur triste sort, ils accusent leur diplomate en poste à Conakry, d’être en partie responsable de leur malheur.

« Hier on est allé en groupe rencontrer notre ambassadrice pour lui expliquer notre situation, elle a appelé des militaires en disant qu’on est venu l’attaquer. Elle nous a effrayé, on nous a attrapé on nous a gardé toute la journée. Elle dit qu’elle ne peut rien pour nous. En ce moment, on dort dans la cour, mais on nous a demandé de quitter définitivement. On ne sait pas où aller », expliqué ce jeune libérien interrogé par un journaliste d’Africaguinee.com.

Le jeune junior souligne qu’environs 107 personnes vivaient dans ce bâtiment. « Nous sommes au nombre de 107 personnes. Femmes, enfants, vieux, vielles. Jeudi passé, on a reçu la lettre du ministre de la ville et de l’aménagement du territoire, nous invitant de quitter dans 72 heures (…) nous sommes des refugiés, nous n’avons rien. On vit de manière difficile. Quand les 72 heures sont passées, ils ont envoyé des militaires avec des machines qui nous ont fait sortir. On a tout cassé, nous n’avons nulle part où aller », se plaint-il.

A suivre…

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112

Créé le Jeudi 11 janvier 2018 à 12:47

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