Dr Fodé Oussou : « Je n’ai pas envie aujourd’hui d’être à la place du Président Cellou Dalein… »

Interview
Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l'UFDG
Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l'UFDG

CONAKRY- Ce vendredi 15 décembre 2017, Dr Fodé Oussou Fofana, l’un des vice-présidents de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée était dans nos locaux. Le Président du Groupe parlementaire des Libéraux Démocrates s’est prêté à nos questions. Nous avons abordé plusieurs sujets avec lui, notamment la question des élections locales prévues le 4 février 2018. Le parti UFDG va t-il laisser à la traîne ses alliés ? Dr Fodé Oussou Fofana propose à Aboubacar Sylla et cie une stratégie qu’il a qualifiée de « gagnante ». Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : L’élaboration des listes des candidats de l’UFDG pour les prochaines élections locales a créé certaines tensions au sein du parti. Comment comptez-vous gérer tous ces soubresauts pour éviter qu’il n’y ait des frisures ?

FODE OUSSOU FOFANA : En tant que vice-président, je n’ai pas envie aujourd’hui d’être à la place du président Cellou, parce que vous avez des responsables qui sont tous des militants engagés et qui se sont battus durant de longues années et sans reproches (…), quand on vous dit de faire un partage entre ces personnes pour choisir une seule personne, à ce stade vraiment je n’ai pas envie d’être à la place du président Cellou Dalein. Ce problème n’est pas à Conakry seulement mais sur toute l’étendue du territoire national. Il y a des difficultés énormes à constituer les listes de candidature tout simplement parce que tous ceux qui veulent être candidats sont méritants mais le hic est qu’on ne peut pas avoir tout le monde comme candidat. C’est pour cela que nous avons fait appel à la conscience des uns et des autres, nous leur avons demandé de mettre le parti au-dessus des intérêts personnels. On leur a demandé de s’entendre au niveau de la base en faisant des propositions si cela ne marche pas comme ça, entant que parti démocrate, nous procèderons au vote pour les départager. Au terme de cela, nous demanderons à ceux qui n’ont pas gagner de continuer à être de l’UFDG et de soutenir ceux qui ont gagné. En guise d’exemple, à Mamou, nous avons Barry Math qui est le président de la délégation spéciale qui était candidat contre un autre (…), nous avions essayé de faire un consensus lorsqu’on s’est rendu compte de la difficulté à choisir entre les deux qui sont tous méritants. Au terme du vote, Barry math a perdu avec une seule voix et a reconnu sa défaite. Il s’est en plus engagé à soutenir celui qui a gagné. Comme je l’ai dit, c’est le parti qu’il faut considérer et non sa propre personne. A travers cette astuce tous les problèmes ont été réglés, notamment à Dinguiraye et au niveau de Conakry où le problème est complètement réglé. Nous connaissons toutes les têtes de liste dans les différentes communes de façon consensuelle. Nous sommes un grand parti et il faut s’en féliciter. Quand vous regarder dans les autres partis notamment au RPG-Arc-en-Ciel où déjà des camps rivaux s’agressent à coups de bâton entrainant des blessures (…), chez nous à l’UFDG il n’y a pas ce problème. Vous savez d’ailleurs que le RPG est un parti complètement désorganisé, qui ne fait pas de congrès, qui n’a pas de structure, personne ne sait qui est qui dans le parti. Les résultats de cette mauvaise gouvernance sont dans le RPG-arc-en-Ciel.

Quel est l’enjeu de ces élections pour l’UFDG ? Est-ce qu’il s’agit d’un scrutin test avant les législatives de 2018 et la présidentielle de 2020 ?

A tous les niveaux c’est important, d’abord il s’agit d’élections de proximité, la présidentielle de 2020 passe obligatoirement par ces élections locales. En 2015, l’on ne peut pas ignorer le rôle qu’ont joué les chefs de quartiers militants et activistes du RPG-Arc-en-ciel. Nous avons vu lors de ce scrutin des chefs de quartier dérober des urnes pour leur domicile, modifier des procès-verbaux en les raturant pour que le vote soit annulé là où on est sorti vainqueur. A la base, les chefs de quartier jouent un rôle important, donc nous avons dit à tous nos responsables de se battre pour avoir le maximum de conseillers et le maximum de communes possibles. Nous voulons vraiment trois communes sur les cinq à Conakry. C’est possible de l’avoir, certainement même à Kaloum (…), là-bas, nous avons en face un parti dans lequel des gens sont complètement déçus des fausses promesses. Croyez-moi aujourd’hui que l’on ne peut plus manipuler les gens de la basse-côte. Vous savez, en Basse-côte quand tu tiens des promesses et que tu ne réalises pas, c’est que tu ne peux plus compter sur eux. Dans cette situation alors, je ne sais pas comment Alpha Condé va trouver des candidats à moins qu’il n’amène encore ses anciens ministres comme Mathurin ou Naité à Dixinn. En tout cas si l’UFDG veut que le président Cellou gagne dès le premier tour en 2020 il faut que l’on se batte par tous les moyens pour avoir le maximum de conseillers.

L’UFDG va aller à ces élections sans aucun parti allié ?

Nous sommes en harmonie avec les partis qui sont de l’opposition républicaine. Notre stratégie a été très claire dès au départ et d’ailleurs nous ne sommes pas les premiers à annoncer cette stratégie, ce sont nos alliés qui on fait ces propositions. Le premier à proposer cela c’était Aboubacar Sylla qui a dit qu’un parti ne peut exister que s’il va aux élections. On ne peut pas continuer à vouloir être un parti et continuer à dissoudre sa liste dans un autre parti. Le chef de file de cela était Aboubacar Sylla, j’étais à cette réunion lorsqu’il a dit nous préférons aller à ces élections pour regarder le poids de nos partis. Nous sommes en harmonie avec cela et de notre côté nous allons mettre en place des stratégies gagnantes qui consistent à aller chacun de son côté. Certes, il est difficile pour un seul parti de gagner près de 50% mais on le gagnera lorsque nous allons nous mettre certainement ensemble nous pourrons avoir la majorité.  Mais nous sommes très clairs, nous savons quelle est la stratégie, nous avons défini comment on doit faire dans chaque région. Nous regardons le plus fort pour que l’autre le soutienne ; nous verrons parmi nos alliés par exemple à Kissidougou ou Guéckédou, si le premier qui arrive n’a pas la majorité, si avec les voix de l’UFDG on peut avoir la majorité il n’ y a aucun problème ce sera comme ça partout. Donc nous sommes en harmonie et nous n’avons pas de problème de promesses. Nous n’avons pas de partis où les gens pleurent comme au niveau du RPG-Arc-en-ciel où certains partis comme le AFIA de Docteur Saliou Bella qui est content de toujours prendre le biberon parce qu’il est heureux d’être sur la liste du RPG-Arc-en-ciel. Je lui conseillerais d’ailleurs de dissoudre le AFIA dans le RPG-Arc-en-ciel pour au moins qu’il soit nommé comme porte-parole de la mouvance présidentielle parce qu’il aime le titre de porte-parole mieux que celui d’être le président de AFIA ; vous ne l’entendrez jamais se présenter comme étant le président de ce parti mais plutôt le porte-parole qu’il n’est pas d’ailleurs. Chez nous, on ne le fait pas puisqu’on a du respect pour nos alliés. Quand vous prenez l’UFC d’Aboubacar Sylla, c’est une grande formation politique, qui organise des assemblées générales et qui est installée sur toute l’étendue du territoire national tout comme l’UDG de Mamadou Sylla qui a les moyens de faire sa campagne. Nous avons des partis politiques forts et indépendants qui n’attendent pas qu’on leur donne un biberon pour téter.

Vous semblez très confiant alors que beaucoup d’observateurs estiment aujourd’hui que l’opposition est en déconfiture totale ?

Demandez à Mr Alpha Condé qui avait promis de détruire l’opposition en six mois, est-il parvenu à le faire ? Nous sommes toujours là et l’opposition existe toujours. Aujourd’hui si vous prenez l’Assemblée Nationale, pourquoi il faut nous consulter à chaque fois c’est parce que le RPG n’a pas la majorité absolue, l’UFDG seule fait 35 députés (…) il faut dire réellement que cette opposition républicaine existe et le président Cellou Dalein est le chef de file. Il faut que les gens acceptent le concept d’opposition quand on parle d’opposition c’est lorsqu’on s’oppose. On ne peut pas être de la mouvance et dire qu’on est de l’opposition, nous sommes dans mouvance avec des gens qui sont convaincus qu’ils sont de cette opposition républicaine, des gens qui se battent et qui ont des partis solides. Les exemples ne manquent pas d’ailleurs, on peut parler du GRUP de Papa Koly Kourouma, Marc Teliano du RDIG, ce sont tous des alliés qui sont de l’opposition républicaine. Voilà nos alliés et ce ne sont pas des alliés qui pleurent s’il y a des problèmes. Nous avons des stratégies gagnantes que nous n’allons pas étaler au grand jour, l’essentiel pour nous c’est de remporter assez de voix pour avoir le maximum de conseillers pour empêcher les fraudes en 2020 comme ça été le cas en 2015. Tout le monde sait qu’au second tour de 2010 aussi entre les quatre mois, tout le monde sait ce qui s’est passé. On a vu le rôle joué par les chefs de quartiers qui étaient des militants du RPG, mais tout cela est terminé, car en 2020 ce sera la transparence, il n’y aura aucun moyen pour Alpha Condé et son Gouvernement militant de tricher puisque nous allons y veiller. 

On accuse votre parti d’être assez gourmand à tel point que dans certaines localités vous n’avez pas cédé face à des partis politiques qui étaient jusque-là considérés comme des alliés. Je parle par exemple du parti NFD de Mouctar Diallo qui compte se présenter pour être à la tête de la commune de Ratoma. Que répondez-vous ?

Je ne savais pas que le parti NFD avait demandé à l’UFDG de céder la mairie de Ratoma ; moi je n’ai pas besoin de parler de ça puisque je n’ai pas été témoin de cela. Ce qui reste claire, la commune de Ratoma est l’une des plus importantes du pays et vous n’êtes pas sans savoir comment l’UFDG est bien implanté là-bas, et je ne sais pas comment on peut demander à notre parti  de céder cette commune (…), moi je n’ai pas été témoin de cela, je n’ai pas assisté à une réunion au cours de laquelle le parti NFD de Mouctar Diallo nous a demandé de lui céder la commune. Nous estimons que chacun est libre de présenter des candidats partout où il veut, même si nos alliés présentent des candidats dans la commune de Ratoma, je dis qu’au finish, il faut que tout le monde reste derrière le premier. Nous avons dit que nous partons à ces élections sur toute l’étendue du territoire, il y a des endroits où nous ne sommes pas forts et où ce sont nos alliés qui le sont, cela nous ne gênerait aucunement de soutenir cet allié-là. Nous préférons nos alliés à Alpha Condé.

Quelles sont les garanties de transparence que vous avez par rapport à ces élections ?

Avez-vous une certaine garantie qu’il ne va pas y avoir de fraudes de la part de la majorité présidentielle ?

Ce sont des élections de proximité, d’abord le premier avantage, c’est que le fichier n’a pas d’influence et on ne peut pas le manipuler. La seconde chose est qu’il est difficile de voler pace qu’au-delà du parti il y a aussi le candidat qui sera avec ses militants lors de la délibération. Ce sont les gens du quartier qui voteront et je pense qu’à ce niveau-là, il y aura moins de fraude. C’est pourquoi d’ailleurs on n’a pas exigé à ce que le fichier soit révisé, cela veut dire que si un citoyen a sa carte d’électeur et prêt à voter en tant que citoyen de son quartier, c’est ce qui est souhaité.

 

Entretien réalisé par

SOUARE Mamadou Hassimiou

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 11

Créé le Samedi 16 décembre 2017 à 15:26