Mouctar Bah (Rfi) révèle : « Quand Alpha Condé a été arrêté en 1998… »

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Société

LABE-Le journaliste Mouctar Bah, correspondant de radio France internationale (RFI) en Guinée a fait des révélations  sur l’arrestation d’Alpha Condé, actuel président guinéen, en 1998 au lendemain de l’élection présidentielle.

Environs vingt ans après, notre confrère vient de révéler que son accréditation a été invalidée à l’époque par les autorités tout simplement parce qu’il aurait refusé de diffuser des fausses nouvelles sur Alpha Condé. Lisez le témoignage de Mouctar Bah le qui  a été interdit d’exercer en Guinée pendant près de 2 ans par le régime d’Alpha Condé avant d’être réhabilité sur intervention d’une certaine autorité française.

« Quand Alpha Condé a été arrêté dans la nuit du 15 au 16 décembre 1998  au lendemain de la présidentielle. Je pense que les élections ont eu lieu le 14. Il (Alpha Condé) a quitté ici Conakry dans l’après-midi. Il a été arrêté là-bas (Piné NDLR) dans la nuit du 16 décembre. A Conakry ici, ils (les autorités de l’époque NDLR) ont essayé de me manipuler dans la journée du 18 ou 19 décembre 1998. Je ne me souviens pas trop du jour exact mais c’est entre le 18 ou 19.

Ils m’ont appelé pour m’envoyer à la villa 36 où tous les services secrets travaillaient sur le dossier Alpha Condé en ce moment. Il était détenu au camp Koundara. Je ne te dirai pas ceux qui m’avaient envoyé là-bas, certains d’entre eux travaillent avec Alpha Condé aujourd’hui. Je suis resté à la villa 36 de 11h à 13heures où ils ont essayé de me faire croire que l’homme(Alpha Condé) avait 300 vedettes en mer et pleins de mercenaires qui allaient descendre la nuit renverser le président Conté

Les autorités voulaient que j’annonce cette accusation à 18h30 sur Rfi pour pouvoir faire la peau à Alpha la nuit. Si je l’avais fais on allait simuler une attaque du camp de Koundara, puisque qu’ils allaient envoyer une ou deux vedettes en mer pour tirer au tour du camp ou en mer, pour dire voilà il y a eu l’attaque. Ça allait être une occasion de l’éliminer.

J’avais répondu à ceux qui m’ont fait venir, que je ne peux parler de présence de vedettes en mer, parce que je n’ai pas vu. J’ai demandé à ce qu’un d’entre eux parle officiellement à mon micro, comme ça je diffuserai sa voix, mais moi je ne peux l’affirmer comme ça.

Parce qu’ils avaient demandé à ce que je fasse un papier blanc. Ce que j’ai refusé. J’ai insisté à ce qu’ils parlent au micro. Ils m’ont dit si je ne parle pas eux aussi ne parleront pas. C’est en ce moment qu’ils m’ont dit de partir, et qu’après ils vont me rappeler à 15heures et que  c’était le ministre de la défense à l’époque qui doit faire la déclaration. Je suis parti.

Du coup, j’ai commencé à faire des papiers pour parler d’Alpha Condé jusqu’au 24 décembre 1998. J’ai dit qu’on a arrêté Alpha Condé alors qu’il a une double immunité. Parce qu’il était non seulement candidat à l’élection présidentielle dont les résultats ne sont pas proclamés ensuite il était député de la République ce qui faisait de lui un homme protégé.

J’ai également dit qu’il a été arrêté à Piné, on ne l’a pas été arrêté en train de franchir une frontière fermée et si c’était le cas aussi  c’est une contravention. On lui dit tout simplement Monsieur la frontière est fermée retournez.

J’avais également dit Piné là où il a été arrêté, c’est un village guinéen, il y avait une possibilité de dire qu’il allait se reposer là-bas chez une tante, un frère ou un ami jusqu’à la proclamation des résultats. C’est permis même qu’il vote à Piné, chaque citoyen pouvait voter quelque part là où il voulait. J’avais fais un autre papier où j’avais dit que si Ba Mamadou était parti à Salabandé, Siradiou Diallo à Pilimini est que on les aurait arrêté là-bas.

 Les pouvoirs publics n’avaient pas aimé tous ces papiers. Finalement ils ont décidé dans la journée du 24 décembre 1998 d’invalider mon accréditation en Guinée m’accusant d’en faire trop pour Alpha. C’est le 24 décembre 1998 que mon accréditation a été invalidée en Guinée jusqu’au 5 Mai 1999.

Ils ont envoyé un fax à Paris pour leur annoncer que mon accréditation est invalidée C’est en ce moment qu’on m’avait envoyer travailler à Bissau au compte de RFI et AFP. C’est des gens qui sont proche de lui aujourd’hui qui l’avaient fait. A cette époque-là Emile Ton papa était au CNC (conseil national de la communication) Alpha Ibrahima Mongo était le ministre de l’information ».

Témoignage recueilli par Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com 

Tél. : (00224) 664 93 45 45

Créé le Lundi 04 décembre 2017 à 9:01

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