Reconquête de l’UFDG : Bah Oury dévoile son « plan B » (interview)

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Interview

PITA-Comment Bah Oury compte-t-il « reconquérir » l’UFDG dont il est exclu ? Outre le front judicaire qu’il a enclenché, l’ancien exilé politique révèle dans cet entretien qu’il nous a accordé, son plan « B ». Il revient également sur le contenu des entretiens qu’il a eu avec certains notables du Foutah, mais également de ses ambitions pour les prochaines élections communales. Lisez. Exclusif !!!

Vous avez eu des rencontres avec certaines autorités religieuses du Foutah. De quoi a-t-il été question dans vos échanges ?

C’est vrai que j’ai rendu visite  certaines autorités religieuses et officielles dans la région comme Elhadj Bano Khalife du foutah, j’ai pu également rencontrer le grand-imam de Labé chez lui à Labé, Elhadj Badrou  et quelques autorités officielles.

Mon seul objectif est de montrer ma disponibilité à me rapprocher de l’intérieur du pays pour présenter certaines idées sur la démarche que je suis en train de préconiser, nulle part  je n’ai voulu parler politique avec ceux dont j’ai rencontré. J’ai leur ai surtout parlé de solidarité, de développement local et de la nécessité par leur position  d’œuvrer pour le renforcement de la cohésion entre tous les citoyens de ce pays.

J’ai insisté également sur le fait que nul n’est propriétaire d’une parcelle de ce territoire, les citoyens guinéens partout ils ont en Guinée, ils sont chez eux. Il n’y a pas de particularité et personne ne peut se prévaloir et dire que  quiconque n’est pas avec tel dans telle localité on le mettra dans un puits ou le fera ceci ou cela.

 Ce sont des expressions qui nous ramènent 35 ou 45 ans en arrière. Je pense que les sacrifices consentis, les hommes et les femmes qui sont tombés pour que la démocratie soit une réalité dans notre pays ne peuvent pas accepter que des idées conservatrices fascisantes  puissent prospérer dans des zones où les victimes se comptent par milliers par rapport la lutte pour la démocratie en Guinée.

J’ai dit à Elhadj Badrou, l’imam de Labé, si on projette un regard sur les liens de parenté, il trouvera que je suis de Labé aussi. Ma belle-famille est entre Lélouma et Koubia, les oncles de mes enfants sont aussi mes oncles aussi, nos gendres méritent tout le respect. Moi aussi je suis de Labé aussi compte tenu des liens avec ma belle-famille. Contrairement à ce que certains pensent et disent sur ma personne, c’est parce qu’ils ne savent pas ce qui prévaut actuellement.

Ce grand arbre sous lequel nous sommes assis ici  à Kigna est plusieurs fois centenaires, mes parents et leurs parents ont discuté de leurs projets sous cet arbre aussi. Je suis d’ici, le logo du parti UFDG est inspiré de cet arbre. Bon quand certains disent du n’importe quoi sur mes origines, un jour vous aurez quoi dire face à l’histoire. C’est ici Kigna mon village natal. Ça me fait plaisir de venir me ressourcer dans ce petit village qui est une partie de moi-même

Votre rencontre récente rencontre avec Monsieur Bah Ousmane, a suscité assez de débats. Certains disent vous entrevoyez de faire front commun avec les sages de Pita à défaut d’allier les autres du Foutah à votre cause. Qu’en est-il ?

Non, je pense qu’il y a des gens qui n’ont pas d’arguments. Je n’ai pas besoin  de recevoir un rond de quelqu’un pour venir chez moi ou pour aller rendre visite à des hommes vénérables que je respecte. C’est une obligation pour moi de les rendre visite. Si eux (les détracteurs NDLR) pensent que chaque personne peut être achetée, moi Bah Oury je ne fais pas partie de cette race de personnes qui peuvent être achetées.

Ma rencontre avec Bah Ousmane est vue autrement, pourtant c’est un grand frère qui a facilité mon retour d’exil, il a fait  les mêmes démarches pour Elhadj Amadou Oury Sadakadji. C’est vrai que ces rencontres ne sont pas fortuites mais c’est dans la logique des choses. Peut-être certains s’intéressent aujourd’hui aux rencontres que Bah Oury est en train de faire mais c’est des rencontres régulières avec Bah Ousmane, Diallo Sadakadji et d’autres. Et tout ça, c’est pour travailler afin qu’il y ait la cohésion dans ce pays, pour une culture de développement  dans l’approche politique.

L’autre aspect c’est d’encourager les jeunes à s’impliquer activement pour être des prochains élus  dans les communes afin qu’on se concentre sur des forces jeunes pour nous permettre de tourner la page d’une certaine pauvreté, c’est tout rien d’autre.

Les élections communales sont prévues le 4 février prochain. Comment vous comptez vous impliquer dans ce scrutions alors que vous êtes exclu de l’UFDG ?

Nous serons présents aux prochaines élections communales quel que soit le cas de figure, d’ici là peut-être beaucoup de choses peuvent se passer, mais nous ne serons pas absents à ce scrutin communal. Nous aurons nos listes  dans des villes comme Pita, Labé, à Conakry et ailleurs. Je ne vais pas tout dévoiler mais on est dans une dynamique de faire en sorte que surtout qu’une nouvelle génération prenne le pouvoir en Guinée  dans la gestion communale. C’est la seule manière d’asseoir d’une gouvernance équitable, stable qui va rapprocher toutes les populations et aller dans le sens du développement. De ce cas de figure Nous serons impliqués quel que soit la procédure judiciaire en cours, nous serons impliqués aux élections. Maintenant sous quel bannière déjà il y a le plan A, le plan B d’ici là beaucoup de choses peuvent être décantées du côté de l’UFDG.

Quelle appréciation faites-vous de l’annonce de la candidature de Thierno Souleymane Diallo « OBAMA » pour la circonscription de Lélouma ?

Vous savez certaines personnes sont venues en politique pour des intérêts. Et je constate que les gens qui sont venus en politique pour avoir des postes, des privilèges et des positions avantageuses se retrouvent dans un bloc. Et ce bloc a amené l’UFDG dans une situation calamiteuse. Pourtant il y  a des hommes et des femmes qui se sont investis depuis très longtemps pour l’UFDG qui ont été marginalisés, je demande à tous ces gens de retrousser les manches pour aller dans la bataille parce que nous voulons des hommes et des femmes de conviction pas des gens qui veulent considérer l’UFDG  comme une vache laitière.

Ce processus est engagé, nous voulons un changement en profondeur pour l’UFDG. A Lélouma il y a des candidats que je connais, qui peuvent être sur une liste indépendante. Je veux des acteurs de développement pour aller à la compétition  pour servir les populations. Personnellement je ne veux pas des gens qui veulent aller à la soupe pour se remplir les poches au détriment des intérêts du peuple.

Partout il y aura des personnes de bonne volonté qui sont reconnus par les hommes et les femmes comme étant des personnes qui s’investissent pour les collectivités, ils auront mon soutien  et ça va même au-delà de l’UFDG. Nous voulons une nouvelle classe politique plus vertueuse, plus à l’écoute des populations qui ne sont pas là à chercher des privilèges  par des prébendes et par des attitudes fascisantes. Ifaut que la Guinée change.

Récemment quelqu’un a confié que durant la crise qui a abouti à votre exclusion du parti, certains sages du Foutah ont voulu vous imposer de garder le calme pour rester dans le parti. Est-ce vrai ?

Effectivement certains ont voulu m’imposer cela, j’ai dit non. Donc ils ont appuyé, soutenu des actions qui heurtent la conscience humaine. Et Cellou Dalein jusqu’ cette tentative d’assassinat qui  a couté la vie à Elhadj Mohamed Koula. Je pense que depuis lors certains sont en train de comprendre peut-être qu’ils ont été trompés et c’est le moment d’ouvrir les yeux parce que ceux qui amènent les gens dans la rue pour leurs simples intérêts ne peuvent pas aimer toute une communauté. Au contraire ils sont en train de sacrifier cette communauté.

Et si une autorité morale, une autorité quelconque  estime parlant au nom de cette communauté et ferme les yeux sur les dérives graves que certains sont en train d’envoyer cette communauté. Je pense qu’il est de notre responsabilité à nous tous d’attirer leur attention sur une démarche qui n’est ni constructive, ni utile qui ne va pas dans le sens aussi bien de l’intérêt de la communauté  dont ils prétendent représenter, ni aussi de l’intérêt du pays tout entier.

Un dernier mot ?

L’UFDG est aujourd’hui en ébullition, la section est en crise, le clan qui a pris le parti en otage a voulu imposer une nouvelle direction. Ils ont estimé que d’autres doivent être chassés comme des mal propres. De ce point de vue la section motard qui est une force militante est en crise. Je pense que cela  est une indication que le changement est irréversible.

 Et Bah Oury, fondateur de l’UFDG, premier  vice-président de l’UFDG   qui remplace le président en cas d’absence ou d’empêchement conformément à la résolution du congrès de juillet 2015 entend être de l’UFDG  et se bat pour reconquérir le leadership de l’UFDG. Donc l’UFDG renouveau est un mouvement  qui accompagne la démarche politique de Bah Oury à la reconquête du leadership de l’UFDG  et pour apporter un changement dans la manière de faire la politique en Guinée

Interview réalisée par Alpha Ousmane BAH

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 657 41 09 69

 

Créé le Mardi 07 novembre 2017 à 11:39

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