Appel à l’anticipation et à la responsabilité (Aliou Bah)

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Libre opinion
Aliou Bah
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Face à l'incertitude et les tensions multiformes, le réveil des activistes de la société civile guinéenne devient à la fois une nécessité et une urgence pour sauver l'essentiel pendant qu'il est encore temps.

          En effet, il apparait impératif de se réorganiser à travers un agenda clair et précis pour mettre la pression sur l'ensemble du système politique et institutionnel de la Guinée en vu de faire bouger les lignes par un véritable débat constructif avant les échéances présidentielles de 2020.e

          Tout d'abord, une telle démarche aura l'avantage de permettre aux uns et aux autres de mieux se découvrir, d'aplanir les divergences pour faire tomber les masques, de dévoiler les agendas et le peuple va ainsi pouvoir choisir en toute objectivité les plus méritants pour mettre le pays sur une meilleure direction. Mieux, cette démarche sera une occasion de faire émerger un schéma qui définira, dans un futur proche, le canevas de réformes institutionnelles et politiques à tous les niveaux (local et national) dont dépend certainement la consolidation des acquis démocratiques enregistrés ces dernières années. 

L'objectif fondamental étant de trouver une solution globale et efficace aux multiples crises que traverse régulièrement la Guinée.

À cet effet, des consultations citoyennes peuvent être engagées sur l'ensemble du pays, ainsi qu'au niveau de la diaspora. Ces échanges permettront de dresser un etat des lieux de la situation politique et sociale à un moment où le respect des règles constitutionnelles et l'application des accords politiques souffrent de plusieurs insuffisances.

Pour atteindre cet objectif du changement qualitatif (renouvellement du leadership, proposition des nouvelles alternatives, nouveau modèle politique et institutionnel plus adapté aux réalités sociopolitiques de la Guinée), trois préalables me paraissent indispensables.

1.Organiser des assises ou concertations nationales pour faire un diagnostic exhaustif et rigoureux afin d'envisager intelligemment des meilleures perspectives. Ce qui permettra de rétablir la CONFIANCE.

2. Organiser un vaste débat sur les principales problématiques de la vie nationale qui sera encadré par une presse faisant preuve de professionnalisme et de responsabilité.

3. Mettre en place un dispositif institutionnel garantissant le respect des choix électoraux du peuple de Guinée (conditions de transparence des élections et de légitimité d'action).

          En guise d'exemple, au Sénégal, ce sont les assises nationales de juin 2008 qui ont défini l'ossature de la gouvernance politique et sociale actuelle. Elles avaient été conjointement initié par la classe intellectuelle et les activistes de la société civile avec à la tête des travaux l'ancien Directeur de l'UNESCO M. Amadou Mahtar M'bow.

Bien que peu considérées par le président Abdoulaye Wade et son gouvernement, elles ont été une réussite au regard des résultats sur le court terme (la non-réélection de Wade) et sur le moyen terme (la réorganisation politique et sociale du pays à travers une nouvelle constitution proposée par le Président élu Maky Sall).

          Ce courage de la société civile sénégalaise a un moment où le pays faisait face a une situation d'incertitude sur son avenir, rappelle un peu ce que disait éloquemment l'ancien Président américain, John Fitzgerald Kennedy et qui est encore d'actualité je cite : " Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays ". Partant de ce principe qui ne manque pas d'ambition, on serait tenter d'interpeller la crème de la sagesse et du merite guinéen. Je pense ici  à Monseigneur Robert Sarah, Djibril Tamsir Niane, Thierno Monenembo, Pr Lansiné Kaba, Mohamed Béavogui, Sansy Kaba Diakité, Lansana Béa Diallo, Abdourahmane Sanoh, Lamine Guirassy, Sekou Goureissy Condé...qui dans une logique de promotion et de défense des intérêts actuels et futurs des fils et filles de la Guinée peuvent et je dirais même doivent jouer ce rôle en initiant ensemble quelque chose de similaire pour définir ce canevas qui permettra ainsi d'anticiper sur les crises qui se profilent à l'horizon.

Le même Président Kennedy disait "On connait une nation aux hommes qu'elle produit, mais aussi à ceux dont elle se souvient et qu'elle honore ".

Alors chers compatriotes de valeur, les crises actuelles que traverse notre pays vous invitent à sortir du silence pour être ces hommes que nous jeunes d'aujourd'hui se souviendront et honoreront pendant des nombreuses années. S'il appartient aux politiciens de dérouler leur agenda politique en fonction de leurs intérêts, il appartient à la société civile et particulièrement à vous icônes de Guinée, de refuser que soit mis en danger l'intérêt général si precieux pour nous tous.

          Mon constat est que le contre-pouvoir institutionnel et politique a montré ses limites pour ne pas dire n'est en réalité qu'une fiction sans portée réelle. Le système présidentialiste en vigueur dans notre pays donnant assez de pouvoir à l'exécutif, quelque soit celui qui pilote la Guinée, il peut avoir la tentation d'en abuser. Et il n'échappe à personne ce principe cher à Montesquieu : « c'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser  ». Et cela reste aussi evident que seul le pouvoir arrête le pouvoir.

          Face à un tel cas de figure, il y a souvent deux résultats possibles : la naissance d'une dictature ou le KO total. Ce qui, d'une manière ou d'une autre, mettra le pays en difficulté pendant des années encore. Or, ceux qui par leur silence malgré les compétences et la notoriété qui sont les leur, rendent une refondation de la Guinée dans des conditions pacifiques et apaisées impossible, rendront des actions violentes (non souhaitables) inévitables.

C'est pourquoi, face à ces incertitudes qui ne cessent de se multiplier, l'anticipation est certainement la meilleure option pour éviter le KO. Et il y a encore des guinéens dont le profil (crédibilité, expérience, compétence, patriotisme) peut-être un atout pour mettre tout le monde ensemble dans la même dynamique avec une seule priorité : la REPUBLIQUE d'abord.

 

Aliou BAH

Directeur de com du BL

mouctaraly@yahoo.fr

Créé le Samedi 04 novembre 2017 à 10:19

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