Damaro fait le grand déballage : « comment on a exécuté les 22 dignitaires en 1985… » (interview)

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Interview
Amadou Damaro Camara, chef de file du RPG arc-en-ciel
Amadou Damaro Camara, chef de file du RPG arc-en-ciel

CONAKRY- C’est un témoignage bouleversant que vient de faire le député Amadou Damaro Camara, sur les exécutions de 1985 ! Dans une interview accordée à notre rédaction, le chef de file du groupe parlementaire du RPG arc-en-ciel répond également à Ousmane Gaoual Diallo, qui l’accuse d’ethnocentrisme. Lisez. Exclusif !!!

Africaguinee.com : Honorable Amadou Damaro Camara bonsoir ! Après la mort récente du Général Ousmane SOW, vous avez essayé de lever un coin du voile sur ce qui s’était passé en 1985 après l’échec du coup Diarra Traoré. Vous aviez dit que le défunt Général a supervisé l’exécution de 22 dignitaires malinkés à l’époque. Des déclarations qui ont suscité assez de réactions. Certains comme le député Ousmane Gaoual vous accuse d’ethnocentrisme. Avez-vous des preuves de vos accusations ?

Honorable Amadou Damaro Camara : Bon, vous m’avez parlé tout à l’heure des réponses faites par les uns et les autres, surtout un certain Ousmane Gaoual Diallo. Je ne suis pas là pour répondre à Ousmane Gaoual Diallo, je ne sais pas à quel titre il me répondrait. Il était trop jeune quand le 04 juillet se passait, je n’ai pas parlé de lui. S’il en parle, c’est parce que justement il est ce qu’il me reproche, il a une fibre ethnique qui a été sonnée quelque part. Ceci dit, ma conviction est que la Guinée a un passé fait de gloires et de douleurs. Tous les guinéens de tous les groupes ethniques ont participé à la gloire guinéenne, toutes les ethnies aussi ont participé à sa partie douloureuse. Il serait aberrant de systématiser un seul groupe ethnique comme ayant été les bourreaux et un groupe ethnique comme ayant été des victimes. Le problème dont je parle, je ne l’invente pas.

Il y a eu le 03 avril. L’armée a pris le pouvoir, à sa tête le Général Lansana Conté. Le 04 juillet 1985, il y a eu une tentative de coup d’Etat, je dois m’en presser de le dire qu’en l’absence du Général Lansana Conté, c’est le capitaine Baldé qui a  réprimé et qui a dirigé les loyalistes à défaire les putschistes. Le 05 juillet, le Président Conté n’était pas encore rentré en Guinée, le 06 il n’était pas encore rentré en Guinée, mais le 06 là, Mamadou Baldé alors ministre de la réforme qui était le maître du pays a envoyé un télégramme, un message, une lettre référencée dans le document que je publie au commandant de zone militaire de Kindia d’alors qui était le chef de bataillon Ibrahima Sory Diallo lui demandant de passer par des armes les anciens dignitaires qui étaient gardés dans la prison de Kindia.

Et le 06 soir, le Général Lansana Conté est rentré. Le 07 matin, il a fait un discours sur l’esplanade du palais du peuple et pendant qu’il prononçait son discours, commandant Sow était à Kindia. Il a participé dans la journée à un baptême qui avait eu lieu chez le chef de bataillon Ibrahima Sory Sow. La nuit, il a organisé les exécutions et le matin, le 08, Ibrahima Sory Diallo a envoyé un message radio à Mamadou Baldé, ministre pour lui dire que suite à votre lettre du 06 juillet 1985, nous avons procédé aux exécutions : 22 au total, 21 à Kindia et un  entre Kindia et Conakry. Et il précise dans le même message dont je vous donne copie, il a dit dans le même message que compte-rendu détaillé vous sera fait par le commandant Sow secrétaire d’Etat à la défense. Voilà la vérité historique. Il y a un penseur qui a dit que s’il devrait choisir entre avoir peur de Dieu et avoir peur de l’histoire, qu’il préfère avoir peur de l’histoire parce que Dieu peut pardonner, mais l’histoire ne pardonne pas.

Africaguinee.com : Vous faites ces révélations juste après la mort du Général Oumane Sow, pourquoi vous avez attendu tout ce temps alors que vous auriez pu le faire de son vivant ?

Honorable Amadou Damaro Camara : Oui, c’est qu’il n’y a pas de suivi dans les choses ici, sinon c’est depuis 2009 que j’ai parlé de ça. J’ai parlé de ça dans une interview de 4h22mn qui a été publiée en une émission qu’on a appelée Guinée-mémoire qui était animée sur Radio Soleil FM par feu Sékou Mady Traoré, paix à son âme. J’en ai parlé depuis ce temps. Il y a eu des débats. J’ai invité des membres du CMRN (Comité Militaire de Redressement National) à venir me démentir sur toutes mes allégations et je suis encore dans cette posture. Ceci dit, c’est commandant Sow qui est mort, mais Ibrahima Sory Diallo est encore vivant, je crois, Mamadou Baldé est vivant, je crois, ils sont tous là. Qu’ils viennent dire ce n’est pas authentique et qu’ils donnent peut-être aux guinéens la vérité sur ces exécutions, c’est aussi simple que ça. On n’a pas à tergiverser, c’est ça l’histoire.

Africaguinee.com : Vous dites que vous êtes sûrs de ce que vous avancez, ça veut dire que vous êtes aujourd’hui prêts à brandir vos preuves partout où besoin sera ?

Honorable Amadou Damaro Camara : Mais je les ai brandies déjà. J’ai donné les références du texte. C’est le numéro 175 du journal Africa international de septembre 1985. C’est aussi clair que ça. Et j’ai donné la copie du télégramme et la signature de Ibrahima Sory Diallo et si vous voulez, je peux prendre une autre signature sur un autre document de libération pour comparer la signature, c’est la même signature.

A suivre…

Entretien réalisé par Saa Momory Koundouno

Pour Africaguinee.com

Créé le Dimanche 29 octobre 2017 à 16:00

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