Ousmane Gaoual : « Je viendrais au Tribunal dire qui est Bah Oury… »

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Interview
Ousmane Gaoual Diallo
Ousmane Gaoual Diallo

CONAKRY- Cité par Bah Oury dans le procès de Momahed Koula Diallo, ce journaliste tué devant le siège de l’union des Forces Démocratiques de Guinée, Ousmane Gaoual Diallo vient de briser le silence. L’élu de la circonscription promet de faire des révélations sur la personne de Bah Oury s’il était convoqué au tribunal. Ousmane Gaoual Diallo revient également dans cette interview sur la procédure judiciaire qu’il a engagée contre Malick Sankhon, le Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Malick Sankhon, Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale a annoncé le recrutement de 3000 jeunes pour la sécurité de son institution. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

OUSMANE GAOUAL DIALLO : Disons que nous étions habitués depuis un certain temps à ce type de déclarations loufoques qui viennent du siège du RPG arc-en-ciel dont M. Malick Sankhon, Bantama Sow, Hady Barry sont les principaux animateurs de ces soirées loufoques. Cependant ces déclarations d’un haut cadre de l’Etat parlant du recrutement de rebelles, d’agents armés, cela me donne deux informations et pour lesquelles, à mon avis, le Gouvernement doit prendre cela en considération.

Premièrement, je rentre en Guinée demain, et dès mon arrivée, je déposerais une plainte contre Malick Sanhon et je vais me constituer partie civile pour cela. D’abord parce que je considère que ce n’est pas normal que dans un pays, quelqu’un revendique et assume avoir recruté d’abord les chevaliers de la République qui ont causé des dégâts humains importants dans les rangs de l’opposition. Ils ont assassiné des gens, ils ont blessé et handicapé d’autres à vie. Que Malick Sankhon assume la paternité de cette organisation c’est un problème.

Maintenant qu’il dise avoir reconstitué cette milice à son service, il donne des chiffres de 2500 à 3000 personnes, c’est un précédent extrêmement grave pour lequel nous attendons une réaction du procureur de la République. A défaut, ils auraient donné le quitus à n’importe quel guinéen de constituer sa rébellion, sa milice privée et de se livrer à de la vindicte populaire. C’est quelque chose qui est intolérable de la bouche d’un haut fonctionnaire de l’Etat ou d’un responsable de ce pays. Nous rappelons que lorsque nous avons tenu des propos nettement moins graves pour l’unité nationale, nettement moins grave pour la sécurité du pays, nous avons fait l’objet d’une chasse à l’homme déclenchée par des procureurs de la République. Je n’espère que ces mêmes procureurs de la république ont entendu ces propos extrêmement dangereux qui viennent de Malick Sankhon.

Il faut qu’il réponde des assassinats dans les rangs de l’opposition qui ont été causés par ses loubards de chevaliers de la République. Il faut qu’on sache quel est la suite judiciaire que l’Etat va donner à cette annonce. Je suis particulièrement révolté contre ces propos. Et je dis que cela ne restera pas sans conséquences judicaires très rapidement. Nous mettons l’institution judicaire à l’épreuve. A défaut d’une auto-saisine du Procureur de la République, nous allons l’obliger à déclencher une procédure judiciaire contre ces propos parce qu’ils sont intolérables. C’est la première chose.

La deuxième chose, nous avons entendu Malick Sankhon sur d’autres dossiers. Il n’y a pas longtemps, il faisait l’objet d’une forme de publicité où on dénonçait ses détournements à la caisse nationale de sécurité sociale. On voit son train de vie, on voit qu’il érige des étages de plus de 2 millions de dollars à Conakry au vue et au su de la brigade financière et de toutes les institutions financières de ce pays sans que personne ne bouge son doigt. Au lieu d’annoncer de création d’emplois, il nous annonce la création d’une milice populaire au service d’un homme, au service de la dislocation de l’unité nationale. Cela est grave.

Malik Sankon préconise également la dissolution de l’Assemblée Nationale pour permettre un couplage des élections locales et législatives en 2018. Que lui répondez-vous ?

Est-ce que Malick Sankon sait ce que cela veut dire ? Est-ce qu’il mesure la teneur de ses propos ? Je sais qu’Alpha Condé est entouré de beaucoup d’imbéciles, de beaucoup d’idiots et de gens qui n’ont aucune scrupule et qui ne connaissent comment fonctionnent les institutions de la République. Il faut rappeler à Malick Sankon, que le Chef de l’Etat a la prérogative de dissoudre le parlement. Mais cela ne se fait que lorsqu’il y a une contradiction manifeste et qui entraîne le blocage du fonctionnement des institutions. Ce n’est pas sur un coup de tête ou pour satisfaire des désirs comme ça qu’on dissout le parlement. L’assemblée nationale est dissoute lorsqu’il y a un blocage manifeste et insurmontable dans le fonctionnement des institutions de la République. En ce moment-là, la prérogative revient au Chef de l’Etat pour permettre un bon fonctionnement des institutions. Mais si c’est juste un caprice de personnes en mal de publicité, nous attendons que cela soit fait.

Maintenant pour un pays qui dit ne pas pouvoir organiser les élections communales par défaut de moyens, par défaut de personnel judiciaire pouvant encadrer la procédure, je me demande comment un tel pays pourra se targuer de dissoudre un parlement et augmenter la charge financière et de travail pour l’Etat. Cette déclaration n’a aucun fondement. Maintenant qu’Alpha Condé a pris l’habitude d’écouter les sirènes qui viennent de son camp, nous attendons de voir cela. Moi ça ne me dérange pas, Malick Sankhon est libre d’exprimer des opinions les plus idiotes qu’elles soient, mais il n’a pas la liberté de constituer des milices pour s’attaquer aux citoyens guinéens au nom de ses fonctions de directeur de la caisse nationale de sécurité sociale dans ce pays. C’est quelque chose de révoltant.

Cette proposition de Malick Sankhon contraste largement avec les annonces du Chef de l’Etat qui promet d’œuvrer pour l’accomplissement intégral des points inclus dans l’accord politique. Est-ce que cela ne constitue pas une inquiétude chez vous quand on sait que les élections communales ont maintes fois été reportées ?

Alpha Condé n’a jamais eu la moindre volonté d’organiser des élections dans ce pays. C’est quelqu’un qui est imperméable à la démocratie, à la cohésion et l’unité nationale dans ce pays. Il n’a jamais eu quelques velléités que ce soit d’organiser des élections, il faut que cela soit clair. Que cette déclaration vienne de Malick Sankhon, à la limite ça nous intéresse peu, mais ça ne nous inquiète pas. Au contraire, ça réconforte notre position lorsque nous avons dénoncé les déclarations démagogiques qui viennent de la mouvance et qui donnent un certain crédit aux déclarations de M. Alpha Condé disant qu’il veut organiser les élections. Personnellement, je n’ai jamais cru à Alpha Condé et je ne le croirai jamais. Je ne vois absolument pas sa volonté de faire de ce pays un pays démocratique tourné vers le progrès. Il n’a jamais eu cette intention. Donc, cette déclaration n’a aucun effet sur nous.

Le miracle pour nous, c’est si Alpha Condé organisait des élections dans ce pays, sans qu’il n’y ait le couteau sur sa gorge entre-guillemets. Parce qu’on sait très bien que c’était le couteau sur la gorge qu’il a organisé les élections législatives dans notre pays. Ce qui l’intéressait, c’est les Présidentielles de 2015 pour lesquelles il a pris tout le budget de l’Etat pour acheter les consciences des guinéens. Alpha n’a pas l’intention d’organiser des élections, ni de faire de la Guinée un pays démocratique.

Vous êtes cités à comparaître à titre de témoins dans le procès du journaliste Mohamed Koula Diallo. Seriez-vous disposés à comparaître si une convocation vous parvenait ?

Pourquoi pas, Je suis tout à fait disposé. Même quand j’ai été inquiété par la justice, je suis venu répondre malgré que j’ai des réserves légitimes à ne pas croire à cette institution judiciaire. Mais je pense que Bah Oury cherche de la publicité. Ses avocats ce sont des petits apprenants qui se lancent dans des convocations sans fondement. Moi si on me convoque en enfer, j’irai pour répondre, ça n’a aucun problème pour moi. Mais je dis que la publicité qu’il cherche, il ne la fera pas sur mon dos.

C’est pour ça que je me suis gardé de répondre à cela parce que ça n’a aucun fondement. Tous les guinéens savent que c’est la première fois qu’on parle de mon nom dans cette affaire, je n’étais pas Guinée depuis plus deux mois avant. C’est même un mois après ces évènements que je suis rentré en Guinée. Maintenant s’ils estiment que j’ai des choses à dire, je viendrais dire à tout le monde ce que je pense de l’homme qui est Bah Oury et de ses avocats. Je pense que les uns et les autres souhaitent de la publicité, mais ce ne sera pas sur le dos d’Ousmane Gaoual.

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112

Créé le Mercredi 18 octobre 2017 à 13:06

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