Guinée : l’interview vérité de Cellou Dalein Diallo… (Exclusif)

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Interview
Cellou Dalein Diallo, leader de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée
Cellou Dalein Diallo, leader de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée

CONAKRY- Jusqu’où ira l’opposition guinéenne qui a annoncé la reprise de ses manifestations pour le 20 septembre prochain ? Face aux engagements « non tenus » du Président Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo ne cache pas sa déception. Le leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée a reçu notre rédaction ce jeudi 7 septembre 2017 à son bureau. Un entretien à bâton rompu au cours duquel il porte un regard sur la présidentielle de 2010, défini sa stratégie de « combat » face à Alpha Condé, mais aussi ses engagements s’il accédait à la tête du pays. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : L’opposition a décidé ce 06 septembre de battre à nouveau le pavé. Qu’est-ce qui justifie cette décision de l’opposition républicaine ?

CELLOU DALEIN DIALLO : Vous savez qu’on a décidé d’organiser des manifestations pacifiques sur les voies publiques depuis un certain moment (…), nous avions décidé de les suspendre en raison du départ pour la Mecque des fidèles musulmans de Guinée. Vous savez bien que nous protestions pour la lenteur, pour la non application des dispositions de l’accord du 12 octobre 2016. Dans cet accord vous aviez 9 décisions consensuellement prises lors du dialogue, une première concernant l’audit du fichier (…), l’appel d’offre devait être lancé au mois de Novembre 2016, jusqu’à nos jours cet appel d’offres n’est pas lancé. Nous devions amender le code électoral lors de la dernière session, le promulguer au mois de décembre 2016 (…), il l’a été avec sept mois de retard. Les élections locales devaient être organisées au mois de février 2017, jusqu’à nos jours ces élections n’ont pas été organisées et on n’a pas de visibilité, on ne sait pas quand est-ce que ces élections seront tenues. Je rappelle que ce sont des élections qui devraient être organisées depuis 2012. Nous devrions mettre en place aussi la Haute cour de Justice, c’est l’une des décisions du dialogue mais jusqu’à présent personne n’en parle, aucune initiative n’a été prise à cet égard. Les victimes de pillages devraient être indemnisées, jusqu’à nos jours cela n’a pas commencé, des enquêtes devraient être organisées pour identifier les auteurs de ces crimes (…), malheureusement aucune enquête n’a été diligentée dans ce sens. Donc l’opposition républicaine s’est rendue compte qu’elle est encore entrain de se faire rouler dans la farine puisque vous devez savoir en tant qu’observateur de la politique guinéenne que ces engagements avaient été pris depuis 2013 par le Gouvernement d’Alpha Condé lors du dialogue qui a été supervisé par Saïd Djinit, nous avions décidé d’organiser des élections, de mener des enquêtes pour identifier les criminels, d’indemniser les victimes et de veiller à l’accès équitable des partis politiques aux medias publics. On avait décidé de garantir la neutralité de l’administration publique face à l’animation politique, mais toutes ces décisions n’ont pas encore été appliquées. Donc c’est pour protester contre ce manque de volonté politique de la part du Gouvernement que nous avons décidé de relancer nos manifestations. Je rappelle qu’avant d’aller au dialogue nous avions obtenu l’engagement solennel du président de la République de veiller personnellement à l’application par toutes les institutions concernées les décisions qui sont issues du dialogue. Récemment un communiqué présidentiel avait été diffusé dans lequel il invitait toutes les institutions à appliquer chacune en ce qui la concerne les dispositions de ce dialogue (…), mais il n’y a pas eu d’effet.

A un moment les guinéens pensaient vivre la fin de cette longue crise politique après l’appel que vous aviez lancé à l’endroit de vos militants, vous les avez invités à faire confiance au Président Alpha Condé. Etes-vous déçu du Chef de l’Etat ?

Oui je suis déçu (…), je ne peux pas ne pas le dire aujourd’hui puisque nous avons obtenu un engagement solennel du président de la république à l’issue de notre rencontre. Il s’est engagé devant tout le monde à veiller personnellement au respect des décisions du dialogue, ça n’a pas été le cas (…). Parmi les 9 décisions que j’ai citées il n’a appliqué aucune, sauf l’amendement du code électoral qui a été promulgué avec 7 mois de retard.

En réaction à ces menaces de l’opposition, le Gouvernement a rappelé les risques que ces manifestations font courir à la Guinée. Qu’en dites-vous ?

Nous avons fait la démonstration qu’on peut organiser des manifestations sans violences. Si les autorités sont disposées à coopérer avec l’opposition pour organiser des manifestations comme nous l’avions fait le 16 Août 2016 et le 02 Août 2017, nous allons prendre des dispositions pour qu’il n’y ait pas de violence. Il vous souviendra que la dernière marche, il n’y a eu aucune violence. Nous avions demandé aux forces de l’ordre de rester à côté et en cas de nécessité on leur fera appel. Nous avons assuré le maintien d’ordre et tous les usagers de la route ont été traités avec respect, personne n’a été gênée dans son activité. Nous allons reprendre la même chose puisque notre objectif n’est pas de violenter des citoyens mais de montrer qu’on n’est pas satisfait, mais dans me respect des règles édictées à cet égard.

Ne craignez-vous pas que vos militants ne soient lassés de toutes ces manifestations ?

Pas du tout, vous avez vu comment la manifestation du 02 août dernier a été grandiose (…), nous n’avions payé personne pour venir. Les citoyens de Conakry ont répondu massivement au mot d’ordre de l’opposition. Avec cela je pense qu’on ne peut pas parler de découragement ou de manque de confiance à l’opposition républicaine. Je pense que chaque citoyen est concerné par ce qui se passe, la mauvaise gouvernance, par l’insalubrité et l’insécurité (…), chacun a donc envie de montrer qu’il n’est pas satisfait.

Que pensez-vous de la nouvelle équipe dirigeante de la CENI ?

Pour moi il n’y a pas de nouvelle équipe, on a juste changé le président (…), j’avais dit qu’on n’a pas de commentaire à faire. Nous avions demandé lors du dialogue d’octobre 2016 le départ de cette CENI, consensuellement la décision avait été prise de mettre en place une nouvelle CENI et la loi à cet effet devrait être adoptée lors de la session des lois qui a commencée en Avril 2017 ; Malheureusement, là aussi c’est un point de l’accord qui n’est pas encore appliqué.

La loi des finances rectificative prévoit un budget de 115 milliards pour l’organisation des élections locales alors que l’institution électorale demande plus de 300 milliards. Est-ce un signe de manque de volonté du pouvoir en place d’aller à ces élections ?  

Je ne connais pas l’intention du pouvoir mais ce que je constate, ce pouvoir ne veut pas organiser ces élections locales. Vous avez parlé de la loi rectificative, la CENI a parlé d’un budget de 336 milliards et dans la loi rectificative, il y a 115 milliards, nous avons souhaité que la loi de finances rectificative intègre la décision d’organiser  les élections en 2017 en prévoyant des crédits suffisants pour l’organisation de ces dites élections. Malheureusement ce n’est pas le cas, le ministre du budget dit qu’il n’a pas reçu un budget détaillé, la CENI pour sa part dit qu’elle a déposé un budget détaillé des élections. Mais je pense que tout cela est l’illustration du manque de volonté politique des autorités d’aller à ces élections. La même chose avec le comité de suivi qui est chargé de valider le chronogramme que la CENI aurait concocté, mais malheureusement ce comité de suivi ne se réunit pas depuis plus de trois semaines.

L’opposition était minée ces derniers temps par une crise interne. Comment se porte aujourd’hui votre mouvance politique dont vous êtes le chef de file ?

Je pense que l’opposition se porte bien, il y a toujours des malentendus dans toute association, dans toute alliance il y a ces choses qui existent. Mais on s’est retrouvé, comme on l’a dit nous avons lavé le linge sale en famille. Aujourd’hui l’opposition est rassemblée et déterminée à mener le combat pour l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays.

Les 500 millions attribués comme budget au Chef de file de l’opposition a été sans nul doute l’effet déclencheur de cette crise. Pensez-vous que c’était un piège ?

Je ne pense que ce soit un piège (…), c’est possible que des gens mal intentionnés veuillent exploiter cela pour discréditer le chef de file ou pour diviser l’opposition. Mais nous ne sommes pas le premier pays à désigner un chef de file de l’opposition et de mettre à la disposition du chef de file un budget. Des pays comme le Mali, le Burkina, d’ailleurs même le Sénégal vient d’adopter une loi portant mise en place d’un chef de file de l’opposition. C’est quelque chose qui a été voulu pour élever dans la dignité de la République le principal opposant en lui créant un statut, en lui définissant un rang protocolaire et en mettant à sa disposition un budget. Je pense que c’est tout à fait normal (…), nous ne sommes pas le premier pays à le faire. Cette loi il faut rappeler, a été votée à l’unanimité à l’Assemblée Nationale.

Pensez-vous mettre en place un cabinet ?

Oui je vais mettre en place un cabinet du chef de file de l’opposition républicaine.

L’actualité reste marquée par la signature d’un accord de 20 milliards USD entre la Guinée et la Chine. Quel regard portez-vous sur cet accord ?

Je disais que je n’avais pas tous les termes de l’accord (…), j’aurais bien voulu voir le document qui a été signé pour essayer d’analyser les termes de cet accord. Ceci dit, il y a un communiqué de la présidence qui dit qu’il s’agit d’un accord cadre. Donc c’est une volonté des partis de travailler ensemble, la Chine qui met à la disposition de la Guinée 20 milliards pendant 20 ans et que la Guinée pourrait mettre à la disposition de la Chine des matières premières. Ce n’est pas suffisant pour avoir des éléments d’analyse pour se prononcer pour la viabilité de cette coopération ou sur l’intérêt que la Guinée pourrait en tirer.  Je souhaiterais avoir en ma possession le document pour l’analyser et essayer de tirer des conclusions.  En attendant je ne vois pas et ne comprend pas très bien comment la dette va être remboursée ? Est-ce qu’il s’agira d’achat de nos matières premières dans le sol ? Est-ce qu’il s’agira de donner des permis d’exploitation à des entreprises chinoises conformément au code minier et que celles-ci vont payer des redevances à l’Etat guinéen qui utilisera ces ressources pour rembourser la dette qu’elle aura contractée auprès de la Chine ? Je n’ai pas encore tous les éléments pour me prononcer sur l’intérêt pour la Guinée de cet accord.

S’il arrivait que cet accord ne soit pas avantageux pour la Guinée, est-ce qu’au niveau du parlement vous allez vous opposé à sa ratification ?

Bien entendu, nous allons critiquer et demander que l’accord soit revu si nous parvenons à la conclusion qu’il n’est pas dans l’intérêt de la Guinée.

2020 c’est pour bientôt, s’il arrivait que vous accédiez à la tête de ce pays, est-ce que vous comptez revenir sur tous les contrats signés par le pouvoir d’Alpha Condé qui ne seraient pas dans l’intérêt de la Guinée ?

Oui si les contrats signés ne sont pas avantageux pour la Guinée, je demanderais à ce qu’ils soient révisés, naturellement (…), mais je ne viendrais pas avec l’idée de tout renégocier. Il y aura une évaluation objective avec beaucoup de pragmatisme pour voir quel est le bénéfice que l’Etat guinéen tire de chaque convention (…) et si les bénéfices sont pertinents il n’ y a pas de raison de revenir la dessus. Si ce n’est pas le cas, nous allons introduire une demande renégociation à l’effet de prendre davantage en compte les intérêts de la Guinée.

Au lendemain du mini remaniement ministériel, vous avez dit je cite : « Alpha Condé va limoger tous les Ministres qui ne sont pas prêts à l’accompagner dans son projet pour un troisième mandat ». Pensez-vous que c’est l’objectif visé par Alpha Condé ?

Ce n’est pas à cette occasion que nous avons soupçonné Monsieur Alpha Condé de vouloir tripatouiller la constitution à l’effet de s’octroyer un troisième mandat. Nous avons lors de nos manifestations d’ailleurs mis en garde contre un troisième mandat. Ceci dit lorsqu’on rappelle au Gouvernement d’anciens ministres qui ont été renvoyés pour incapacité mais qui sont favorables au troisième mandat et qui l’on dit à plusieurs reprises, on ne peut ne pas lier ce retour de ces ministres à l’idée de Monsieur Alpha Condé de vouloir s’octroyer un troisième mandat. Je dis encore une fois que ce n’est pas l’élément essentiel (…), jusqu’à présent le président refuse de se prononcer sur ses intentions. Chaque fois qu’on lui a posé la question, il s’est énervé ou il dit que c’est le peuple qui décidera le moment venu. Alors vous savez qu’il y a beaucoup de ses lieutenants y compris ceux dont vous faites allusion qui ne manquent pas de dire qu’il mérite un troisième mandat pour continuer son travail (…) et c’est comme cela que ça commence.

Elhadj Cellou Dalein, vous êtes le chef de file de cette opposition, que comptez-vous faire si Monsieur Alpha Condé décidait de tripatouiller la constitution guinéenne ?

Beaucoup de guinéens l’attendent (…), ce peuple n’est pas disposé à accepter de mettre fin à la limitation des mandats. Ils comptent tous se mobiliser pour exiger le respect de la constitution ( …), c’est sur cette constitution qu’ Alpha Condé a prêté serment, ce ne sera pas une affaire de l’UFDG mais du peuple de Guinée, j’en suis convaincu.

La surprise a été grande du côté du Kenya où la Cour suprême a invalidé la réélection du Président sortant Uhuru Kenyata. Est-ce que ce cas vous a fait regretter votre décision de ne pas introduire un recours à la Cour Constitutionnelle en 2015 au terme de l’élection présidentielle ?

Je souhaite que cette décision de la cour suprême kenyane inspire les autres institutions chargées des contentieux électoraux en Afrique. C’est un progrès important et c’est du jamais vu dans nos cours constitutionnelles ou Suprêmes en Afrique qui invalident la victoire du président sortant à la suite d’un traitement du contentieux électoral. Mais je n’avais pas confiance à la cour constitutionnelle ou suprême de l’époque (…), donc je n’avais pas jugé utile de faire des recours. Mais ceci dit avec ces précédents, je pense qu’il faut qu’on essaye d’encourager nos institutions à s’inspirer de cette décision de la cour Suprême du Kenya. L’indépendance des institutions et la séparation des pouvoirs en Afrique est trop loin d’être effective, nous devons travailler pour que justement cette indépendance et cette séparation du pouvoir soient une réalité.

Vous n’avez pas eu de regrets Monsieur Cellou Dalein Diallo ?

Non, vraiment pas (…), ce que je regrette et je déplore c’est le fait qu’il n’y a pas eu d’élection en 2015, il y a eu une mascarade électorale du début à la fin. Ils ont tripatouillé le fichier, ils ont chassé nos représentants dans les bureaux de vote notamment en Haute-Guinée et le bourrage des urnes. On a même eu des scores de 96 % de vote favorable à Alpha Codé (…), cela n’existe dans aucun pays, des accesseurs représentants l’opposition ont été empêchés de siéger dans les bureaux de vote.

Récemment nous avons suivi la sortie d’une des tantes du Général Sékouba , l’ancien Président de la Transition guinéenne qui a dit qu’ elle fait partie de délégation qui était venue rencontrer le Général Sékouba Konaté pour lui demander de passer le pouvoir à Alpha Condé. Qu’est-ce que cela vous inspire en tant qu’ancien challenger d’Alpha Condé ?

Maintenant les langues se sont déliées, il y a assez d’informations venant des acteurs mêmes du hold-up qui a été organisé contre moi en 2010. Je laisserais le soin à ces propres acteurs de le révéler à la presse, tout le monde sait que je n’ai pas perdu cette élection mais ils ont décidé de donner à Alpha Condé le pouvoir au détriment du respect de la vérité des urnes. Aujourd’hui tous les acteurs sont vivants et beaucoup ont regretté face à la déception face à la gouvernance actuelle. Des acteurs qui étaient au cœur du système avouent que c’est moi qui ai gagné.

Certains observateurs pensent qu’on vous avait promis des choses à l’époque pour que vous acceptiez ce résultat des élections. Qu’en dites-vous ?

Ce ne sont pas des observateurs qui pensent comme ça mais plutôt des détracteurs qui existent. On ne peut sacrifier toute cette énergie de ce combat que nous avons mené pour se faire acheter. Ce ne sont que des détracteurs qui peuvent dire cela.

Nous sommes au mois de septembre, ce mois rappelle les massacres du 28 septembre 2009. Vous étiez un acteur clé des forces vives qui avaient appelé à cette manifestation au stade de Conakry. Pensez-vous aujourd’hui il y a un manque de volonté politique pour l’organisation d’un procès ?

Je ne vois pas encore cette volonté (…),je pense qu’il y’avait assez de choses qui devaient être faites mais qui n’ont pas été. Nous attendons et nous souhaitons qu’il y ait la manifestation de la vérité et que les responsabilités soient situées et que les coupables soient sanctionnés.

Qu’est-ce que vous attendez concrètement de la justice guinéenne ?

Que les enquêtes soient diligentées pour que les guinéens sachent ce qui s’est passé.

Que pensez-vous du redus des autorités de Conakry du retour de l’ancien président Dadis Camara ?

J’avais dénoncé la décision de le maintenir à l’extérieur lorsqu’il a manifesté sa volonté à apporter sa contribution dans la manifestation de la vérité. Je pense que c’est une violation de ses droits et de nos lois de refuser le retour d’un guinéen à l’intérieur de son pays, surtout lorsque celui-ci dit qu’il vient pour apporter sa contribution à la manifestation de la vérité dans ce grave évènement du 28 septembre 2009.

Les guinéens vous suivent, quel est le message que vous souhaiteriez leur délivrer ?

Il faut que les guinéens se mobilisent, la misère à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui n’est pas une fatalité, c’est le résultat de la mauvaise gouvernance, du détournement des deniers publics et de la corruption qui gangrène notre pays. Il faut que l’on se mobilise pour lutter contre l’insalubrité, contre l’insécurité. On ne peut pas laisser ce pseudo Gouvernement agir comme il le fait maintenant. Il faut se mobiliser pour exiger plus de démocratie et de respect de nos droits et de nos libertés pour l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays ; il faut que les militants de l’opposition et tous les Hommes épris de paix et de démocratie participent aux manifestations de l’opposition pour exiger le respect des accords et pour exiger une meilleure gouvernance dans notre pays.

Merci Elhadj Cellou !

C’est à moi de vous remercier !

 

Interview réalisée par SOUARE Mamadou Hassimiou

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 11

Créé le Vendredi 08 septembre 2017 à 13:28

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