Infrastructures, Electricité, Emplois : Alpha Condé expose sa nouvelle vision de la Guinée…

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Politique

CONAKRY-Le Président guinéen Alpha Condé  nourrit de grandes ambitions pour développer son pays ! Infrastructures, emplois, électricité, Education…, le locataire de Sékoutouréa expose sa nouvelle vision de la Guinée. Synthèse…

 « Nous avons beaucoup fait en Guinée, mais il reste beaucoup à faire. Notre premier problème c’est l’emploi des jeunes. 70% de la population guinéenne ou Africaine à moins de 30 ans. Notre grand défi c’est comment trouver du travail pour ces jeunes, surtout que beaucoup ont fait des études universitaires. C’est le premier qu’on. Mais comment voulez-vous qu’on trouve de l’emploi aux jeunes si nous n’avons pas les conditions minimales qui sont d’abord l’énergie. 7 Africains sur 10 n’ont pas accès à l’énergie. Or  sans énergie on ne peut pas développer nos pays.

C’est pourquoi notre première bataille en Guinée c’est d’abord l’énergie, si nous maitrisons l’électricité, nous pouvons transformer la bauxite en alumine, nous pouvons transformer aussi nos matières premières agricoles avec l’industrialisation et trouver du travail pour les jeunes.

Le deuxième défi c’est l’autonomisation des femmes. Donner à cette couche des moyens pour être autonome économiquement et ne pas dépendre d’un homme. Mais la nécessité d’abord c’est développer l’énergie.

Electricité…

Nous avons le barrage de Kaleta qui fait 240 Mégawatts, nous sommes en train de faire le barrage de Souapiti qui fera 450 mégawatts. Le barrage de Souapiti en dehors de ces 450 mégawatts a un autre avantage, ce qu’il va servir de réservoir. C’est connu qu’un barrage en saison pluvieuse donne la totalité de sa capacité mais en période d’étiage il donne moins. Si Kaleta donne  240 mégawatts en saison des pluies, il  peut chuter jusqu’à 50 mégawatts en période d’étiage. Donc Souapiti va permettre de réguler Kaléta  et Garafiri  en servant de réservoir.

Une fois que le barrage de Souapiti est fini, il produira les 450 mégawatts mais Kaleta sera en mesure de donner 240 mégawatts toute l’année et Garafiri les 75 mégawatts. Tous ces barrages se trouvent en basse- Guinée et un peu au Fouta.  Donc, nous sommes en train de faire les lignes d’interconnexion. Mais en attendant, nous avons d’autres projets de barrage comme celui de Koukoutamba dans le cadre de l’OMVS avec une capacité de 200 mégawatts moins important pour la Guinée que le Sénégal et le Mali

C’est important pour la Guinée aussi parce que toutes les préfectures qui seront traversées  de Tougué à Mali, Labé, Dinguiraye et Siguiri vont avoir le Courant. Les lignes iront jusqu’au Mali Bamako et au Sénégal (…)

Nous venons de finir l’étude de barrage de Foumi à Kouroussa. C’est un grand barrage. L’autre avantage avec ce barrage, il va rendre navigable le fleuve  Niger de Kankan à Bamako. Certains qui veulent aller de Kankan à Bamako n’ont pas besoin de prendre  Air Mali. Ensuite il va permettre d’irriguer 100,000 hectares  en Guinée, autant au Mali, au Niger, au Tchad et au Nigeria. C’est fondamental pour le fleuve Niger surtout en matière d’agriculture.

Notre objectif, c’est faire le maximum de barrages de 500 à 2 mégawatts, mais de recourir aussi à l’énergie solaire. Nous ne voulons plus de l’énergie thermique parce que ça nous coute très cher il faut acheter le gasoil, il faut acheter le mazout or le guinéens veulent bien l’électricité mais ne veulent pas payer à commencer par les hommes d’affaires. Alors quand on veut voir le courant il faut payer. On a du mal à faire payer le guinéen c’est pourquoi nous voulons l’énergie solaire et les barrages.

Infrastructures routières…

Les routes aussi constituent un grand défi pour nous. La Guinée n’a pas de routes. On a énormément de retard sur les routes et nous avons le chemin de fer Conakry-Kankan-Bamako à faire. C’est notre grand défi ça. Ensuite à Conakry c’est les voiries et l’assainissement. Il faut qu’on règle ce problème parce qu’il y a beaucoup d’ordures.

Même si Conakry a beaucoup changé, il y a des belles maisons partout mais on a des grands problèmes de l’assainissement qu’il faut résoudre et les voiries. Les routes de Conakry datent de la seconde guerre mondiale, donc il faut revoir. Nous avons travaillé avec des sociétés de Singapour  qui nous ont fait le plan de Conakry en 2040 pour voir ce que va être à Conakry en 2040 parce que je ne vais pas construire Conakry de façon anarchique. Les bâtiments, les maisons à Kaloum sont faites avant la seconde guerre mondiale. C’est des vieilles maisons parfois vous êtes obligés de mettre des pierres sur les toits. 

Notre objectif aussi c’est de construire des logements sociaux à Lambanyi et ailleurs pour faire déménager les populations de Kaloum afin de casser complètement Kaloum et reconstruire. Ce n’est pas seulement Kaloum, c’est valable pour Dixinn, Matam etc. tous ces anciens quartiers de Conakry il faudra faire déménager les habitants pour reconstruire. Donc  c’est un grand défi.

Formation universitaire…

Avec la Chine, nous avons un projet de quatre grandes universités modernes à Conakry, Labé, Kankan et N’Nzérékoré. Parce que les universités privées nous coutent très chères. Tous les ministres qui sont venus chacun a construit une université privée et ces universités privées ne servent à rien parce qu’elles ne forment que des chômeurs avec des coûts très élevés.

Avec ces coûts dans les universités privées, nous avons décidé de vérifier ce qui ne va pas et nous avons été surpris avec la biométrie des étudiants. Nous avons envoyés des huissiers demander aux promoteurs d’universités leurs effectifs. Ils disent par exemple 20.000 étudiants.

Ils signent avec le patron de l’école 20.000 ensuite nous faisons la biométrie du coup c’est des scandales parce que dans la plupart, ils n’ont pas la moitié du nombre annoncé. Dans d’autres universités il n’y a même pas d’étudiants. Alors que nous payons pour des gens qui n’existent pas alors que ça nous coute très cher.

C’est aujourd’hui la bagarre que nous avons avec les universités privées parce que nous payerons en fonction des effectifs des étudiants existant. Mais on vous laisse le temps de vérifier et c’est des chômeurs qu’ils forment parce que les gens recrutés n’ont pas le niveau d’enseigner.

Cas spécifique du Bac

Il y a un autre scandale en Guinée. C’est qu’on a peut ne pas avoir le Bac avec 7 de moyenne alors qu’il faut 10. Qu’est-ce qu’ils font,  ils donnent des fortes notes aux contrôles continu. On a découvert ça, mais c’est un scandale.  Le banquier camerounais qui a Afriland Bank a voulu donner des bourses mais il a lancé le concours les gens ne pouvaient même faire une phrase sans faire de faute. Les gens n’ont pas de niveau.

Nous avons décidé à partir de cette année, que personne n’aura le Bac s’il n’a pas 10 au bac. Donnez-lui 18 si vous voulez en contrôle continu  s’il n’a pas 10 il n’aura pas le bac.  Ça ne sert à rien de former des gens qui ne valent rien. Et c’est comme ça  que nous avons multiplié le nombre de bacheliers qui ne comprennent rien pour peupler les universités privées.

Nous allons obliger les étudiants à s’orienter. Je ne vois pas la nécessité de former 100 étudiants en droit alors qu’il y a 10 postes. Nous sommes un pays minier nous avons besoin de former des ingénieurs des mines, des ingénieurs électricien. L’enseignement doit être au service de l’économie. On doit former les gens en fonction du besoin. Une commission mise en place a fait les diagnostics.

Je suis très optimiste pour l’avenir ! Bien sûr que tout le monde ne veut pas le changement surtout les cadres. Il faut dire la vérité les cadres guinéens ne veulent pas de changement ce qui les préoccupe c’est l’argent et le poste et puis détruire l’argent. C’est pourquoi nous sommes en train de modifier beaucoup. Nous avons fait un concours des jeunes appelés 518. Nous avons presque tous les DAAF parce toute la corruption passait par les DAAF pour mettre en place des jeunes sortis de nos universités, ils n’ont jamais géré donc ils ne connaissent pas ces mauvaises habitudes. (…) Les ministres sont contre eux parce que ces ministres n’arrivent pas à les manipuler. Ils ont des règles précises si les  règles ne sont pas remplies ils refusent.

En Guinée qu’est-ce qu’on  faisait avant ? On singe un contrat avec les Guiter là pour fournir 10 véhicules. On paye les véhicules qui n’existent pas. On dit bien que ça été payé mais ça n’existe pas. Il y a une complicité. Ils se partagent l’argent alors qu’il n’y a pas de véhicules. Pour lutter contre ce phénomène, nous avons mis un système en place pour lutter contre ce détournement. Maintenant tout ce qui appartient à l’Etat doit être marqué.

A la Présidence j’ai créé un bureau de stratégie très fort dirigé par Kassory. Il est  accompagné de jeunes cadres. Ça veut dire que les gens ont des points focaux à la présidence, ils travaillent avec la présidence, c’est nous-mêmes qui prenons les rendez-vous. Par exemple avec les ministres c’est la présidence qui appelle pour prendre les rendez-vous, le ministre sera obligé de recevoir les hommes d’affaires et de faire en sorte que ces derniers ne trainent pas beaucoup.

A mon arrivée pour créer une société il fallait 2 à 3 mois. Aujourd’hui si vous venez en Guinée, en 48 heures votre société est créée.

Synthèse de la Rédaction

 

Créé le Samedi 15 juillet 2017 à 16:25

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