Témoignage choc d’un rescapé libyen : "les maghrébins considèrent leurs moutons plus que les noirs…"

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Immigration

CONAKRY- L’on ne cesserait de dire que le phénomène de l’immigration clandestine est un épineux problème pour les pays africains ! Ils sont  jeunes et partagent pour la grande majorité la même zone géographique. Ces sub-sahariens pour la plupart fuyant la misère dans leurs pays à la quête d’une vie meilleure voit leur rêve s’estomper aux larges des côtes de la méditerranée.

Diallo Mamadou, la vingtaine révolue a beau être dans son pays natal après son périple lybien, mais le souvenir de son odyssée continue encore de le hanter. Ce jeune guinéen est  arrivé dans la capitale guinéenne le Lundi 13 Juin 2017 à bord d’un vol charter en compagnie de plusieurs autres ressortissants africains,  dont des maliens, sénégalais, Ivoiriens et ghanéens. Ces rescapés de la méditerranée  ont été conduit à la maison des jeunes de la commune de Matam par les services de Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Grand et mince, Mamadou Diallo frissonne encore quand il évoque ses neuf mois de misère passés entre  détention et échec de  traverser  vers  ‘’l’eldorado’’ européen où il a échoué à bord d’un  chalutier délabré en compagnie de plusieurs autres ‘’ clandestins’’.

‘’ J’ai du mal à vous parler dans ces conditions (…). J’ai fait presque huit mois en Lybie où j’étais prisonnier. Ce qui se passe dans ce pays est une véritable catastrophe, les maghrébins considèrent leurs moutons plus que nous les noirs. C’est vraiment triste ce qu’on a vécu dans ce pays du monde. Nous étions plus de 150 jeunes sub-sahariens qui ont tenté de traverser la mer pour atteindre l’Europe, mais malheureusement au finish, il n’y a eu que 50 survivants. Ces passeurs sont de véritables criminels, ils tirent même parfois sur certaines personnes qu’ils jugent encombrantes’’ se souvient-il en exclusivité au micro d’un reporter d’Africaguinee.com, avant de lancer un appel à l’endroit des milliers de jeunes africains candidats à l’exil.

‘’ Je dirais à mes compatriotes que cette idée de rejoindre l’Europe par la mer est une désillusion. Le mieux c’est de rester sur place et essayer de se frayer un chemin. Je dirai aux nombreux candidats que la route des pays maghrébins est sinueuse et plein d’embuches. Des nombreux jeunes guinéens sont enfermés et n’ont aucun espoir pour rejoindre le pays’’, a expliqué notre interlocuteur encore sous le choc.

A Conakry depuis 24 heures, ces immigrés clandestins ont été logés dans le centre d’accueil de la Maison des Jeunes de Matam par l’OIM. Des matelas et des draps de fortunes ont constitué les premiers objets qui ont concouru à l’aide à ces nombreux jeunes en attendant leur rapatriement dans leurs pays respectifs.

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com.

Tel : (+224) 655 31 11 13    

Créé le Mercredi 14 juin 2017 à 17:10

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