Arrêt des cours dans les universités privées : "les dessous..." selon Samba Camara…

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CONAKRY- Qu’est-ce qui explique la suspension des cours dans les universités privées du pays ? Alors que les fondateurs réclament à l’Etat le paiement des arriérés de bourses d’étude dont l’enveloppe s’élèverait à 80 milliards de francs guinéens, soit plus de 9 millions de dollars, le président du collectif des enseignants chercheurs et diplômé pour le soutien des réformes engagées au ministère de l’enseignement supérieur voit le problème ailleurs ! Selon Samba Camara, il n’y a pas d’arriérés entre les fondateurs d’université privé et le ministère.

« Le problème se trouve ailleurs. En réalité, il n’y a pas d’arriérés entre les fondateurs d’université privé et le ministère. Le second semestre dont ils font allusion, il faut préciser que le département de l’enseignement supérieur a l’habitude de les payer au mois juin. Ils n’ont jamais été payés au mois de Mai. Ce qui les effraie, ce sont les résultats de la biométrie qui fait couler beaucoup d’encre et de salive », explique Monsieur Camara.

Selon lui, l’Etat à travers le ministère de l’enseignement supérieur était en train de payer des universités privés qui ne forme aucun étudiant. « On rencontre d’autres où on dit qu’on a inscrit 800 étudiants boursiers de l’Etat, avec la biométrie, difficilement on arrive à avoir 50 étudiants », révèle le président du collectif des enseignants chercheurs et diplômé pour le soutien des réformes engagées au ministère de l’enseignement supérieur.

A Kissidougou par exemple, explique-t-il, à l’arrivée de l’équipe de la biométrie, il n’y avait aucun étudiant. Les encadreurs ont été honnêtes en disant que c’est une école professionnelle, confie-t-il, ajoutant qu’à l’université de Nzérékoré, sur le contrat on dit que plus de 800 étudiants sont inscrits que l’Etat payait.

« Après le passage de la biométrie, difficilement, on a trouvé 51 étudiants. Imaginez l‘étendue du détournement si de 800 on se trouve à 50, de toute une université, on se retrouve à rien. Pendant combien d’années on jetait l’argent du contribuable guinéen par la fenêtre ? Donc ces agitations n’inquiètent pas le ministère. C’est au mois de juin qu’on a l’habitude de les payer », déclare-t-il.

Samba Camara soutient que « les fondateurs d’université savent qu’on se dirige vers la fin du processus du recensement biométrique des étudiant. Ils craignent d’être poursuivis pour payer l’agent qu’ils ont reçu frauduleusement sur le dos de l’Etat, c’est pourquoi ils font cette diversion pour occuper le ministère », laisse-t-il entendre.

La grève déclenchée par les universités privées depuis mardi 23 mai 2017, prive plus de 25.000 étudiants de cours, à un mois des grandes vacances. La chambre représentative des universités privées (CRESUP) qui a déclenché cette grève, déplore la non signature de contrats pour plusieurs étudiants par le ministère de l’enseignement supérieur. Ce dernier dit avoir appris avec surprise et regret la suspension des cours dans ces universités.

Le département dirigé par Abdoulaye Yéro Baldé indique que des assurances ont été données pour le paiement des bourses d’études du deuxième semestre 2017 dans les délais impartis (en Juin 2017) selon le contrat liant les différentes parties.

Une rencontre est prévue ce vendredi 26 mai entre le CRESUP et le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour essayer de trouver une solution de sortie de crise.

Nous y reviendrons.

Thierno Sadou Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Vendredi 26 mai 2017 à 13:53

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